On sait maintenant pourquoi Michel Platini était tout sourire avant le tirage des groupes du Mondial de 1998, le 4 décembre 1997.

«Petite magouille» au Mondial de 1998

PARIS — L’ancienne grande vedette de soccer Michel Platini affirme avoir eu recours à «une petite magouille» pour permettre à l’équipe de France d’éviter le Brésil avant la finale du Mondial de 1998, qu’elle a finalement remportée.

«Quand on a organisé le calendrier, on a fait une petite magouille», a confessé Platini, coprésident du comité organisateur du Mondial de 1998 en France, lors d’une entrevue radiophonique qui sera diffusée dimanche.

De quoi parle-t-on? Le stratagème a consisté, avant le tirage le 4 décembre 1997 à Marseille, à prépositionner des têtes de série dans certains groupes, tels le Brésil (A) et la France (C), qualifiés d’office en tant que champion du monde en titre et pays organisateur. Se retrouvant dans la moitié du tableau opposé en phase éliminatoire, les deux équipes ne pouvaient s’affronter qu’en finale si elles terminaient premières de leur groupe; finale que la France a remportée 3-0.

Le procédé avait été reconduit pour la Coupe du monde 2002 au Japon et en Corée du Sud. Depuis 2010, seul le pays hôte connaît son groupe (A) par avance, les autres têtes de série étant réparties par tirage.

«Écoutez, on est à la maison, il faut bien profiter des choses, alors on ne va pas s’emmerder pendant six ans à organiser la Coupe du monde si on ne peut pas faire quelques petites magouilles», a déclaré Platini. «Vous pensez que les autres ne le faisaient pas aux autres Coupes du monde?»

Une finale France-Brésil, «c’était le rêve de tout le monde», conclut l’ex-grand patron du football européen (UEFA), aujourd’hui âgé de 62 ans et actuellement suspendu de toute activité liée au football pour un paiement de 1,8 millions d’euros (2,7 millions $CAN) sans contrat écrit reçu de Sepp Blatter, ex--président déchu de la Fédération internationale de football.

L’impact de ces propos est international. La BBC évoque sur son site Web «une petite tricherie». À l’époque, le quotidien Libération avait titré : «Petits arrangements avec le sort».

Boules froides

On est loin des déclarations fracassantes de Blatter, qui avait lâché dans le journal argentin La Nacion n’avoir jamais touché aux boules contenant les noms d’équipes dans le boulier. «D’autres l’ont fait, oui. Bien sûr qu’on peut les rendre reconnaissables, en les chauffant ou en les refroidissant. [...] J’ai été témoin de tirages au sort, au niveau européen, où cela se faisait. Mais jamais à la FIFA.»

Et encore? «On met les boules au réfrigérateur avant. En les touchant, on sent celles qui sont froides et celles qui ne le sont pas...»  Avec AP