Même s’il se destinait à un travail dans le domaine de la finance, c’est à l’Assemblée nationale que l’ex-joueur de ligne offensive Pierre Tremblay fait carrière. Il est le directeur de cabinet pour le député caquiste François Bonnardel.

Pierre Tremblay: la Coupe Vanier en octobre

Traditionnellement, c’est en novembre que l’ex-footballeur Pierre Tremblay amorçait le dernier droit de sa saison menant au match pour le championnat. Pour celui qui est aujourd’hui directeur de cabinet du député caquiste François Bonnardel, ce sprint final devrait commencer le 29 août, les élections générales, sa «finale 2018 de la Coupe Vanier» ayant lieu le 1er octobre.

«On a préparé les quatre dernières années pour être prêts pour la campagne électorale qui s’en vient», lance l’ex-joueur de ligne offensive. «C’est comme au football où on se servait de la saison régulière pour se préparer pour les éliminatoires. Je fais souvent des comparaisons entre le football et ce que je vis professionnellement. Il y a aussi beaucoup de similitudes au niveau du travail d’équipe.»

Tremblay ne se destinait pas à une carrière en politique. Étudiant en maîtrise en finance, il pensait travailler dans ce domaine. À la recherche d’un emploi, en 2007, il reçut un coup de fil d’un ami qui lui proposait un job pour l’Action démocratique du Québec qu’il accepta.

«J’ai eu la piqûre. Ce qui me plaît, c’est le côté challenge et l’adrénaline qui vient avec. Quand tu commences ta journée, tu ne sais jamais à quoi elle va ressembler. Et il y a plein de concepts que j’ai appris en finance qui peuvent être appliqués en politique.

«J’ai aussi la chance de me retrouver dans un environnement de travail particulier et dans un immeuble mythique. Chaque fois que je rentre à l’Assemblée nationale, je prends le temps de contempler les lieux. Et j’essaie d’apprécier chaque moment.»

Travailleur de l’ombre sur la ligne offensive, Tremblay l’est encore aujourd’hui dans son rôle de directeur de cabinet de François Bonnardel, le leader parlementaire de la CAQ. Il n’est jamais sous les feux de la rampe même si son travail est primordial. Il doit gérer et coordonner les travaux parlementaires. «Je me plais parfaitement dans le rôle que j’ai. Le football m’a appris à ne pas chercher la gloire à tout prix.»

Tremblay a commencé à jouer au football en 1996. Partisan de la première heure du Rouge et Or, il n’y avait aucun doute dans son esprit que c’est à Laval qu’il évoluerait quand il a terminé sa carrière collégiale avec les Cougars de Lennoxville.

«À l’époque, le Rouge et Or n’avait pas la réputation qu’il a aujourd’hui. Et à la suite du congédiement de Jacques Chapdelaine, il y avait peut-être un peu d’incertitude autour du programme. Mais moi je l’avais vu naître. Je savais que c’était une organisation sérieuse et j’avais confiance au coaching staff.»

Tremblay a disputé cinq saisons dans l’uniforme lavallois au cours desquelles il a remporté deux coupes Vanier (2003 et 2004). Il explique qu’à son arrivée avec l’équipe, l’ombre de la victoire de 1999 planait toujours sur la formation. En 2003, plusieurs joueurs ont décidé de tourner la page sur un passé dont ils étaient extrêmement fiers, mais qui les empêchait d’avancer. «Il était temps de faire la coupure et de donner une identité à l’équipe. Le Rouge et Or avait un futur et c’est à ça que l’on voulait travailler.»

Ligue canadienne

Choix de deuxième ronde des Lions de la Colombie-Britannique en 2005, Tremblay a décidé, après mûre réflexion, de renoncer à jouer chez les pros et à se concentrer sur ses études. Une des décisions les plus difficiles qu’il ait eu à prendre.

