Maurice Filion, Gilles Léger, Ron Lapointe, Peter Stastny et Simon Nolet en 1988

Peter Stastny se souvient de Maurice Filion

À l'autre bout du fil, la réaction est teintée de respect. «La mort, c'est l'autre visage de la vie, et elle permet de se remémorer de bons moments», souligne avec sagesse Peter Stastny, l'ancien capitaine des Nordiques.
Le Soleil lui a appris le décès de l'ancien directeur général des Nordiques, samedi après-midi. Il a vite eu une pensée pour les proches du regretté homme de hockey.
«Pour lui, les Nordiques, c'était une famille. C'est toujours ce qu'il nous disait. Alors je pense à la sienne, je leur offre mes plus sincères condoléances au nom de ma famille», indiquait le plus grand joueur de l'histoire de l'équipe.
En plus d'avoir été le directeur général qui l'a échangé au bout d'une belle aventure de 10 ans, Filion a aussi été le premier entraîneur­-chef de Stastny dans la LNH à son arrivée, en 1980.
«Je m'en souviens comme si c'était hier. Nous étions dans un long voyage dans l'Ouest canadien en début de saison parce que le Colisée subissait une transformation lorsqu'il a cédé son poste à Michel Bergeron après six matchs. Je me demandais ce qu'il se passait, je n'avais jamais vécu cela auparavant. En Tchécoslovaquie, on ne changeait pas d'entraîneur en pleine saison, surtout pas aussi tôt que ça», rappelait-il en souriant.
Comme lui, il a toujours senti que Maurice Filion était attaché aux Nordiques. Il a apprécié son travail à la tête de l'équipe.
«Ça prend combien d'années pour bâtir une équipe gagnante? Plusieurs, mais Maurice, il a trouvé le moyen d'ajouter des joueurs importants rapidement et les Nordiques sont rapidement devenus compétitifs, ça n'a pris qu'un an ou deux...»
Il garde le souvenir d'un homme sérieux, à la fois souriant et respectueux. Et il avait toujours le mot juste.
«Lorsqu'il parlait, ça avait toujours du sens. Il y avait un respect mutuel entre nous. Lorsqu'on m'a échangé aux Devils, en 1990, j'avais longtemps discuté avec lui, il m'expliquait que l'organisation devait prendre une nouvelle direction. On nous avait donné le choix, à Michel [Goulet] et moi, mais on l'avait compris. Je suis parti, mais j'aurais préféré rester», rappelait Peter, qui a eu l'occasion d'en discuter avec Maurice Filion lors d'un mariage où ils s'étaient rencontrés.
À ses yeux, Maurice Filion n'a pas seulement marqué le hockey à Québec. «Il avait les Nordiques à coeur, il a été un personnage important dans la ville de Québec, et même dans toute la province. Je ne l'ai pas connu avec les Remparts, mais pour être le directeur général d'une grande équipe comme les Nordiques, je me disais qu'il avait fait quelque chose de bien pour en arriver là.»