L’an dernier, Pier-André Côté (à gauche) s’était précipité dans une échappée dès le début de la course, une approche qui ne l’avait pas très bien servi, lui qui n’a finalement pas terminé l’épreuve.

Pier-André Côté veut rentrer dans le peloton

L’an dernier, Pier-André Côté s’était envolé pour une incroyable chevauchée à quatre sur plus de la moitié du Grand Prix cycliste de Québec. Le jeune de Saint-Henri-de-Lévis revient toutefois cette année avec des ambitions plus modestes, mais surtout plus utiles à long terme.

Côté n’oubliera pas son moment d’anthologie de sitôt. Surtout qu’au même moment, dans la foule massée en bordure du parcours, sa mère s’était fracturé une cheville!

Voilà l’espoir montant de la Rive-Sud de retour avec des objectifs peut-être moins éclatants, mais plus profitables pour la suite de sa carrière chez les professionnels.

«Je n’ai pas les mêmes attentes que l’an passé. Je veux prendre le rythme du peloton, comprendre les schémas de la course. Ce n’est pas la même chose devant, où tu livres pas mal juste un combat de moteurs avec les autres gars de l’échappée. Là, je veux acquérir de l’expérience pour éventuellement me battre à la fin dans les prochaines années», a-t-il expliqué, jeudi, lors d’une rencontre de presse avec les sept coureurs de l’équipe canadienne.

Après deux ans au sein de l’équipe continentale Silber, établie au Canada, Côté, 21 ans seulement et vainqueur de deux étapes du Tour de Beauce en juin dernier, se joindra pour les deux prochaines années à une formation professionnelle continentale des États-Unis, Rally Cycling. Une promotion. «En fin de semaine, je vais rouler avec le cœur léger et moins de pression», admet-il, sourire en coin.

Duchesne grand absent

Parmi les 147 coureurs inscrits pour le départ de vendredi à Québec, on en compte 16 originaires du Canada. Sept composent ensemble l’équipe dite canadienne, tandis que Rally en aligne cinq autres. Les quatre autres sont les plus établis : Hugo Houle, avec Astana, Svein Tuft, chez Mitchelton-Scott, ainsi que Guillaume Boivin et Benjamin Perry, qui roulent pour Israël Academy.

Le grand absent s’avère toutefois Antoine Duchesne. Le Québécois de 26 ans pédale en ce moment la Vuelta d’Espagne. Jeudi, il a couru la 12e des 21 étapes du dernier des trois grands tours de la saison. Duchesne s’aligne avec l’équipe Groupama-FDJ, qui a aussi envoyé une délégation outre-Atlantique pour concourir aux GPC de Québec et de Montréal. 

Duchesne est champion canadien sur route en titre et a pris cinq fois le départ de l’épreuve World Tour de Québec, quatre à Montréal.

+

LES ADIEUX DE SVEIN TUFT

Des 16 Canadiens qui prendront le départ sur Grande Allée vendredi matin, Svein Tuft s’avère assurément le plus aguerri. Cycliste unifolié ayant connu le plus de succès légitime ces 20 dernières années, considérant les aveux de dopage de Ryder Hesjedal, le Britanno-Colombien de 41 ans en sera à ses dernières épreuves professionnelles en sol canadien, vendredi à Québec et dimanche à Montréal.

Membre du World Tour depuis 2009, Tuft affiche à son palmarès 13 participations aux grands tours, dont son septième Giro d’Italie en mai dernier, ainsi que 14 victoires dans les rangs pros. Sa dernière remonte à juin, alors qu’il a encore décroché le titre canadien au contre-la-montre individuel.

Tuft a marié une fille de Montréal et ils ont garçon de 11 mois, de là sans doute le besoin d’enfin se poser. Même si, à 41 ans, ses meilleures années sont assurément derrière lui. Il effectue donc ce qui ressemble à une tournée d’adieux. Après son retour au Tour de Beauce en juin, le voilà dans le peloton des GPC de Québec et de Montréal pour la première fois depuis 2011.

+

LE TOP 3 DES 3 LOUIS

En l’absence du double champion en titre du Grand Prix cycliste de Québec, Peter Sagan, l’issue de la course de vendredi s’avère moins prévisible que jamais. Les gérants d’estrade se confondent en conjectures à savoir qui cette fois lèvera les bras au ciel sur la Grande Allée. Le Soleil fait appel à la clairvoyance de trois piliers du cyclisme québécois pour connaître leurs prédictions du podium, en plus d’un quatrième as qui pourrait sortir un joker de sa manche et surprendre le peloton.

Louis Barbeau (directeur général de la Fédération québécoise des sports cyclistes)

1. Greg Van Avermaet, Belgique, 8e au classement UCI, équipe BMC

2. Tim Wellens, Belgique, 6e au classement UCI, Lotto-Soudal

3. Jakob Fuglsang, Danemark, 28e au classement UCI, Astana

* Le joker : Roman Kreuziger, République tchèque, 73e au classement UCI, Mitchelton-Scott

Louis Bertrand (animateur, descripteur et analyste, la voix québécoise du cyclisme)

1. Michael Matthews, Australie, 11e au classement UCI, Sunweb

2. John Degenkolb, Allemagne, 70e au classement UCI, Trek-Segafredo

3. Sam Bennett, Irlande, 46e au classement UCI, Bora-Hansgrohe

* Le joker : Sonny Colbrelli, Italie, 31e au classement UCI, Bahrain-Merida

Louis Garneau (président fondateur de Louis Garneau Sports et ancien olympien)

1. Michael Valgren, Danemark, 19e au classement UCI, Astana

2. Greg Van Avermaet, Belgique, 8e au classement UCI, BMC

3. Michael Matthews, Australie, 11e au classement UCI, Sunweb

* Le joker : Hugo Houle, Canada, 384e au classement UCI, Astana