«D’un côté, il y avait la possibilité de faire carrière chez les pros. Et de l’autre, j’avais la chance d’entreprendre une maîtrise, physiquement, j’étais magané — j’avais plein de petites blessures d’accumulées — et même si techniquement je me débrouillais assez bien, je n’étais pas parmi les plus gros joueurs. J’ai interrogé plein de gens afin de savoir ce que je devrais faire. Justin Ethier m’avait dit : “consulte tout le monde et viens me voir après.” Il m’a posé les bonnes questions et j’ai donné les bonnes réponses. Il m’a grandement aidé dans mon cheminement. J’ai pu prendre une décision que je n’ai jamais regrettée.

Son passage avec le Rouge et Or terminé, c’est en douceur que Tremblay a tourné la page sur le football. Il a joué une saison en France (Cannes) et il s’est investi dans le coaching avec le Notre-Dame du CNDF où il a passé huit saisons.

«J’ai adoré coacher. J’ai arrêté parce que je manquais de temps. Mais quand je suis revenu à l’Assemblée nationale en 2014, mon horaire ne me le permettait plus. Et au niveau familial, j’ai deux jeunes enfants. Mais je ne mets pas une croix sur le coaching parce redonner, c’est quelque chose qui est important pour moi.»

Tremblay pourrait-il être tenté de sauter dans l’arène politique un jour? «Pour l’instant, je suis très bien dans ce que je fais. J’adore mon rôle. Je dois aussi penser à ma famille. La vie d’un élu, c’est très demandant. Il faut y mettre beaucoup d’heures. Travailler pour le service public, ça demande beaucoup de sacrifices. C’est pour cette raison que j’ai le plus grand des respects pour les élus, peu importe le parti qu’ils représentent. Mais il ne faut jamais dire jamais.»

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QUESTIONS/RÉPONSES

Q  Faits marquants?

R  Mes deux coupes Vanier (2003-2004), mes deux Bols d’Or en tant que joueur avec les Cougars de Lennoxville et mon Bol d’Or en tant que coach au CNDF. 

Inspiration?

R  Pour les joueurs de ligne de ma génération, le duo Pascal Cheron-André Trudel, au Rouge et Or, c’était un exemple à suivre. Et Dominic Picard, un bon ami. On a toujours joué ensemble. Il m’a beaucoup inspiré et motivé au niveau de l’entraînement et de la volonté parce qu’il était hyper déterminé.

Personnalités marquantes?

Mes parents qui ont toujours été là. Je n’aurais pas pu performer comme je l’ai fait si je n’avais pas eu ce soutien-là. Au niveau football, Luc Savoie (SSF). Il a vraiment fait en sorte que je puisse continuer après le secondaire. Carl Brennan à l’Université Laval. Il m’a fait progresser de façon incroyable. Et Justin Ethier. Il m’a inspiré par son leadership en tant que coach. J’ai développé avec lui une belle amitié. Et même si j’ai moins eu à faire avec lui, Glen Constantin, une icône du football à Québec.

Dans 10 ans?

Je n’ai pas de plan de carrière. Professionnellement parlant, c’est un jour à la fois. Au niveau personnel, je veux être un père présent pour mes enfants et ma conjointe et prendre soin d’eux de façon exemplaire. 

Ce qui te manque le plus

Tout l’aspect de la famille football. Ton équipe. Faire partie d’un groupe, de joueurs qui visent un but ultime, soit de gagner le championnat et qui travaillent ensemble pour y arriver. J’ai eu la chance de faire partie d’organisations fortes où la notion de la famille, les coéquipiers et la camaraderie, étaient très développées.

Ce qui te manque le moins

Les entraînements les soirs d’octobre, en pleine pluie quand il fait 1 degré et que tu as froid. Les entraînements à 1 degré avec de la pluie étaient plus intéressants au mois de novembre quand on était dans les séries éliminatoires.

Q  Plus grande qualité

Je dirais tout le côté technique et tactique, de bien comprendre la game. Je dirais que c’est ce qui me démarquait des autres joueurs.