Nouvel entraîneur-chef du Vert et Or de Sherbrooke, Mathieu Lecompte vise haut.

Pas douillet coach Lecompte!

«Je sais que plusieurs personnes de la ville de Québec souhaitent voir le Vert & Or sortir de là gagnant, parce qu'ils veulent voir du changement dans cette ligue-là!»
Le nouvel entraîneur-chef du football à l'Université de Sherbrooke se qualifie lui-même de «pas un douillet». Mathieu Lecompte assure ne reculer devant rien. Pas même les champions canadiens en titre. Une équipe qui, samedi soir au stade de l'Université Laval, tentera de vaincre Sherbrooke pour une 27e fois en autant de tentatives depuis la création du club francophone de l'Estrie, en 2003.
Comme joueur de ligne défensive du Vert & Or, Lecompte a été un témoin privilégié de six de ces revers aux mains du Rouge et Or, de 2004 à 2007. Puis de cinq autres comme entraîneur responsable de la ligne défensive, à compter de 2014. Le voilà à la tête du programme et il espère «changer l'ordre logique de ce qui s'est passé depuis plusieurs années», affirme-t-il en entrevue téléphonique.
Frondeur, mais pas fou
Frondeur, certes, mais pas fou. Lecompte est conscient de tout le travail à abattre pour atteindre son objectif d'offrir un premier championnat québécois au Vert & Or football, c'est-à-dire surpasser ses concurrents de Québec et de Montréal. Il s'attellera donc à la tâche dès l'ouverture de la saison, qui se tient à Québec pour sa formation.
Battre le Rouge et Or? «Statistiquement, ce n'est pas réaliste si on met ça bout à bout, dont le fait qu'ils n'ont pas eu de changement parmi leurs entraîneurs ou presque. Alors que nous commencions au jour 1 au premier jour du camp, le Rouge et Or ne commençait pas vraiment au jour 1», admet Lecompte.
«Selon les probabilités, peut-être que tout le monde pense que ça ne se fera pas», poursuit-il. «Mais la réalité, c'est que l'issue d'un match se décide du premier coup de sifflet au dernier. Quand tu joues à 100 % et que tu fais ce que tu as à faire, tes chances de gagner sont autour de 50 %.»
«Et on s'en va dans un stade où on ne sera pas mal reçus. Peu importe l'issue du match, on sait qu'il y a des gens qui veulent que le football soit en santé au Québec», ramène le patron des renards.
Faucons et fougères
Le départ de ses voisins de l'Université Bishop's pour la conférence Atlantique a d'ailleurs relancé le débat sur la parité dans le circuit universitaire québécois. Mais Lecompte ne voit qu'une seule solution : jouer sur le terrain des grands.
Depuis qu'il a pris les rênes, le personnel du Vert & Or compte sept entraîneurs à temps plein, trois de plus qu'en 2015, ainsi qu'un préparateur physique attitré à l'équipe de football, du jamais vu en 15 ans à Sherbrooke.
Parlant de jouer sur le terrain des grands, Lecompte annonce avoir convaincu quatre joueurs des Faucons du Cégep Lévis-Lauzon, l'une des quatre équipes de première division collégiale de la région de Québec, de se joindre au Vert & Or en 2018.
Recrutement dans la cour du Rouge et Or
Les joueurs de ligne à l'attaque Anthony Vandal et Olivier Côté, le maraudeur Simon Torrès et le grand receveur Philippe Plourde ont tous «accepté le défi». Lecompte avance que l'arrivée de Rémi Giguère aux commandes de la ligne offensive attirera plusieurs gros bonshommes chez le Vert & Or. Giguère jouait dans la ligue pas plus tard que l'an passé, avec les Carabins de Montréal.
Pas de doute, le Vert & Or recrutera davantage dans la capitale. «Sous tout grand chêne ne pousse que fougère!» illustre le coach de 34 ans, pour dire que plusieurs joueurs universitaires auraient de meilleures chances de s'épanouir à Sherbrooke qu'à Québec.
«Le football est tellement en santé dans la région de Québec que plusieurs jeunes peuvent rêver de jouer pour le Rouge et Or, qu'ils ont suivi en grandissant. Mais c'est maintenant à nous de leur ouvrir les yeux. Pars de chez papa et maman, sors de chez vous et viens chez nous, on va te former, mon grand!» conclut-il son plaidoyer.
Betts ne pense pas au record, mais...
Mathieu Betts a été nommé meilleure recrue au Canada en 2015, puis joueur de ligne par excellence au pays en 2016, en plus d'ajouter une bague de la Coupe Vanier au plan collectif.
En seulement deux saisons universitaires, l'ailier défensif du Rouge et Or Mathieu Betts a déjà réalisé 21 sacs des quarts-arrières adverses en saison. Une moyenne de 10,5 par tranche de huit matchs. Au terme du calendrier régulier qui s'amorce samedi soir, on arrive donc à 31,5. Exactement le record de ligue établi par Jim Aru avec Queen's de 1994 à 1998, soit cinq ans!
«Je ne me fixe pas d'objectif par saison ou par match, mais je veux mettre de la pression sur le quart. Que ce soit en déviant des ballons, en étant dans sa ligne de passe ou en réussissant un sac, c'est ma façon de contribuer à la défensive. Alors, je veux le faire le plus possible», a expliqué Betts mercredi, au sortir d'un entraînement conclu sous une douche de pluie.
Le numéro 9 de l'UL se trouve déjà dans la mire des recruteurs professionnels, même de la NFL, avec encore deux saisons à disputer avant d'être repêché. Il a été nommé meilleure recrue au Canada en 2015, puis joueur de ligne par excellence au pays en 2016, en plus d'ajouter une bague de la Coupe Vanier au plan collectif. Malgré tous ses succès, il se dit «convaincu que de regarder trop en avant peut juste me nuire. J'ai trop de respect pour tout le monde dans l'organisation, pour mes coéquipiers, pour voir plus loin que samedi. Pour moi, ça s'arrête au match contre Sherbrooke! On a travaillé trop fort depuis décembre pour commencer du mauvais pied», insiste-t-il.
Rappelons qu'en octobre 2015, la recrue Betts avait obtenu pas moins de quatre sacs dans la même rencontre face au Vert & Or, qui a toutefois changé de coordonnateur offensif cette année. Brent Bailey dirigeait l'attaque des Gaiters de Bishop's au cours des cinq dernières campagnes, l'équipe ayant accordé le plus de sacs dans le circuit québécois au cours des deux dernières années.
Notons que l'organisme canadien U Sports ne compile pas les sacs en carrière pour ses joueurs, mais seulement sur une base saisonnière.