Parti de la 14e position, Lewis Hamilton a su remonter le peloton, profitant au passage de l'abandon de Sebastian Vettel, pour se hisser en tête et remporter le Grand Prix d'Allemagne.

Parti 14e, Hamilton remporte le GP d'Allemagne

MONTRÉAL — Dame Nature s’est chargée de relancer la course au championnat des pilotes de Formule 1, dimanche.

Une averse survenue à la mi-course a semé le chaos au sein du plateau, et le meneur à ce moment-là, le pilote Ferrari Sebastian Vettel, en a été la principale victime. Pendant ce temps, le pilote Mercedes Lewis Hamilton, son rival au championnat, en a profité pour remporter le Grand Prix de Formule 1 d’Allemagne.

«Les miracles peuvent se produire!», s’est exclamé Hamilton sur les ondes radio de Mercedes en franchissant le fil d’arrivée.

Comme si cette course n’avait pas été assez rocambolesque, les commissaires ont convoqué le Britannique quelques heures après l’épreuve pour une audience après qu’il eut enfreint la ligne de démarcation entre l’entrée des puits et la piste de course, au 53e tour, en raison d’un problème de communication entre l’écurie et lui. Les commissaires ont éventuellement décidé de maintenir sa victoire, mais de lui servir un avertissement.

Il s’agissait de la troisième victoire de Hamilton en carrière à Hockenheim, et de sa 67e en carrière. Celle-ci lui permet également de reprendre les commandes du championnat, avec 17 points d’avance sur le pilote de la "Scuderia".

Le coéquipier de Hamilton, Valtteri Bottas, a complété le doublé pour Mercedes, devant le pilote Ferrari Kimi Raikkonen. Max Verstappen, sur Red Bull, et Nico Hulkenberg, sur Renault, ont complété le top 5.

«Quand Seb est sorti de piste, j’ai cru que j’aurais une bonne chance (de l’emporter), mais la sortie de la voiture de sécurité est arrivée à un moment plus opportun pour Lewis — il est demeuré en piste et j’ai dû entrer aux puits pour changer mes pneus», a expliqué Bottas.

«Ç’a été une course périlleuse sous la pluie, car la piste est devenue glissante. J’ai été ralenti par une Sauber et Valtteri m’a dépassé. C’est décevant», a renchéri Raikkonen.

Erreur coûteuse de Vettel

Il s’agit d’un résultat crève-cœur pour Vettel, qui menait par huit points au championnat des pilotes avant la course. L’Allemand, qui avait connu un départ propre après être parti de la position de tête, a semblé être surpris par la pluie. Chaussée de gommes tendres, sa Ferrari a tout simplement été incapable de négocier le virage à l’entrée du stade de Hockenheim au 51e tour, et elle a terminé sa course contre le muret de sécurité.

Chaussée de gommes tendres, la Ferrari de Sebastian Vettel a tout simplement été incapable de négocier le virage à l’entrée du stade de Hockenheim au 51e tour, et elle a terminé sa course contre le muret de sécurité.

Vettel, conscient de l’impact de sa bourde sur la course au championnat, n’a pu retenir ses émotions et a frappé à plusieurs reprises avec ses poings sur le volant de sa Ferrari.

«C’est une façon moche de terminer une course, a reconnu Vettel, visiblement déçu. Jusqu’à ce moment-là, tout allait bien. Puis, une petite erreur a provoqué un impact majeur.»

Pendant ce temps, Hamilton, qui s’était élancé de la 14e place sur la grille de départ après que sa voiture ait été ennuyée par un pépin hydraulique en qualifications, a calmement remonté le plateau jusqu’en troisième place, au moment de l’averse. Il a ensuite profité de la gaffe de Vettel et des arrêts aux puits de ses adversaires pour se propulser en tête.

«C’était très difficile de partir d’aussi loin, mais tu dois y croire, a mentionné le Britannique, le sourire accroché aux lèvres. J’ai poussé sans cesse, et ça (la victoire) s’est concrétisé.»

Encore des problèmes chez Williams...

Derrière, plusieurs pilotes ont aussi valsé sous la pluie. Ce fut le cas du pilote Sauber Charles Leclerc, qui a effectué un tête-à-queue complet avant de repartir dans la bonne direction, et du pilote Force India Esteban Ocon. Ces erreurs de pilotage n’ont toutefois pas eu de conséquence.

Pour sa part, Lance Stroll a été contraint à l’abandon, tout comme son coéquipier chez Williams Sergey Sirotkin.

«Nous avons dû arrêter lorsque la pluie s’est mise à tomber afin de chausser des pneus intermédiaires, a d’abord dit Stroll. Puis, nous avons eu des problèmes de freins, et j’ai dû arrêter. C’est dommage de ne pas avoir pu nous rendre jusqu’au bout.»

À l’instar de Hamilton, le pilote Red Bull Daniel Ricciardo est lui aussi parti en fond de grille puisqu’il a remplacé des éléments de leur groupe motopropulseur vendredi. Il n’a toutefois pas connu autant de succès que le champion en titre, et a été contraint à l’abandon au 29e tour en raison — lui aussi — d’un problème mécanique.

Les pilotes devront maintenant disputer une dernière course en Hongrie la semaine prochaine, avant de bénéficier de la traditionnelle pause estivale de trois semaines en F1.

+

«LA FIN D'UNE ÉPOQUE»

ROME — La presse et une partie de la classe politique italienne saluaient dimanche «la fin d’une époque» avec le départ de Sergio Marchionne, patron emblématique de Ferrari pendant 14 ans, mais désormais «en fin de vie».

«Marchionne, la fin d’une époque», titrait le Corriere della Serra au lendemain des conseils d’administration qui ont désigné ses successeurs à la tête de Fiat Chrysler (FCA), Ferrari et CNH Industrial, les trois groupes contrôlés par la famille Agnelli.

Hospitalisé à Zurich depuis une opération fin juin à une épaule, Sergio Marchionne, 66 ans, a souffert de complications en série jusqu’à une nouvelle «détérioration» vendredi, «cette fois-ci sans retour. Le patient ne réagit plus», selon La Repubblica.

En 14 ans, Sergio Marchionne a profondément remodelé Fiat, le premier employeur privé d’Italie, d’abord en redressant l’entreprise, puis en l’alliant en 2009 à l’américain Chrysler, tout en détachant d’une part les activités gros engins-camions en 2011 pour créer CNH Industrial et d’autre part le joyau Ferrari en janvier 2016.  AFP