L’embauche de Doug Pederson (à droite) comme entraîneur-­chef des Eagles de Philadelphie avant le début de la saison 2016 était loin de faire l’unanimité. Deux ans plus tard, cette décision semble donner raison à la direction de l’équipe, alors que les Eagles sont à une victoire d’atteindre le Super Bowl.

Pederson a fait taire ses détracteurs

PHILADELPHIE — Doug Pederson était trop proche d’Andy Reid pour que les fans des Eagles de Philadelphie approuvent son embauche pour remplacer Chip Kelly.

Comme joueur, Pederson a été le premier quart partant utilisé par Reid à Philadelphie en 1999, avant d’être délogé par Donovan McNabb. Et puis, comme entraîneur, Pederson a été l’adjoint de Reid pendant sept saisons avec les Eagles et les Chiefs de Kansas City.

Mais comme Reid n’a jamais remporté LA grosse victoire — il est l’entraîneur-chef le plus victorieux de l’histoire de la franchise et a mené le club à cinq titres de division et à une participation au Super Bowl en 14 saisons — les partisans ne voulaient surtout pas voir un de ses protégés prendre les rênes de l’équipe. 

Adam Gase et Ben McAdoo étaient des candidats très populaires quand les équipes se cherchaient un entraîneur-chef en 2016, mais Gase s’est retrouvé à Miami alors que McAdoo, qui était coordonnateur offensif chez les Giants, a été promu à la tête de l’équipe new-yorkaise. Les Eagles, après avoir flirté avec Tom Coughlin, se sont finalement tournés vers Pederson.

Après deux saisons, Gase présente un dossier de 16-17 avec les Dolphins. McAdoo, lui, a déjà perdu son emploi. Quatre autres entraîneurs-chefs ont été nommés avant la saison 2016 : Hue Jackson n’a gagné qu’un match en deux ans à Cleveland, la fiche de Dirk Koetter à Tampa Bay est de 14-18, Mike Mularkey et les Titans du Tennessee ont divorcé lundi, et Chip Kelly n’a duré qu’une seule saison à la tête des 49ers de San Francisco.

Jugement très sévère

Mike Lombardi, qui a occupé des postes de gestion dans la NFL entre 1984 et 2016, s’était d’ailleurs montré très sévère, voire cinglant, à l’endroit de Pederson après son embauche.  

«Tout le monde sait que Pederson n’a pas l’étoffe d’un entraîneur-chef», avait dit Lombardi avant le début de la saison 2016. «Il est probablement le candidat le moins qualifié que j’ai vu en plus de 30 ans dans la NFL.»

Finalement, Lombardi a bien dû admettre qu’il avait eu tort, mais il lui aura fallu un gain en séries — celui de samedi dernier par la marque de 15-10 contre Atlanta — pour le convaincre.

«Je me suis trompé», a avoué Lombardi dans son émission sur le site Internet The Ringer en début de semaine. «Doug Pederson est bien meilleur que je ne l’aurais cru pour diriger une équipe [...] Quand tu réussis à gagner un match en séries en tant que négligé, et que tu réussis à battre Matt Ryan alors que ton quart est Nick Foles, je crois que tu mérites des éloges. Je crois vraiment que j’ai été trop dur avec Doug. Je ne suis toujours pas certain s’il deviendra un grand entraîneur, mais, oui, je suis allé trop loin.»

Insensible aux critiques

En cours de route cette saison, Pederson a perdu le quart-arrière Carson Wentz, qui était un sérieux candidat pour le titre de joueur le plus utile, ainsi que bloqueur Jason Peters, le secondeur Jordan Hicks, le spécialiste des restours de bottés Darren Sproles et son capitaine des unités spéciales Chris Maragos.

Malgré ce, les Eagles ont remporté 13 matchs, un sommet dans l’histoire de l’équipe (à égalité avec la formation de 2004 dirigée par Reid), ont réussi à terminer au premier rang de la Conférence nationale et sont maintenant à une victoire d’accéder au Super Bowl.

Dimanche (16h40), Philadelphie (14-3) accueillera les Vikings du Minnesota lors du match de championnat de la NFC. Et, comme contre Atlanta la semaine dernière, les Eagles, même s’ils sont à domicile, seront les négligés.

Quant aux critiques dirigées contre lui, Pederson en a cure.

«Je ne porte pas attention à ce que disent les gens», avait déclaré l’entraîneur de 49 ans plus tôt cette saison. «Je suis concentré sur notre équipe, sur nos joueurs.»

De plus, Pederson est populaire dans le vestiaire de son équipe. Celui qui a joué 10 saisons dans la NFL — principalement comme quart substitut — avec Miami, Green Bay, Philadelphie et Cleveland prend régulièrement le soin de consulter un groupe de joueurs afin de prendre certaines décisions, une approche que les athlètes apprécient. 

«Il est proche de nous», souligne le demi de sûreté Corey Graham. «En tant qu’ancien joueur, il comprend très bien comment nous composons avec certaines situations. Les gars veulent jouer pour ce type d’entraîneur, qui est à notre écoute et qui veut nous aider.»

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BRADY ABSENT L'ENTRAÎNEMENT JEUDI

Le quart-arrière des Patriots de la Nouvelle-Anglerre Tom Brady  raté la séance d’entraînement de l’équipe jeudi en raison d’une blessure à la main droite qui avait limité sa participation à celle de mercredi. À 72 heures de la finale de la Conférence américaine contre les Jaguars de Jacksonville, Brady était présent et portait un gant à sa main droite pendant la session d’étirement ouverte aux journalistes. Habituellement, il porte un gant seulement sur sa main gauche. Sa conférence de presse a également été reportée à vendredi. Le nom de Brady est apparu en quelques occasions sur le bilan médical de l’équipe en deuxième moitié de saison alors qu’il a été ennuyé par des blessures à un tendon d’Achille et à l’épaule gauche. Brady, 40 ans, n’a jamais raté un match éliminatoire lors de sa carrière.

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FICHTNER DIRIGERA L'ATTAQUE DES STEELERS

Randy Fichtner est le nouveau coordonnateur offensif des Steelers de Pittsburgh. Il prendra la relève de Todd Haley, dont les services n’ont pas été retenus à la suite de l’élimination des Steelers aux mains des Jaguars de Jacksonville dimanche dernier. Fichtner œuvre au sein du personnel d’entraîneurs des Steelers depuis 2007. Il a passé les huit dernières campagnes à titre d’instructeur des quarts, où il a développé de solides liens avec Ben Roethlisberger. Fichtner sera responsable d’une attaque qui s’est classée troisième, ou mieux encore, au chapitre des gains totaux lors de trois des quatre dernières saisons. L’homme de 54 ans Fichtner a pour la dernière fois occupé les fonctions de coordonnateur à l’attaque au niveau universitaire, à l’Université de Memphis, de 2001 à 2006.