Pascal-Hugo Caron-Cantin, capitaine de l'équipe de natation du Rouge et Or, espère mettre fin à sa carrière avec trois records universitaires provinciaux.

Pascal-Hugo Caron-Cantin, le nageur fera place à l'écrivain

Gueule de rockeur et tatouages, il conduit aussi une moto. S'il était lutteur, sa toune d'entrée serait Born To Be Wild. Mais au quotidien, Pascal-Hugo Caron-Cantin écrit des contes pour enfants. Et il passe le plus clair de son temps dans une piscine.
Pour ceux et celles qui s'inquiètent, son premier best-seller sortira sous le nom de P.H. Cantin. Plus simple. Mais jusqu'à nouvel ordre, il porte encore le double double. Au moins jusqu'au 26 février, dernier jour des Championnats canadiens universitaires de natation.
Point final de sa carrière de nageur. Pendant ces trois jours de compétitions à Sherbrooke, le capitaine et finissant du club de natation du Rouge et Or de l'Université Laval vise deux médailles, aux 50 mètres papillon et 50 dos.
Ce spécialiste du bassin court de 25 mètres, le bassin olympique étant de 50 m, espère aussi inscrire trois records provinciaux universitaires, ajoutant le 50 libre.
«C'est une fin avec laquelle je suis en paix, mais ça reste une fin», confie le sprinteur de 26 ans. «Ça va être bizarre. Tu te définis toute ta vie comme un nageur et, soudainement, tu dois trouver quelque chose d'autre à dire quand le monde te demande ce que tu fais dans la vie.»
Imagination débridée
Caron-Cantin avait déjà pris sa retraite, en 2013. Avec un baccalauréat en littérature en poche, il souhaitait vivre en appartement avec sa blonde, travailler et gagner de l'argent, comme tout le monde.
Il a fait tout ça. En plus de grossir, comme tout le monde. «C'est ce qui me fait plus peur pour la suite, mais maintenant, je sais à quoi faire attention» dans la nourriture, lance-t-il, sourire en coin. Plus que ses muscles, la natation en général lui manquait toutefois beaucoup trop.
La recrue universitaire par excellence au Québec en 2011-2012 est donc revenue dans l'eau pour la saison 2013-2014, armée d'un nouveau programme d'entraînement basé sur de très courts intervalles, l'Ultra Short Race Pace Training (USRPT).
Depuis, il ne cesse d'abaisser ses temps. Caron-Cantin vient d'être nommé meilleur nageur universitaire au Québec pour une deuxième année de suite.
Faut dire qu'il n'avait pas d'emploi, cette saison. Question de plonger toutes ses énergies dans la piscine. Avant de transformer ses écailles de poisson en plumes... d'écrivain.
Durant sa sabbatique, il a composé les Trousses de lecture des Éditions Passe-Temps destinées aux deuxième et troisième cycles du primaire. Il planchera maintenant sur la Trousse de deuxième secondaire, où son imagination débridée pourra voguer encore plus loin.
Ce même garçon arrivé de Chicoutimi qui, dans son examen d'entrée de première secondaire au sport-études de l'école Cardinal-Roy de Québec, avait inventé l'histoire d'un prof qui entre littéralement dans un ordinateur pour affronter aux échecs un clown caché au coeur de la machine et qui a fait planter le système informatique de l'école. Rien que ça, en sixième année.
Le jeune auteur qu'il est devenu a un beau voyage de moto aux États-Unis prévu pour l'automne. Son mémoire de maîtrise porte sur le journalisme littéraire de Hunter Thompson, auteur de Fear and Loathing in Las Vegas, ce qui l'amènera à réaliser son propre road trip au guidon de sa Ducati Scrambler.
Contrairement au requin tatoué sur son pectoral droit, Caron-Cantin ne mourra pas en arrêtant de nager. Loin de là.