Marie-Ève Croteau a repris ses titres de championne canadienne sur route et du contre-la-montre aux Nationaux, il y a une quinzaine de jours, à Lac-Mégantic.

Paracyclisme: la douce revanche de Marie-Ève Croteau

Incapable à cause de blessures de défendre ses titres de championne canadienne sur route et du contre-la-montre aux Nationaux de 2013 - des honneurs qu'elle avait remportés en 2011 et 2012 - Marie-Ève Croteau a pu prendre une douce revanche lors du grand rendez-vous national présenté il y a une quinzaine de jours à Lac-Mégantic. Mais plus que ses deux victoires, ce sont ses performances qui lui ont apporté la plus grande satisfaction.
«On se le cache pas, mon objectif était de ramasser les deux maillots», a expliqué la paracycliste originaire de Charlesbourg. «Ce fut donc mission accomplie. Mais outre les médailles, le plus beau dans tout ça c'est vraiment les courses en soi et la manière dont j'ai géré les deux épreuves. Le parcours représentait pour moi une grande difficulté. Il était très côteux et les inclinaisons étaient importantes. Ça jouait de 6 à 10 degrés.»
Marie-Ève a expliqué qu'en compétition, son handicap la limite à n'utiliser qu'un bras et une jambe. Elle ne peut donc pas monter sur ses deux jambes pour pousser ou utiliser ses deux bras pour tirer, comme le font la majorité des cyclistes. 
«Le parcours de Lac-Mégantic n'était pas fait pour moi. Mais pendant toutes mes courses, j'ai utilisé les bons braquets et j'ai fait les changements aux bons moments. Ma plus belle réussite aux Nationaux a été mon efficacité, ma puissance, mon endurance, ma vélocité et ma cadence. Ce fut donc pour moi mission accomplie sur toute la ligne.»
La championne a mentionné qu'elle n'avait ressenti aucune pression au moment de prendre le départ des deux épreuves aux Nationaux. Elle a indiqué que les deux championnes de 2013 avaient tout le poids sur leurs épaules. «Ce sont elles qui avaient le maillot. Et ce sont elles qui devaient le défendre. Moi, ce que je désirais, c'était de les récupérer. C'était gros comme objectif, mais c'était réalisable. Tout avait été mis en branle pour que j'y arrive. J'étais plus forte physiquement, j'avais un bien meilleur bagage technique et j'avais plus d'expérience. J'étais donc bien armée.
«On dirait que maintenant, chaque fois que je suis sur la ligne de départ, je suis zen. Je n'ai pas de stress, je suis reposée et détendue. La raison, c'est parce que j'exécute tout ce que m'a dit de faire mon entraîneur. Je suis son protocole à la lettre.»
Globe de cristal
Grâce à ses succès aux championnats canadiens, deux de ses plus belles courses en carrière, Marie-Ève a pu constater qu'elle n'avait pas encore atteint son plein potentiel. Une perspective qui a gonflé à bloc sa confiance et son désir de performer. 
«Et c'est là qu'il faut faire attention. C'est quand tu en veux encore plus, que tu as des excès de confiance et  que tu ne lèves pas le pied de sur l'accélérateur que le risque de blessures augmente. Il faut savoir contrôler son enthousiasme.»
L'athlète de 35 ans ambitionne de prendre part aux Jeux olympiques de Rio en 2016. Elle compte aussi être aux Jeux panaméricains disputés l'année prochaine. «Je trouve ça le fun. J'ai hâte. Je suis déjà fébrile. Deux ans, ça passe vite. Et si la santé, la passion et le désir sont là, pourquoi arrêter là? En poussant un peu plus, je pourrais aller aux Jeux de 2020 à Tokyo.»
À court terme, Marie-Éve ne chômera pas non plus. Elle quittera la région dimanche pour prendre la direction de l'Espagne où elle disputera une épreuve du circuit de la Coupe du monde. Avec deux victoires en poche depuis le début de la campagne, elle détient le maillot blanc de meneuse. 
«Ma dernière compétition internationale avant les Mondiaux qui auront lieu en Caroline du Nord. Je pense qu'avec une bonne performance, je pourrais m'assurer du Globe de cristal de championne de la saison.»