Pas de combats faciles au TKO 43

«Vous ne verrez pas de gros Mexicains ici!» lance Stéphane Patry, à deux semaines de son gala d’arts martiaux mixtes présenté au Centre Vidéotron, le 4 mai.

Bon. Les arts martiaux mixtes, ce n’est pas comme la boxe. Se monter une fiche en affrontant des faire-valoir n’existe pas ou peu dans l’octogone. Les 14 combats au programme à Québec devraient pouvoir aller d’un côté comme de l’autre.

Logique : tous les combattants en action seront sous contrat avec le même promoteur, TKO, organisation dirigée par Patry. Donc, peu importe qui gagne, le patron est content. «En arts martiaux mixtes, c’est plus honteux de gagner contre un jambon que de perdre», résume Patry.

Les vrais amateurs de sports de combat savent à quoi s’attendre de ce TKO 43. Mais le promoteur craint que des galas de boxe, comme le plus récent tenu au Centre Vidéotron avec quelques Mexicains bedonnants donnés en pâture aux étoiles locales, puissent nuire à sa vente de billets auprès de monsieur et madame Tout-le-monde.

Ce qui n’empêchera de voir un duel se clore au bout de 31 secondes, comme ce fut le cas lors dudit gala de boxe, sur un premier coup de poing armé de légers gants de quatre onces.

Il y aura quand même plusieurs produits locaux dont le promoteur espère sans doute la victoire. Au premier chef, son champion TKO des 185 livres, Marc-André Barriault (9-1), de Québec, qui livrera sa première défense de ceinture face au Vancouvérois Brendan Kornberger (9-3).

«Il est numéro un dans l’Ouest canadien et moi, je suis numéro un ici. Je veux solidifier mon statut de numéro un au pays dans la catégorie. Je me suis entraîné fort, j’ai travaillé fort, j’ai combattu fort toute la dernière année. C’est le moment de montrer, ici, au Centre Vidéotron, de quoi je suis capable», a affirmé Barriault, jeudi matin, lors de l’entraînement public tenu au Nova Gym des Galeries de la Canardière.

Barriault, 28 ans, se voit accéder à la grande ligue, l’Ultimate Fighting Championship (UFC), avant 30 ans. Ce duel entre «les deux meilleurs poids moyens à l’extérieur de l’UFC», aux dires de Patry, devrait l’en approcher, advenant une victoire.

Pour le plaisir d’Angel

Patry avait réuni plusieurs de ses protégés de la capitale pour le plaisir des médias. Et du petit Angel Racicot. Du haut de ses six ans et demi, le gamin de Beauport est déjà adepte de jiu-jitsu, il a une compétition à Montréal vendredi, et se voit un jour champion de combats ultimes. Sur place avec papa, un simple fan, celui qui se surnomme «Gorilla» ratait la classe pour voir ses idoles.

Dont Jonathan Meunier (8-1), autre tête d’affiche dans un combat de cinq rounds pour le titre vacant des 170 livres, contre le Brésilien Pedro Gostinski Jr (11-1). Seul athlète de Québec à avoir atteint l’UFC, Meunier vient d’en être exclu pour une raison médicale, une opération qui remonte à 2010. Il ne s’est pas battu depuis novembre 2016.

«Ceux qui m’affrontent ont tout à gagner, je deviens une référence pour eux. Je reste amer de cette expérience-là et je veux leur faire regretter [au UFC] de m’avoir laissé tomber», dit le natif de Loretteville, qui cherche maintenant un tremplin vers les ligues payantes asiatiques ou russes.

Meunier possède une boutique de mode, tatouage et perçage, sur la rue Racine. C’est là que travaille Jade Masson-Wong, qui fera ses débuts pros dans l’octogone. La blonde de Barriault et fille de l’agent d’immeuble Perry Wong — il l’appelle son «petit bijou» —, Masson-Wong compte bien faire son propre chemin jusqu’au sommet de sa catégorie.

«J’ai commencé la boxe à 13 ans, plus pour la mise en forme, mais dès mon premier combat de kickboxing, j’ai eu la piqûre! Me rendre jusqu’aux professionnels était déjà mon objectif. Maintenant, mon copain et moi, on aimerait arriver à vivre de ça. On va pousser là-dedans le plus possible», se croise-t-elle les doigts.

Elle affronte l’Ontarienne Maggie Poulin (0-0), qui l’avait vaincue par décision chez les amateurs, défaite que Masson-Wong voudra venger.