Malgré l'exclusion de Québec du processus d'expansion, l'ancien capitaine des Nordiques Peter Stastny croit encore possible le retour de l'équipe à court terme.

Peter Stastny toujours optimiste

En Slovaquie, la nuit tombait lorsque le commissaire Gary Bettman a confirmé l'arrivée de Las Vegas comme 31e formation de la Ligue nationale de hockey (LNH). Pendant qu'il regardait la conférence de presse sur son portable, Peter Stastny ne broyait pas du noir sur sa ville d'adoption. Malgré l'exclusion de Québec du processus d'expansion, l'ancien capitaine des Nordiques croit encore possible le retour de l'équipe à court terme.
«Ça pourrait même se produire en même temps que Las Vegas. Quand Atlanta a déménagé à Winnipeg, ça s'est produit très rapidement, sans avertissement et la même chose pourrait arriver à Québec», a confié l'ex-numéro 26, rejoint à Bratislava après l'annonce de Bettman.
Peter Stastny n'est pas tombé en bas de chaise à la suite de la décision du bureau des gouverneurs de la LNH. Il s'attendait depuis déjà plusieurs semaines à ce que l'on accepte Las Vegas et laisse la capitale de côté.
«Ce n'est pas étonnant. Quelques raisons expliquent la décision, mais il n'y en a qu'une véritable, soit le déséquilibre géographique des conférences. Il était clair que Las Vegas passerait avant Québec. Oui, c'est décourageant, mais je ne perds pas espoir pour autant, car il y a d'autres façons que l'expansion pour entrer dans la LNH», a soutenu l'ancien député slovaque du Parlement européen.
Lorsque les Red Wings de Detroit ont transféré de la conférence de l'Ouest à celle de l'Est, il y a trois ans (saison 2013-2014), les chances d'une expansion dans l'est du continent étaient réduites. Ajoutez à cela la fluctuation du dollar canadien et ça vous donne une bonne idée de la ligne de pensée des gouverneurs de la LNH.
«Je reste persuadé que la Ville de Québec a tous les atouts pour accueillir une équipe de la LNH, absolument. Québec a déjà prouvé qu'elle pouvait faire vivre une équipe dans les années 80 et 90, elle serait très encore capable de le faire, surtout avec l'ouverture du Centre Vidéotron», a ajouté l'auteur de 1239 points en 977 matchs avec les Nordiques, les Devils du New Jersey et les Blues de St. Louis.
Selon lui, les gradins seraient pleins à chaque match, à Québec, contrairement à ce qu'on peut voir dans certains marchés américains. «Je ne suis pas objectif parce que j'ai un parti-pris, mais si la LNH s'installait à Québec, tout le monde serait gagnant. Québec compterait immédiatement parmi les meilleures foules, parmi les plus enthousiastes. Et Québec serait aussi un atout important pour promouvoir l'aspect francophone à travers le pays, mais aussi en Europe», a soutenu Stastny.
Élu au Temple de la renommée du hockey en 1998, à celui de la Fédération internationale en 2002 et membre de la première cuvée (2002) de celui de la Slovaquie, la recrue de l'année dans la LNH en 1980-1981 ne considère pas le 22 juin 2016 comme étant un jour triste, comme l'avait été celui du 25 mai 1995, date du départ des Nordiques pour le Colorado.
«En écoutant Gary Bettman et Jeremy Jacobs, j'étais quand même encouragé. Ils parlaient positivement de Québec. Je me répète, mais à court et à moyen terme, les amateurs peuvent y croire, peut-être même plus vite que ça. Il n'y a pas de solution pour l'instant, mais ça peut arriver n'importe quand. Ça ne prend qu'un propriétaire d'une équipe qui dit : c'est assez, j'ai perdu assez d'argent.»
