Il sera quand même possible aux équipes de disputer des matchs hors-concours, pourvu qu’il n’y ait aucun cas de COVID dans les deux écoles impliquées.
Il sera quand même possible aux équipes de disputer des matchs hors-concours, pourvu qu’il n’y ait aucun cas de COVID dans les deux écoles impliquées.

Pas de saison de football et soccer scolaire dans Québec-Chaudière-Appalaches 

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Il n’y aura pas de saison officielle de football et de soccer scolaire dans la région de Québec-Chaudière-Appalaches. Confronté à un trop grand nombre d’écoles ne pouvant pas disputer de matchs en raison de cas de COVID-19, le RSEQ-QCA a avisé ses membres, mercredi matin, qu’il lui était désormais financièrement et logistiquement impossible de confectionner des calendriers pour l’automne afin de respecter ce fameux point 70, imposé par le ministère de l’Éducation, du Sport et des Loisirs.

Il sera quand même possible aux équipes de disputer des matchs hors-concours, pourvu qu’il n’y ait aucun cas de COVID dans les deux écoles impliquées. Le RSEQ-QCA pourra y assigner des arbitres, mais les écoles concernées devront en assumer les coûts.

«Avec le maintien de la clause 70, plus de 50% de nos équipes ne peuvent pas jouer, en fin de semaine. Ça fait un mois qu’on fait et refait des calendriers, on ne peut plus continuer ainsi. Autant au niveau financier qu’organisationnel, ce n’est plus tenable, ce n’est plus viable», indique Mathieu Rousseau, le directeur général de la branche Québec-Chaudière-Appalaches du Réseau de sport étudiant du Québec.

Le RSEQ obtient une subvention gouvernementale qui compte pour 3% de son budget. Le reste provient d’un système utilisateur-payeur, la facturation étant envoyée aux différentes ligues scolaires.

«Il est impossible de faire une planification dans les circonstances. Je dirais que 75% de nos problèmes viennent de la clause 70. Selon le calendrier qu’on avait, lundi, 50% des équipes ne pouvaient pas jouer. Depuis le début, il y a des embûches, on est arrivé au bout de ce qu’on pouvait faire pour les sports d’automne. On verra plus tard pour les sports d’hiver», ajoutait Rousseau.

Blizzard

Dans le réseau, on comprenait bien la position du RSEQ-QCA. Au Séminaire Saint-François, le directeur général a appris l’annulation de la saison par l’entremise d’un étudiant plus rapide que lui sur les réseaux sociaux…

«J’ai déjà été président de l’association, je ne peux pas leur en vouloir. Mais ils sont comme nous, ils sont attachés à une clause [70] très sournoise et qui est apparue après l’annonce du vendredi où le sport étudiant pouvait reprendre. Cette clause attache tout le monde. Chez nous, comme il y a des cas de COVID, on ne pourra même pas faire des matchs hors-concours, on ne peut rien faire à part un match intra-équipe et on tentera que ça ressemble le plus possible à un match régulier», expliquait Luc Savoie.

Il constatait que le temps se faisait tard pour les sports d’automne, mais il n’est pas rassuré pour autant pour la suite des choses.

«Je suis craintif pour les autres sports [d’hiver] à l’intérieur. Je me mets à la place des étudiants-athlètes qui ont vu leur saison prendre fin abruptement en secondaire IV, en mars dernier, et qui gardait l’espoir d’une saison en secondaire V. Ça fait quatre semaines qu’ils sont trimballés là-dedans, ça doit pourtant être les plus belles années de leur vie, qu’on leur répète… Il aurait dû y avoir une directive claire dès le début. Je le fais avec mon équipe-école, on planifie en regardant loin devant, on appelle ça de la planification stratégique», ajoutait Savoie à propos de ces règles qui changent quasiment de façon quotidienne. Il doit aussi motiver ses troupes, et ce, même s’il doit aussi trouver la sienne à travers tout cela.

Athlétiques

À la polyvalente de L’Ancienne-Lorette, on s’est réuni, mercredi, histoire de planifier les prochaines semaines. À compter de vendredi, le nom de l’école ne figurera plus sur la liste des cas de COVID et il sera possible de disputer des matchs amicaux.

«On s’y attendait, et au moins, on n’a pas perdu complètement le droit de faire du sport, on va s’arranger pour que nos joueurs ne perdent pas leur automne. On a prévu des matchs pour nos trois équipes [benjamin, cadet et juvénile], on va y aller une semaine à la fois dans l’espoir de pouvoir en jouer chaque week-end, tant que la loi le permet. Et si c’était impossible, on fera du football intra-mural à neuf, on s’organisera. Ça devient lourd, comme situation, on ne sait plus trop quoi répondre aux jeunes, mais au-delà de notre frustration, il faut les faire bouger, tout en espérant que ça ne s’aggrave pas d’ici là», notait Bernard Gravel, responsable du programme de football des Athlétiques à l’école secondaire de L’Ancienne-Lorette.

Arsenal

À l’Académie Saint-Louis, le responsable des sports se disait aussi inquiet pour les sports d’hiver, dont les saisons commencent en novembre.

«Jusqu’à mardi soir, j’ai cru qu’il y aurait une saison d’automne, j’avais espoir les négociations entre le RSEQ et le ministère pourraient faire amender la clause 70. Pourtant, on n’est qu’à un mot pour qu’il y a ait du sport scolaire. On n’a qu’à changer le mot école pour équipe. Oui, il y aurait des matchs annulés pour des cas de COVID, c’est inévitable, mais ce serait en plus petite quantité qu’actuellement», notait Daniel Fleury, un ancien joueur du Rouge et Or football tout comme Gravel.

Pendant ce temps, le sport associatif régional peut se poursuivre, et ce, même si des jeunes qui fréquentent des écoles touchées par le coronavirus y participent. Les équipes de l’Arsenal auront le feu vert à compter du 30 septembre, si aucun autre cas ne se présente d’ici là.

«Les jeunes sont déçus et frustrés. Ils se fient sur les décideurs pour les guider, pour prendre les bonnes mesures, mais en leur enlevant le sport étudiant, le gouvernement risque aussi de perdre le levier qu’il avait sur eux. Il n’y a pas un jeune qui voulait être celui qui empêcherait son équipe de jouer des matchs, personne ne voulait être responsable de cela. J’espère qu’ils [les jeunes] feront attention quand même, on va les pousser vers l’entraînement, on va les faire bouger, mais ils font du sport d’abord pour se mesurer aux autres. Je suis inquiet pour tout le sport étudiant, tant que la clause 70 sera présente», ajoutait celui, qui en dénonçant l’incohérence de cette règle, ne souhaite pas pour autant que le sport association (civil) en paie le prix.

Soccer

En plus de l’interdiction pour une école de disputer des matchs s’il y a un cas de COVID dans celle-ci, et qu’il est ou non en lien avec le sport ou l’équipe, le RSEQ avait aussi appris, ces dernières heures, que les tournois de soccer d’un jour qui avaient été planifiés ne pouvaient plus avoir lieu en raison de la limite de 25 personnes sur un lieu de rassemblement.

«Au football, c’était possible de le faire, car on accepte le principe de deux équipes, mais au soccer, c’était un tournoi, donc plus de deux équipes, alors ça ne respectait pas ce critère, ni celui de 25 personnes incluant les athlètes. Et ça devait avoir lieu dans les deux ou trois prochaines semaines, car la saison finit habituellement à l’Action de grâces», précisait le directeur général du RSEQ-QCA.