Pier-André Côté, 20 ans, portera les couleurs de l'unifolié avec l'équipe nationale lors des Grands Prix cyclistes.

Pier-André Côté «fébrile» de courir avec l'élite

Adolescent, Pier-André Côté enfourchait son vélo en bordure du parcours du Grand Prix cycliste, sur le boulevard Champlain, et tentait de suivre l'espace d'un instant le rythme imposé par les pros. «Jamais je n'aurais pensé me retrouver de l'autre côté de la clôture avec les meilleurs cyclistes au monde».
C'est pourtant bien ce que fera l'athlète de Saint-Henri-de-Lévis, vendredi, à Québec, et dimanche, à Montréal, devant famille et amis. «C'était plus un rêve que quelque chose que j'espérais», lance sans détour Côté, 20 ans, un des plus jeunes cyclistes à prendre le départ des deux courses québécoises du WorldTour.
Comme chaque année, une sélection nationale canadienne a la chance de prendre part aux Grands Prix aux côtés des équipes pros. L'idée est de construire une formation où se côtoient de bons vétérans et les meilleurs espoirs sur route au pays, a expliqué, jeudi, l'entraîneur-chef Kevin Field. 
C'est à cette deuxième catégorie qu'appartient Pier-André Côté, lui qui complète sa première saison chez Silber Pro Cycling notamment comme vainqueur du critérium des Championnats canadiens.
«Comme c'est ma première année sur le circuit continental, je m'attendais plus à un rôle d'équipier et devoir montrer que je pouvais supporter les autres. Finalement, j'ai été mis de l'avant pas mal avec mes résultats.»
Qu'à cela ne tienne, il assure qu'il ne sera pas intimidé par les gros noms à ses côtés sur la ligne de départ. «Je suis fébrile, mais une fois sur le vélo, c'est important de ne pas me laisser impressionner. Ce n'est pas comme si j'arrivais du circuit provincial. J'ai couru contre quelques gars du WorldTour cet été aux tours d'Alberta et d'Utah», a souligné celui qui a dû se préparer cette semaine tout en commençant ses études en actuariat à l'Université Laval. 
En apprentissage
S'il n'a su qu'il y a deux semaines qu'il était de l'équipe canadienne aux Grands Prix, le natif de Gaspé se préparait déjà pour l'épreuve sur route des Mondiaux de Norvège, fin septembre. Le parcours de cette dernière ressemble d'ailleurs beaucoup à celui de Montréal.
Côté croit toutefois que le parcours de Québec et ses montées plus brèves conviennent mieux à son style «puncheur-sprinteur». Mais pas question de viser un certain résultat. Le jeune athlète sait qu'il est là pour apprendre et aider durant la course des coéquipiers plus âgés, comme le Saguenéen Antoine Duchesne et l'Albertain Ryan Anderson, qui espèrent bien se classer. 
D'ailleurs, le benjamin de l'équipe canadienne assure qu'un bon travail d'équipier pourrait lui permettre de se faire remarquer, vendredi et dimanche.  «Ce n'est pas nécessairement une question de résultat personnel. Si l'un des gars de l'équipe nationale réussi un gros résultat et que c'est en partie parce qu'un jeune a fait du bon travail, le jeune aura autant de visibilité, sinon plus.»
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Derniers tours au Québec pour Langlois?
Bruno Langlois est toujours là. Mais à 38 ans, celui qui avait annoncé sa retraite avant de devenir champion canadien, en 2016, pourrait disputer ses dernières épreuves à Québec et à Montréal. «Mon but, c'est de continuer à courir [l'an prochain]. Mais je ne sais pas si je vais courir à un si haut niveau que ça. [...] Et si je baisse de niveau, ça va être dur de remonter», affirme Langlois, capitaine de la formation Garneau-Québecor, mais membre de l'équipe canadienne cette semaine. Le temps commence à lui manquer, et ça n'a rien à voir avec son âge. Déjà propriétaire de BL coaching, Langlois compte ouvrir en octobre un café pour cyclistes près de Fleur de Lys, Vélo Cartel, où il souhaite regrouper une foule de services destinés aux adeptes de ce sport, dont une salle d'entraînement.
Mais d'ici là, des courses. Le Matanais n'a appris qu'il y a deux semaines sa présence aux épreuves québécoises, une septième pour lui. «J'étais super content, mais c'est aussi un peu stressant. Quand t'arrives ici, il faut que tu sois prêt. Tu ne peux pas juste te cacher dans le peloton. Les parcours sont difficiles, alors ça prend une très bonne forme pour être dans la game», explique celui qui revient du Tour de l'Alberta.
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Guillaume Boivin (en vert) lors du Grand Prix cycliste de Saguenay.
Boivin déjoue les pronostics
En décrochant une 17e place à Québec l'an dernier, Guillaume Boivin avait déjoué tous les pronostics, lui qui se remettait de deux blessures majeures.
Cette année, le Montréalais se pointe dans une forme splendide. «C'est un monde de différence. L'an passé, c'était limite. J'étais allé avec la tête pas mal plus [qu'avec les jambes]», se souvient Boivin en riant. «Là, je peux te dire que la forme est vraiment extrêmement bonne. Je sais que j'ai fait mes devoirs, je sais que je suis confiant. Mais tout se joue pendant la course.»
Contrairement à 2016, où il s'alignait avec l'équipe canadienne, Boivin prendra cette année le départ avec sa formation habituelle, Israel Cycling Academy, invitée par les organisateurs. Il y côtoie des cyclistes d'une douzaine de nationalités différentes.
Boivin compte poursuivre l'aventure avec la formation israélienne, d'autant plus qu'elle prendra du galon l'an prochain avec l'ajout de nouveaux coureurs. «Ça ne sera pas une équipe World Tour, mais on va avoir un calendrier très intéressant», explique l'athlète de 28 ans, deux fois champion canadien. 
Le GP en chiffres
160 coureurs
30 pays représentés
12 tonnes d'équipement
130 pays présentent la course à la télé
210 accréditations pour les médias