«Il faut cesser de spéculer», dit André Savard
<p>André Savard</p>
André Savard était dans la salle de réunion des Devils du New Jersey, à Buffalo, lorsque la décision est tombée. «On voyait bien que ça s'enlignait dans cette direction depuis les avertissements lancés par Brian Mulroney, qui représentait Québecor dans les négociations avec la LNH», a-t-il noté au bout du fil.
L'homme de hockey de Québec a rappelé que le président du conseil d'administration de Québecor avait préparé les amateurs à un tel dénouement. Ses récentes sorties publiques n'étaient pas anodines, elles servaient à mettre la table sur ce qui a été confirmé par la LNH, mercredi.
«Si je me mets dans la peau d'un partisan, c'est décevant. En bout de ligne, c'est la LNH qui décide, mais les amateurs peuvent continuer d'espérer le retour des Nordiques. Profitons-en pour poursuivre le développement économique de Québec, et la prochaine fois sera peut-être la bonne. Mais il faut cesser de spéculer, de suivre les avions dans le ciel et de dire que quelqu'un a vu Gary Bettman à La Malbaie...» a-t-il indiqué sans porter de jugement sur les gens qui souhaitaient un résultat différent.
Ancien joueur de la LNH, entraîneur-chef des Nordiques, dépisteur-chef des Sénateurs, directeur général du Canadien et entraîneur adjoint des Penguins, dépisteur professionnel pour les Panthers, Savard est aujourd'hui dépisteur amateur au Québec pour les Devils. Pour avoir fait le tour de la LNH pendant plusieurs années, il est convaincu que la décision de Québec de se doter d'un amphithéâtre moderne était la bonne.
«La construction d'un nouvel aréna, ça demeure une bonne décision. Oui, il serait plus rentable avec une équipe de la LNH, mais la ville en avait besoin. On se rend compte de l'importance d'en avoir un lorsqu'on regarde ce qu'il s'est passé avec Atlanta. Si on en avait eu un lors de leur déménagement, c'est peut-être nous qui aurions eu le club et non pas Winnipeg, mais on n'avait que le Colisée!»
Il faut donc toujours être au bon endroit au bon moment. Présentement, le déséquilibre des conférences ne favorise pas la venue d'une équipe de la LNH à Québec. «Quand Detroit est revenu dans l'Est en 2013, on savait qu'il y aurait éventuellement un problème. Il s'est créé un déséquilibre et le problème reste le même, aujourd'hui.»
Savard soutient aussi que l'arrivée de Las Vegas était dans les plans de la LNH. «Il s'agissait d'un nouveau marché américain en plus, que Bettman voulait avoir. Leur propriétaire a été agressif, il avait un aréna et les 500 millions $ pour acheter une franchise. De plus, Las Vegas pourrait aussi aider à sauver le marché de Phoenix. Pour Québec, un transfert serait logique, mais d'un autre côté, il n'y en a pas eu beaucoup dans les dernières années.»
Boucher: «Vegas, un beau pari pour la LNH»
En route vers Buffalo, où il assistera au repêchage de la LNH et à une formation pour entraîneurs, Philippe Boucher a trouvé «un peu décevant» de voir la candidature de Québec être mise à l'écart dans l'actuel processus d'expansion. «Comme fan des Nordiques, j'aurais aimé qu'ils reviennent», a déclaré l'entraîneur-chef et directeur général des Remparts, qui restent pour l'instant l'unique club de hockey du Centre Vidéotron. «Las Vegas est un beau pari pour la LNH, première ligue majeure à tester cette ville. Pour ce qui est de Québec, il faut s'armer de patience. Il y a un bel aréna, un propriétaire qui a la volonté et les moyens d'y opérer une équipe et du respect de la part de la LNH. Si Québec avait un club dans la LNH, il y aurait des marchés plus fragiles que le nôtre, et selon moi, la LNH ne peut pas se priver du marché de Québec. À mon avis, ça passera plus par un transfert qu'une expansion, il y a juste la date d'arrivée qui est inconnue», a ajouté l'ancien défenseur ayant joué à Buffalo, Los Angeles, Dallas et Pittsburgh.