Le bosseur Philippe Marquis s’est remis d’une chirurgie qui l’a contraint à suivre une rééducation de 10 mois. Il pourra ainsi boucler sa carrière à sa façon.

Philippe Marquis entre rédemption et générosité

Au même moment où il est en quête de rédemption et passe le flambeau aux plus jeunes membres l’équipe canadienne de ski acrobatique, Philippe Marquis passe de la parole aux actes. En plus d’avoir réussi son retour dans les bosses de la Coupe du monde, en fin de semaine à Calgary, il a apporté un soutien financier à un jeune coéquipier. Histoire en deux temps!

Après une rééducation de 10 mois, le bosseur de Québec eut la confirmation qu’il pourra bientôt mettre un terme à sa carrière selon ses propres termes! Victime d’une rupture ligamentaire du genou, il y a un an, le skieur de 29 ans respirait le bonheur dans le portillon de départ de la Coupe du monde de Calgary, samedi, où il a pris le 18e rang.

«Mon retour n’est pas aussi miraculeux que ma performance aux Jeux, mais j’en suis vraiment fier. Il s’agit d’un bel accomplissement d’être revenu. Je n’avais pas de grosses attentes et je ne savais même pas en arrivant à Calgary si j’allais faire la compétition ou pas. J’ai fait quatre descentes, les quatre premières depuis les Jeux. Je ne visais pas à un podium, mais finir 18e et passer proche de faire la finale, c’était au-delà de mes espérances», indiquaitil, lundi matin, en transit vers Lake Placid, lieu de son prochain arrêt, ce week-end.

Marquis a suivi son plan de match à la lettre, ce qui lui permettra d’aborder les deux prochaines étapes de la Coupe du monde (Lake Placid et Mont-Tremblant) dans l’optique de finaliser sa préparation pour les Championnats du monde disputés à Deer Valley, du 1er au 9 février, soit au même endroit où il avait subi sa vilaine blessure.

«Dans les 10 mois ayant suivi l’opération, il doit y en avoir eu huit où j’ai douté que je fasse une autre descente de ski de bosses. Il y avait aussi des moments d’étincelle où j’étais certain de pouvoir vivre mon moment de rédemption à Deer Valley», confiait-il

À Calgary, il a renoué avec la communauté du ski acrobatique et a pu faire son dernier salut aux gens de l’ouest du pays.

«Je peux confirmer que je compte le reste de ma carrière en semaines et non pas en nombre d’années. La seule décision que j’aurai à prendre, c’est de savoir si je vais faire les autres compétitions après les Mondiaux. Mais chose certaine, je n’aurai pas de regret pour la suite de ma vie, ç’a aura été une «maudite» belle carrière», disait-il au bout du fil.

Bourse partagée

Il peut maintenant boucler celle-ci à sa façon. Et peu importe les résultats à venir, il regarde l’avenir avec optimisme.

«J’ai l’impression que si je n’avais pas eu l’objectif de revenir, ça m’aurait hanté et ma rééducation n’aurait pas été aussi bien faite. Là, je suis fier de dire que ç’a fonctionné et que mon corps sera en meilleur état pour le prochain chapitre de ma vie. Je suis le vétéran de l’équipe, je voulais aussi passer le flambeau aux jeunes qui ont du talent et les inspirer à l’effet qu’on peut se remettre d’une telle blessure.»

Il pousse aussi sa générosité jusqu’à partager une bourse reçue avec un coéquipier qu’il considère comme son petit frère. Au début de l’année, il a remis 2000 $ à Kerrian Chunland.

«Ça me faisait plaisir de la partager avec lui. Il en a plus besoin que moi, il va faire deux ou trois fois le tour du monde, cette année. Kerrian, c’est comme mon petit frère, il est du club de Stoneham, il a toujours suivi mon ascension, comme je le faisais avec mon frère Vincent. Il n’a pas encore les résultats pour obtenir une telle bourse, alors je voulais juste lui donner un petit coup de pouce», expliquait Marquis à propos de son geste généreux.