Charles Philibert-Thiboutot tente par tous les moyens de trouver un endroit où continuer son entrainement, maintenant que les installations du PEPS sont fermées.

Philibert-Thiboutot chassé de la piste extérieure du PEPS

L’athlète olympique Charles Philibert-Thiboutot devra rivaliser d’ingéniosité pour s’entraîner à la course ce printemps en vue des Jeux olympiques de Tokyo. Non seulement le PEPS de l’Université Laval a fermé ses portes pour deux semaines, mais il vient même d’être chassé de la piste d’athlétisme extérieure de l’établissement.

Malgré la fermeture des installations du PEPS, Philibert-Thiboutot pensait bien pouvoir courir sur la piste d’athlétisme extérieure, d’autant plus que ses amis et lui avaient entrepris de la déneiger.

«Je m’entraînais sur tapis roulant et à la piste intérieure du PEPS et, normalement, on reprend l’entraînement dans la rue quand la neige fond. Mais là, plusieurs rues sont encore glacées», explique le médaillé de bronze aux Jeux panaméricains de 2015.

Pas question non plus d’aller s’entraîner aux États-Unis comme il le fait normalement au printemps avec toutes les restrictions liées aux voyages. «C’est pour ça que quelqu’un avait lancé un groupe Facebook pour déneiger la piste extérieure et permettre à ceux qui le voulaient de commencer plus tôt l’entraînement extérieur», poursuit-il.

Expulsés 

Charles et quelques amis s’étaient ainsi donné rendez-vous à la piste d’athlétisme et avaient commencé à la déneiger à la pelle samedi quand un gardien de sécurité s’est présenté sur place pour les expulser des lieux.

«On comprend les enjeux de sécurité liés à la COVID-19, surtout dans les espaces intérieurs du PEPS. Toutefois, la vie continue, et mes opposants qui s’entraînent pour Tokyo ne s’arrêtent pas pour autant. Désolant de se faire expulser de la piste dehors. Nous nous sommes réunis pour pelleter un corridor. Les rues enneigées et glacées ne sont pas sécuritaires pour nous. Pas de tapis roulant, de piste intérieure ou extérieure, que faites-vous de vos espoirs olympiques pour qui arrêter l’entraînement n’est pas une option?» s’est-il interrogé sur Twitter après être rentré chez lui.

«On nous a mis dehors, car c’est toute l’Université Laval qui est fermée et que la piste d’athlétisme est un terrain privé de l’Université Laval. C’est un peu beaucoup de la bureaucratie», déplore l’athlète de Québec.

Pour l’instant, Philibert-Thiboutot a commencé à explorer les rues de Québec pour en trouver des moins passantes et bien déneigées où il pourrait s’entraîner.

«Il y a beaucoup trop de neige et de glace à Sainte-Foy et Sillery, alors on regarde vers Cap-Rouge et Beauport», poursuit-il. L’Ouest canadien serait une autre possibilité, mais le coureur ne sait pas si elle est réalisable pour le moment.

Jeux incertains

Il faut dire que Charles Philibert-Thiboutot avait misé beaucoup sur le présent cycle olympique après avoir pris la 16e place sur 1500 m aux Jeux de Rio.

«Et malheureusement, ça n’augure pas trop bien. Dans la situation actuelle, je n’ai pas l’impression que ça va être quelque chose de plausible d’avoir des Jeux olympiques. Au point de vue de la santé publique, ce n’est pas logique d’avoir des gens de partout dans le monde au même endroit dans la situation actuelle», concède-t-il.


« On nous a mis dehors, car c’est toute l’Université Laval qui est fermée et que la piste d’athlétisme est un terrain privé de l’Université Laval. C’est un peu beaucoup de la bureaucratie »
Charles Philibert-Thiboutot

Et même si les Jeux avaient lieu, l’annulation des épreuves de qualification du printemps vient compliquer davantage les choses pour l’athlète de 29 ans.

«Comme j’étais blessé à un pied l’an passé, je n’ai aucune performance à mon nom», illustre-t-il. «Et comme les courses du calendrier printanier comptent au classement mondial, je ne peux qu’espérer pour l’horizon de la mi-mai, les autres courses étant déjà annulées», explique-t-il.

«Ceci étant dit, j’essaie de contrôler ce que je peux contrôler. Je vais m’entraîner et rester le plus en forme possible pour être prêt quand les activités reprendront», indique celui pour qui la COVID-19 constitue une embûche de plus dans un cycle olympique où il en a vécu plus d’une. «Mais honnêtement, celle-là, je m’en serais bien passé!» conclut-il.