Sylvain St-Laurent
Avant les matches au programme lundi, David Pastrnak trônait au sommet de la liste des marqueurs de la LNH avec 25 buts. Son plus proche poursuivant, Alex Ovechkin, en a réussi 20.
Avant les matches au programme lundi, David Pastrnak trônait au sommet de la liste des marqueurs de la LNH avec 25 buts. Son plus proche poursuivant, Alex Ovechkin, en a réussi 20.

Pasta et le club des 70 buts

CHRONIQUE — À TRAVERS LA LNH / Il faut peut-être s’inquiéter, un peu. Lors des matches disputés les 3,5 et 7 décembre, David « Pasta » Pastrnak n’a pas marqué.

C’était la première fois en 2019 qu’il jouait trois matches consécutifs sans toucher la cible.

Pourquoi s’inquiéter ?

Son équipe n’a rien à craindre, dans le court terme. Les Bruins de Boston ont un confortable coussin d’une dizaine de points, au sommet du classement de la section Atlantique.

Pastrnak détient lui-même une petite avance, au sommet du classement des buteurs de la Ligue nationale. On ne peut pas tout de suite graver son nom sur le trophée Maurice-Richard, puisque l’éternel Alexander Ovechkin est à ses trousses.

On s’inquiète de ce ralentissement parce qu’on a de grosses attentes envers lui.

Dans toute l’histoire de la LNH, seulement huit joueurs ont réussi à marquer 70 buts ou plus dans une saison.

Phil Esposito l’a fait au début des années 1970. Les sept autres – Wayne Gretzky, Brett Hull, Jari Kurri, Mario Lemieux, Alexander Mogilny et Bernie Nicholls – l’ont imité durant l’âge d’or de l’attaque, entre 1981 et 1993.

Personne n’a pu s’approcher de cet exploit, depuis.

Au fait, est-il trop tôt pour en parler ?

Pastrnak a-t-il tout ce qu’il faut pour rejoindre ce club sélect ?

On obtient différentes réponses, quand on s’adresse à différents joueurs, dans le vestiaire des Bruins.

« Pasta ne va pas changer sa façon de jouer. Il est notre marqueur le plus dangereux. Je m’attends à ce qu’il continue de pousser comme il pousse depuis le début de la saison. Je suis convaincu qu’il place lui-même la barre haute. Il est un gros travailleur. La complaisance, il ne connait pas ça », commente Charlie Coyle.

Patrice Bergeron est plus prudent. « Ça ne sert à rien de lui ajouter de la pression. Nous en avons tous déjà suffisamment », dit le centre québécois.

« Moi, je me préoccupe uniquement de façon dont on joue. Je veux simplement que David, comme tous les autres, continue d’aider l’équipe. »

Ce n’est pas que Bergeron doute des capacités de son ailier droit. Bien au contraire !

« Je l’ai dit souvent. David, c’est un joueur qui peut faire encore mieux. Il est capable d’atteindre un niveau supérieur, encore. Quand je dis ça, je réalise que ça fait peur », commente-t-il.

Vingt-trois ans

Pastrnak n’est pas bien vieux. On a tendance à l’oublier, parce qu’il fait partie du premier trio des Bruins depuis un certain temps, déjà. Mais il n’est pas vieux. Il a fêté ses 23 ans le printemps dernier, quelques heures avant le début de la finale de la coupe Stanley.

Il peut donc continuer à s’améliorer.

« Moi, ce qui m’impressionne, c’est la façon dont il marque ses buts. Il obtient souvent de belles chances parce qu’il travaille fort pour récupérer des rondelles libres », explique Bergeron.

« On se souvient souvent de ses buts marqués grâce à des tirs sur réception, enchaîne-t-il. Mais il a trouvé plusieurs façons différentes de marquer, cette année. Souvent, il livre un deuxième, un troisième ou même un quatrième effort pour récupérer des rondelles perdues, en zone adverse, avant de faire un jeu. »

Là-dessus, Coyle pense un peu la même chose.

« Sa grosse force, c’est son désir de jouer au hockey de la même façon. On dirait qu’il trouve une façon de sortir un lapin de son chapeau chaque soir. »

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Bergeron ne devrait plus s’absenter

Patrice Bergeron a repris sa place dans la formation débutante des Bruins, lundi soir. Il a raté les sept matches précédents parce qu’il soignait une blessure au bas du corps. 

Il paraît qu’il faut y voir des signes de sagesse.

Plus jeune, le Québécois n’aurait pas voulu se retrouver sur la touche aussi longtemps. Il n’aime pas rater des matches. À 34 ans, il est désormais plus sage.

Quand les thérapeutes des Bruins lui donnent des directives, il écoute.

« Je suis les conseils, acquiesce-t-il. Je ne suis pas heureux quand je dois m’absenter. Je ne suis surtout pas heureux quand je dois rater des parties. »

Les Bruins n’ont pas trop souffert durant sa plus récente absence. Ils ont subi un seul revers en temps réglementaire en sept rencontres. 

Ça ne change rien. 

« Dans l’avenir, si je peux rater quelques séances d’entraînement pour m’économiser, tout en continuant à prendre part aux rencontres, c’est ce que je vais faire. Les sept matches que je viens de rater devraient m’aider à tenir le coup jusqu’à la fin de
la saison. »