Parmentier devient la quatrième joueuse originaire de l’Hexagone à triompher à Québec en 26 ans d’histoire du tournoi. Océane Dodin (2016), Marion Bartoli (2006) et Nathalie Tauziat (1993) l’ont précédée.

«Paupau» championne: «que du bonheur, tabarnac!»

La Française Pauline Parmentier est la nouvelle championne de la Coupe Banque Nationale de tennis de Québec. «C’est que du bonheur, tabarnac!» a-t-elle lancé à la foule, après son triomphe.

Dimanche midi, celle que l’on surnomme «Paupau» a pris la mesure de l’Américaine Jessica Pegula aux pointages de 7-5 et 6-2 en grande finale disputée au PEPS de l’Université Laval.

«C’est le premier mot qui m’est venu!» s’est-elle à moitié excusée devant les journalistes, pour son gros mot au micro. Mais les amateurs de tennis de Québec l’ont manifestement adoptée et la rigolade a été générale.

Même après avoir été menée 4-1 en première manche, l’athlète de 32 ans remporte son deuxième tournoi WTA de la saison. Elle qui n’avait pas savouré de titre sur le circuit majeur depuis 10 ans avant Istanbul, en avril. 

«C’est un truc de fou! À Istanbul, j’étais très émotive parce que ça faisait longtemps, mais là, c’est plus de l’euphorie. J’ai passé une super semaine, je ne pouvais pas rêver mieux», a-t-elle souri, plus que comblée par sa première visite à Québec.

La retraite repoussée

Mais peut-être pas sa dernière. Si elle a confié à la blague aux spectateurs souhaiter «s’établir ici pour quelque temps», Parmentier aimerait bien défendre son titre l’an prochain. «Je reviendrais avec plaisir. Mais c’est dans un an, bien des choses peuvent se passer», laisse-t-elle tomber.

Car malgré ses succès récents, elle avoue ne pas avoir tant de tennis encore à jouer. Alors que rien n’allait sur les courts, Parmentier avait même songé à la retraite, en début d’année. Se retirer est maintenant retourné au fond de son sac à idées.

Tachkent, où elle devait se rendre la semaine prochaine pour son prochain tournoi, en Ouzbékistan, se passera toutefois de celle qui devrait percer le top 50 et passer du 69e au 48e rang du classement mondial. Parmentier, dont le sommet personnel a été le 40e échelon en 2008, terminera plutôt sa saison avec quelques tournois plus près de la maison, en France et en Europe.

Elle reprenait l’avion dès dimanche soir, mais pas sans avoir pris «un peu de champagne en terrasse», a conclu celle qui repart plus riche de 43 000 $US.

Parmentier devient la quatrième joueuse originaire de l’Hexagone à triompher à Québec en 26 ans d’histoire du tournoi. Océane Dodin (2016), Marion Bartoli (2006) et Nathalie Tauziat (1993) l’ont précédée.

Son sympathique écart de langage n’est pas sans rappeler le «j’ai crissement bien joué» d’Amélie Mauresmo lors de son deuxième triomphe à Montréal, en 2004.

Un bond de 86 rangs

Pegula, 24 ans, de Buffalo, en était à sa première finale d’un tournoi WTA. En contrôle 4-1 dans la première manche, elle s’est effondrée pour laisser toute la place au brio de Parmentier.

«J’ai commencé à me relâcher, peut-être par nervosité, et elle a profité des occasions que je lui ai données», a résumé la finaliste déçue, qui devrait quand même trouver réconfort dans le fait de bondir de la 227e à la 141e position grâce à ses prouesses à Québec. Où Pegula a d’abord dû passer par les rondes de qualifications, ce qui faisait de son duel contre Parmentier son septième match en neuf jours. La championne en a pour sa part joué cinq.

En double, les grands honneurs reviennent aux Américaines Asia Muhammad et Maria Sanchez, gagnantes 6-4 et 6-3 aux dépens de la Croate Darija Jurak et de la Suisse Xenia Knoll, pourtant deuxièmes favorites. À souligner que Sanchez est une protégée de l’entraîneur de Québec Pier-Luc Tessier, qui a été directeur de la Coupe Banque Nationale un an, en 2016.