Philippe Dion aimerait bien ajouter une deuxième Coupe Vanier à sa feuille de route.

Philippe Dion a tracé le chemin chez les Mustangs

À l’aube de son dernier match universitaire, le joueur de ligne défensive des Mustangs de Western Ontario Philippe Dion ne regrette pas son choix de s’être exilé en Ontario. Une décision qui a ouvert la voie à d’autres footballeurs québécois dans l’équipe championne de la Coupe Vanier 2017.

«Nous sommes arrivés cinq en même temps. Moi, Jean-Gabriel Poulin, Jordan Beaulieu, Lloyd Bureau et Grégoire Bouchard. L’année suivante, trois autres Québécois nous rejoignaient à London», raconte Dion au bout du fil.

«Avant nous, ce n’est pas que les Mustangs ne voulaient pas recruter au Québec, mais ils avaient l’impression que les efforts qu’ils investissaient dans la province voisine ne donnaient pas beaucoup de résultats», enchaîne celui qui a vu Poulin (Alouettes) et Beaulieu (Eskimos) atteindre la Ligue canadienne.

L’exemple et les succès de joueurs comme Dion du côté ontarien ont cependant changé la donne. «On aime ça voir des gars du Québec s’amener ici. Quand ils viennent visiter, on s’assure de bien vendre notre salade», poursuit celui qui a joué un rôle d’ambassadeur pour plusieurs footballeurs québécois tentés par l’expérience ontarienne.

Grâce à Mackey

C’est son entraîneur avec les Cougars de Champlain-Lennoxville, Kevin Mackey, lui-même un ancien Mustangs, qui a suggéré à Dion de prendre le chemin de son alma mater. Une fois à Western, il a poursuivi le travail.

«Les recruteurs me demandaient qui étaient les gars intéressés à sortir du Québec, à qui ils pourraient parler, alors je leur ai fait une liste», poursuit le natif de Blainville, qui ne tarit pas d’éloges pour la vénérable institution de London.

«Les études en anglais, c’est très important, mais aussi d’apprendre à se débrouiller de façon indépendante quand on part à une dizaine d’heures de chez nous. De plus, il y a une culture autour du programme. On se fait des contacts partout au Canada qui vont nous durer toute notre vie, autant pour le sport que pour notre carrière future.»


« On aime ça voir des gars du Québec s’amener ici. Quand ils viennent visiter, on s’assure de bien vendre notre salade »
Philippe Dion

Évoluer sous les ordres de Greg Marshall, une légende du football canadien qui a été porteur de ballon avec les Eskimos d’Edmonton et entraîneur avec les Tiger-Cats de Hamilton, est aussi un plus pour Dion.

«C’est un coach incroyable et c’est un honneur de jouer pour lui. C’est comme s’il était deux personnes en une. Quand il rencontre quelqu’un sur la rue, c’est un gars très gentil, mais sur le terrain, il est tellement focus, il sait ce qu’il veut. Il est un très bon leader et il connaît le football comme peut le connaissent. C’est un des meilleurs coachs que j’aie eus.»

Le pari de Dion a donc porté fruit, encore davantage quand il a remporté l’an dernier la Coupe Vanier, contre le Rouge et Or de l’Université Laval en plus. Des émotions qu’il aimerait revivre une dernière fois cette année.

«Bien sûr que c’était spécial l’an dernier. Beaucoup de gens ne croyaient pas en nous. Mais moi, je suis un compétiteur et je déteste perdre. En plus, c’est une chance de pouvoir jouer ce match-là au Québec», poursuit celui qui termine cet automne ses études en kinésiologie.

«J’aimerais passer chez les pros ensuite, mais je ne sais pas ce qui m’attends. Alors. si c’est mon dernier match de football, j’aimerais que ce soit une victoire.»