PBR: beaucoup d'action, peu de spectateurs

Il y avait la pyrotechnie, la grosse musique, même un animateur de foule aux couleurs des Nordiques! Il y avait surtout les taureaux de 1500 livres qui ruent à répétition et les cowboys qui se font secouer comme des poupées de chiffon. Ne manquait que... le public de Québec.
Des estrades, la compétition de monte de taureaux se compare aux sports de combat, le sang en moins. De la pornographie sportive, j'oserais dire. On se met les mains devant les yeux, tout en regardant entre nos doigts pour ne rien rater. Mélange d'angoisse et d'excitation - y va-tu l'avoir?
Huit secondes, ça ne paraît pas long. Mais à regarder les 38 braves qui ont affronté la bête vendredi soir, au Centre Vidéotron, c'est presque trop. Ça demeure le temps minimum que le cowboy doit demeurer sur le dos du taureau, tout en ne se tenant qu'à une seule main, pour obtenir des points de la part des juges.
Ils étaient autour de 3000 amateurs à assister au spectacle, dispersés au premier niveau des gradins fermés à un bout. On attend le double samedi soir pour la seconde manche préliminaire et la finale, ce qui ferait 9000 spectateurs au total des deux journées.
Au jour I, ils en ont vu 13 tenir le temps minimal de huit secondes. Donc 34 % des concurrents, un sur trois. Dans le lot des vainqueurs, les vedettes établies du circuit Professionnal Bull Riders (PBR) Derek Kolbaba (89,5 points, 1er rang), Chase Outlaw (87, 2e), Jess Lockwood (85, 4e) et Matt Triplett (81,5, 10e). Aussi l'espoir québécois Zachary Bourgeois, de Saint-Tite, meilleur des trois juniors en lice avec 82,5 points.
Isabelle  «un peu déçu»
Seul Québécois parmi les 35 seniors aspirant au cercle des 10 finalistes de samedi, Éric Isabelle, de Sainte-Julienne dans les Laurentides, a chuté au bout de 6,52 secondes. «Je suis un peu déçu, je m'attendais à performer les huit secondes», a regretté le cowboy de 30 ans exilé en Alberta pour vivre de sa passion.
Croisé dans les tribunes en compagnie de ses amis, en milieu de soirée, Isabelle faisait contre mauvaise fortune bon coeur. «Les organisateurs sont allés chercher une bonne qualité de taureaux, une bonne génétique. Et d'après moi, le monde a aimé ça!» Il soulignait la présentation énergique avec les feux d'artifice et l'annonceur du Festival western de Saint-Tite, Michel Corbière, tout cela digne d'une soirée de lutte.
Rencontré deux heures avant la compétition, le monteur de sixième saison sur le circuit PBR Matt Triplett avouait souvent se sentir comme une vedette de rock. À voyager aux quatre coins de l'Amérique du Nord et en Australie chaque année, lui qui avait profité de sa matinée de vendredi pour... jouer un peu de golf, au club de La Faune, à Charlesbourg.
À 25 ans, le natif du Montana a déjà empoché plus de 750 000 $US en bourses pour ses prouesses sur le dos d'un taureau. Il se dit totalement accro à «ce sport sans sifflet. Tu ne peux pas prendre de temps mort!» insiste celui qui a vu sa saison 2016 gâchée par des blessures successives au coude, il a subi l'opération Tommy-John typique aux lanceurs de baseball, puis à l'épaule.
L'étape de Québec du circuit PBR pourrait rapporter jusqu'à 35 000 $CAN au grand gagnant de samedi soir, avec 100 000 $ en jeu au total des trois manches. Donc trois montes réussies, 24 secondes de travail. Et des centaines d'heures d'entraînement à répéter les mêmes mouvements.
Québec constitue le premier arrêt d'une tournée de neuf villes canadiennes.