Les deux favoris, Peter Sagan et Greg Van Avermaet, qui ont terminé au premier et au second rang à Québec l'année dernière, pourraient se faire surprendre par la pluie, ce qui risquerait de transformer la course en boîte à surprises. 

Pas de rivalité entre les rivaux...

Même s'ils ont fini premier et deuxième des Grands Prix cyclistes de Québec et de Montréal l'an dernier, même s'ils sont encore les grands favoris cette année, il n'existe pas de rivalité entre Peter Sagan et Greg Van Avermaet, assurent les principaux intéressés.
«Nous ne sommes pas les deux seuls à compétitionner, pas vrai?» a dit le Slovaque Sagan, un homme de peu de mots, pendant la conférence de presse des leaders, mercredi, au Château Frontenac. «Il y a beaucoup de bons cyclistes ici.» L'an dernier, il s'était imposé à Québec au terme d'un sprint, tout juste devant Van Avermaet.
«C'est comme le dit Peter», a confirmé le Belge de 32 ans, premier à Montréal en 2016, tout juste devant Sagan. «[Mais] je n'aurais aucun problème à obtenir les mêmes résultats que l'an dernier.»
Sagan avait mercredi l'attitude qu'on lui connaît : blasé, confrontant, mais un brin souriant. Quand il est comme ça, c'est qu'il va gagner, a lancé en substance un journaliste étranger.
Il y a un an, le double champion du monde avait répété à qui voulait l'entendre ne pas être en grande forme. Il a d'ailleurs affirmé mercredi avoir été chanceux de l'emporter.
Chanceux ou pas en 2016, le cycliste de 27 ans se présente cette année après avoir triomphé dans le classement aux points de ses deux dernières épreuves, le Tour de Pologne et le Tour BinckBank. Et il est sans doute plus reposé : son Tour de France a été de courte durée, puisqu'il a été disqualifié pour avoir donné un coup de coude à Mark Cavendish lors d'un sprint à la quatrième étape.
Pas de course favorite
Lorsqu'on lui demande s'il préfère la course de Québec ou celle de Montréal, il répond : «Je préfère avoir de bonnes jambes.» Ce qui est généralement le cas. «Je me sens toujours bien quand je ne suis pas sur un vélo. Mais sur le vélo, tu dois souffrir. On verra», a lancé Sagan, de l'équipe Bora-Hansgrohe, sans qu'on puisse déterminer s'il était pince-sans-rire...
Quant au champion olympique Van Avermaet (BMC Racing), il est toujours dans le coup au Québec, comme le démontrent ses huit tops 10 en carrière dans les deux courses et ses trois podiums dans la capitale au cours des trois dernières années.
«J'aime les classiques, les courses d'un jour. J'aime l'atmosphère, il y a beaucoup de monde qui va voir la course», a affirmé le meneur au classement mondial et au classement de l'Union cycliste internationale. Impossible pour le Belge de déterminer s'il préfère Québec ou Montréal. «Les deux épreuves sont bonnes pour moi.»
Un élément pourrait toutefois venir tout chambouler, vendredi : la pluie. L'avantage de Sagan et Van Avermaet s'évaporerait soudainement, transformant l'épreuve en boîte à surprises. «Ce serait quelque chose de différent, c'est certain», analyse Sagan, qui a fait couper sa tignasse. «J'ai toujours fait cette course dans des conditions sèches. C'est sûr que ça pourrait avoir une grande influence.» Le parcours sinueux et en pentes de Québec serait particulièrement glissant.
Les deux favoris auront de la compétition venue de tous les côtés. Parmi les hommes à surveiller, le Colombien Rigoberto Uran, vainqueur à Québec en 2015. Le coureur de Cannondale a l'habitude des coups d'éclat à Québec. Il y a deux ans, il avait attaqué devant le Château Frontenac et n'avait pas été inquiété. Il a tenté un coup similaire l'an dernier, avec moins de succès.
«C'est une course que j'aime beaucoup. Et cette année, je suis en forme optimale», a prévenu Uran, deuxième du dernier Tour de France, par le biais d'un interprète.
Les deux «coqs» blaguent... avant la négociation
«On paye toujours trop cher à Serge [Arsenault], mais ça vaut la peine.» Lancée en boutade par Régis Labeaume, cette phrase cache malgré tout une réalité incontournable : le contrat entre la Ville de Québec et le Grand Prix cycliste vient à échéance en 2018, et les deux parties devront éventuellement négocier.
«Je lui mets de la pression», a poursuivi le maire de Québec en point de presse, toujours sur un ton blagueur, parlant du président des épreuves cyclistes de Québec et de Montréal. «Honnêtement, en 10 ans, au niveau de la vente de Québec et de ses atouts, je pense qu'il n'y a pas de meilleure entente que celle-là. Elle est très, très payante», a ajouté M. Labeaume, rappelant que le Grand Prix est télédiffusé aux heures de grandes écoutes en Europe. Et que les beautés de Québec y sont en vedette. Le maire espère une entente de quatre ou cinq ans, histoire de «stabiliser» le rendez-vous.
Les négociations n'ont toutefois pas débuté entre MM. Labeaume et Arsenault. «Serge a fait des déclarations publiques, alors je fais les miennes. On est comme deux coqs qui se préparent», a-t-il lancé en riant. «Il pourrait payer le même chiffre en euros», a rétorqué Arsenault, blaguant à son tour. «J'aime beaucoup le maire de Québec parce qu'il a un grand sens de l'humour. Lorsqu'on aime quelqu'un, c'est normalement du diamant qu'on lui offre», a-t-il illustré. Les négociations seront très simples, assure M. Arsenault. «Ce sera oui ou non.»
Quant aux grands projets dont il rêve depuis quelques années, ils sont toujours vivants. Mais il reste fort à faire pour voir trois épreuves disputées à Québec, ou encore pour que l'organisation du Grand Prix mette sur pied une course dans le nord-est américain. Dans ce dernier cas, «il y a toujours la volonté, mais il a fallu retirer le pied de l'accélérateur», a dit Arsenault, constatant une nouvelle fois le côté archaïque et conservateur du monde cycliste.