À 33 ans et avec encore trois saisons complètes à son contrat, Patrice Bergeron assure ne pas se voir sur les patinoires de la LNH aussi longtemps que son coéquipier Zdeno Chara, qui aura 42 ans en mars.

Patrice Bergeron «très fier» de son 1000e match

Patrice Bergeron joindra mardi soir la grande famille des joueurs qui ont disputé 1000 matchs de saison dans la LNH. Une prouesse en soi. Mais le centre des Bruins originaire de Québec accédera en plus au groupe sélect de ceux qui ont accompli l’exploit avec la même équipe.

«Je suis très fier d’atteindre les 1000 matchs. Et de le faire avec la même équipe, ça ajoute», a commenté Bergeron aux médias de Boston, après l’entraînement de lundi, s’avouant toujours un peu mal à l’aise d’avoir les projecteurs sur lui. Son travail au cours de 15 saisons dans la grande ligue a pourtant toutes les raisons d’être mis en lumière.

Sur la glace du TD Garden de Boston, face aux Islanders de New York, Bergeron deviendra le 334e joueur de l’histoire à atteindre le plateau des 1000 parties régulières dans la LNH. Ils ne sont toutefois que 58, 59 avec Bergeron, à avoir livré toutes ces rencontres dans le même uniforme.

Dans la riche histoire des Bruins, Raymond Bourque (1518), Johnny Bucyk (1436), Don Sweeney (1052) et Wayne Cashman (1027) ont aussi trempé de sueur le gilet noir et jaune plus de 1000 soirs. Par contre, à l’instar de Bergeron jusqu’ici, seul Cashman a été fidèle aux Oursons du début à la fin de sa carrière.

Le prochain à franchir les 1000 matchs avec Boston sera sans doute Zdeno Chara (926), l’an prochain, lui qui avait joué près de 500 matchs avec les Islanders et les Sénateurs avant d’aboutir chez les Bruins.

«Je me souviens du 1000e match dans la LNH de Z [Chara, en mars 2012] et je me disais que c’était beaucoup de matchs! Je ne croyais pas alors un jour me rendre là. La saison passée, j’étais aussi là lors du 1000e de mon bon ami Antoine Vermette [novembre 2017] et c’était très significatif», a affirmé Bergeron, à propos de son copain de Québec et nouveau retraité Vermette.

Une question sans réponse

À 33 ans et avec encore trois saisons complètes à son contrat, il assure ne pas se voir sur les patinoires de la LNH aussi longtemps que son coéquipier Chara, qui aura 42 ans en mars. Mais l’âge de sa retraite demeure la question dont il ne détient pas encore la réponse, dit-il.

Bergeron aurait pu atteindre ce prestigieux plateau plus tôt,sans cette saison complète perdue à cause d’un lock-out (2004-05) et une autre gâchée par une commotion cérébrale (2007-08).

Sans compter qu’il ne s’agira mardi que d’un 37e match cette saison pour le numéro 37, lui qui a été ralenti par une blessure aux côtés et à la clavicule.

Cela ne l’empêche pas de s’aligner sur une 10e saison de 20 buts ou plus, lui qui pilote cette année l’un des trios les plus productifs de la LNH entre David Pastrnak et Brad Marchand.

Auteur de 778 points dans la LNH, plus 86 autres en séries, le patineur natif de L’Ancienne-Lorette et élevé à Sillery a gagné partout où il est passé : Championnat du monde junior, Championnat du monde senior, Coupe du monde, deux médailles d’or olympiques et, surtout, une Coupe Stanley.

Ajoutez quatre trophées Selke remis au meilleur attaquant défensif de la LNH et deux sélections au Match des étoiles.

Ses meilleurs souvenirs demeurent néanmoins «les succès d’équipe et les amitiés que j’ai pu tisser au fil des années. C’est ce que je retire le plus du hockey».

Comme avec Marchand, son coéquipier depuis 10 ans, dont la personnalité exubérante semble diamétralement opposée à la sienne. «Il met de la vie autour de lui. Et il parle, alors moi je ne suis pas obligé de le faire! Je suppose que les contraires s’attirent», rigole-t-il.

Après Bergeron, le prochain à franchir le millier de matchs dans la LNH devrait être Chris Kunitz, qui en est à 996. À 39 ans, les Black-hawks de Chicago sont sa cinquième équipe.

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CE QU'ILS ONT DIT...

«Tu peux être sûr qu’il n’y a pas une seule minute de ces 1000 matchs où Bergy n’a pas donné son meilleur. C’est le genre de personne qu’il est.»

Wayne Cashman, joueur des Bruins de 1964 à 1983

«Je ne peux dire assez de bien à son sujet. En fait, je ne trouve rien de mal à dire sur lui. Il fait tout ce qu’il est censé faire et il est bon dans tout ce qu’il fait.»

Johnny Bucyk, joueur des Bruins de 1957 à 1978

«Il incarne ce qu’un Bruins est et ce à quoi un joueur doit aspirer. Il me fait penser à Ray [Raymond Bourque]. Pas juste parce qu’il y avait cette barrière de la langue au début, mais parce qu’il a émergé comme meneur et comme la voie de la conscience de ses coéquipiers.»

Don Sweeney, joueur des Bruins de 1988 à 2003 et maintenant directeur général de l’équipe

Citations tirées du site NHL.com