Surtout connu pour courir sur 800 ou sur 1500 mètres, Charles Philibert-Thiboutot a choisi d’amorcer sa saison en courant un 5 km à Boston, au cours duquel il ne vise rien de moins qu’un record.

Philibert-Thiboutot vise un record québécois samedi

Charles Philibert-Thiboutot part pour Boston avec l’idée d’établir un record québécois sur 5 km, samedi matin. Le coureur de demi-fond de Sillery pourrait aussi, dans des conditions optimales, flirter avec la marque canadienne.

Tenue en marge du 122e Marathon de Boston, couru lundi, l’épreuve de 5 km sur route organisée par la Boston Athletic Association (BAA) réunira plus de 10 000 participants, deux jours avant. Du lot, quelques dizaines de coureurs d’élite qui voudront se partager les 39 900 $US en bourses, dont 7500 $ iront au gagnant.

«Ce que j’aime sur la route, c’est que le temps compte moins que sur la piste à cause des conditions changeantes. Alors je me concentre sur un résultat de position plutôt que de temps. Mais la course d’en fin de semaine sera extrêmement relevée, alors si je fais une bonne position comme un top cinq, ça va être un bon temps», explique Philibert-Thiboutot, qui lance du coup sa saison de compétitions extérieures.

Joint par téléphone mardi à Vancouver, où il est retourné s’entraîner depuis trois semaines, l’athlète de 27 ans est bien au fait du record québécois de 13 min 55 s établi en 2005. Si sa meilleure performance officielle sur 5 km d’asphalte affiche 14:03, sa marque personnelle au 5000 m sur piste de 13:33 lui permet de viser plus haut.

«Si je fais ce que j’ai à faire, je suis capable de courir en dessous de 13:55. Et si c’est une journée extraordinaire, le record canadien est 13:36», ajoute-t-il de son propre chef.

«D’ordinaire, la route est moins vite que la piste. Mais si on tombe sur un vent de dos exceptionnel pour la majorité de la course, ça peut être plus vite que sur piste. Donc 13:55 est réaliste et 13:36 ne peut pas être écarté, selon les conditions. Disons que je me vois entre les deux.»

Changement de technique

Samedi, le Québécois, demi--finaliste sur 1500 m aux Jeux olympiques de 2016 et médaillé de bronze des Jeux panaméricains de 2015, aussi sur 1500, suivra bel et bien un peloton de fort calibre.

L’Américain Ben True aura en tête de gagner l’épreuve pour une cinquième fois, après avoir inscrit un record des États-Unis sur la distance de 13:20, l’an passé. Le médaillé de bronze olympique du 5000 m sur piste sera aussi au départ, l’Éthiopien Hagos Gebrhiwet trimbalant en plus une marque personnelle de 13:14 sur 5 km.

On connaît davantage Philibert-Thiboutot pour ses performances sur 800 et 1500 m. Il aurait pu courir l’épreuve d’un mille (1,6 km) sur route organisée le même jour par la BAA.

«J’ai préféré le 5 km, parce que l’entraînement d’endurance a bien été dernièrement et j’aime ouvrir la saison avec une épreuve plus d’endurance que le 1500, que je vais faire tout l’été», fait valoir le protégé de l’entraîneur de Québec Félix-Antoine Lapointe, qui le voit à long terme se transformer en coureur de 5000 m sur piste.

Après une saison 2017 abrégée par une blessure au dos, Philibert-Thiboutot a changé sa technique de course et s’estime aujourd’hui «mieux que jamais» au plan biomécanique. «Même mieux qu’au meilleur de ma forme, l’année des Jeux olympiques», affirme celui qui désire se «donner une autre chance de faire du 800 ou du 1500 et voir comment cette nouvelle biomécanique peut rapporter».

Il a donc mis un 1500 sur piste à son calendrier début mai, sans doute en Californie. Ce temps lui servira ensuite à parcourir le circuit européen et, idéalement, quelques étapes de la Diamond League, en juin et juillet. Entre les deux, un camp d’entraînement en altitude l’attend à Park City, en Utah, avec Lapointe et d’autres coureurs du groupe de Québec. Juillet apportera aussi le championnat canadien.