En raison de la naissance toute récente de bébé Amanda, de son boulot au port de Québec et de son travail en gymnase, Sébastien Bouchard avoue qu’il n’a pas eu le temps voulu pour étudier son prochain adversaire, le Bosniaque Sladan Janjanin.

Papa s’en va boxer à Toronto

Avec le bébé, le boulot et l’entraînement, Sébastien Bouchard avoue ne pas avoir encore analysé son adversaire de samedi en détail. Mais ce n’est pas ce qui rendra le boxeur de Québec nerveux.

«On va s’ajuster entre le premier et le deuxième round!» a résumé en souriant le poids mi-moyen, mercredi, à la veille de son départ pour Toronto. Samedi soir, en sous-carte du combat de championnat du monde WBC opposant Adonis Stevenson à Badou Jack, Bouchard (15-1, 5 K.-O.) affrontera le Bosniaque Sladan Janjanin (24-2, 18 K.-O.).

Le Soleil lui a rendu visite dans son petit coin de paradis, au fin fond de L’Ange-Gardien, sur la Côte-de-Beaupré. Un nid douillet où lui et sa chère Natacha câlinent leur bébé naissant de 12 jours, la petite Amanda. Tout pour vouloir passer plus de temps à la maison, mais pas pour autant entamer sa passion sportive.

«C’est tellement frais que pour l’instant, la paternité ne change pas mes projets. Même que si je veux passer à un autre niveau, je devrai bientôt prendre une année sabbatique pour me concentrer juste sur la boxe», constate l’athlète de 31 ans, disant adopter un style qui n’use ni son corps ni sa tête.

N’empêche qu’il devra un jour cesser de courir deux lièvres à la fois, en même temps opérateur au port de Québec et boxeur professionnel. «Ça va me prendre de meilleures bourses et plus de commanditaires, mais si je veux affronter des gars qui gagnent leur vie avec ça et qui s’entraînent sept jours sur sept, je me devrai d’être au même niveau qu’eux», explique Bouchard.

Le pugiliste qui a adopté la culotte rose dès son premier combat professionnel, en 2011, puis les gants de la même couleur depuis 2013, sait que Janjanin a la capacité de cogner dur. Ses 18 victoires par mise hors de combat en témoignent.

Mais le Bosniaque de 27 ans a aussi encaissé ses deux revers avant la cloche finale, dont la plus récente en mars. En 2016, Bouchard a vu le Montréalais Steven Butler, «un grand gars qui cogne très lourd», soumettre Janjanin en moins de trois rounds.

«Moi, je ne m’en vais pas là-bas avec l’intention de le knocker. J’y vais pour le boxer et le faire mal faire paraître», établit-il, conscient que son faible taux de victoires par knock-out l’empêche de sauter des étapes. Mais à ce stade-ci de sa carrière, il reste convaincu que la victoire prime sur le spectacle.

Remis à 100 %

Surtout que son dernier combat remonte à 15 mois, février 2017. Le peu de galas organisés par son promoteur, GYM, dans la dernière année, jumelé à une rupture du biceps droit subie à l’entraînement en août a étiré sa période d’inactivité.

Il se dit remis à 100 %, sauf peut-être une légère hésitation sur le crochet droit au corps. «Mais une fois dans le combat, elle va y aller», assure celui qui a été opéré par la chirurgienne orthopédiste Marie-Ève Roger, spécialiste en médecine sportive.

Adversaire actif

Dans l’autre coin, Janjanin en sera à son troisième affrontement en 12... semaines! Il s’est battu deux fois en mars, une défaite pour le titre méditerranéen et une victoire expéditive en deux rounds.

Janjanin a l’habitude d’être plus lourd que les 150 livres prévues au contrat pour la pesée de vendredi, 156 pour celle de samedi. L’adversaire de Bouchard a boxé à 168 livres en décembre dernier, un poids que le Québécois n’a pas atteint en combat depuis les rangs amateurs.

Qu’importe, Bouchard craint beaucoup plus la rapidité chez un opposant que sa force de frappe. Et sa nouvelle diète cétogène, c’est-à-dire forte en gras et faible en sucre, lui fournit davantage d’énergie.

Dans la Ville reine, il sera entouré de ses entraîneurs François Duguay et Maxime Simard, ainsi que de son préparateur physique Jonathan-Dale Huard, l’équipe du club Empire de Sainte-Foy.

Mikaël Zewski, Oscar Rivas et Christian M’Billi vont aussi boxer sur cette carte présentée au Centre Air Canada.

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THIBAULT CONTRE UN ARGENTIN DE 39 ANS

Le choc entre David Lemieux et le Français Karim Achour se prépare pour Québec le 26 mai, au Centre Vidéotron. La carte annoncée mercredi compte 12 combats. La vedette locale sera Vincent Thibault (4-0, 2 K.-O.). Le gaucher de 25 ans de Charlesbourg affrontera un Argentin de 39 ans avec 70 combats professionnels, Carlos Jerez (45-21-4, 18 K.-O.). À son cinquième duel pro, Thibault passe de quatre à six rounds. Il a un autre combat prévu quatre semaines plus tard, le 23 juin, à Montréal.

Sébastien Roy (3-0, 1 K.-O.), de Thetford Mines, offrira aussi une deuxième prestation dans l’amphithéâtre de Limoilou, contre Patrick LaFleur (1-2-1, 1 K.-O.), athlète de Sherbrooke établi à Edmonton. Tous issus des gymnases québécois, Custio Clayton, Batyr Jukembayev, Erik Bazinian, Adranik Grigoryan, Nurzat Sabirov, Arslanbek Makhmudov, Raphaël Courchesne, Saddridin Akhmedov et Ariane Goyette feront également les frais des préliminaires. Échaudé par la faible opposition offerte par certains boxeurs mexicains le 7 avril à Québec, le promoteur Eye of the Tiger a cette fois retenu cinq Argentins et seulement trois Mexicains pour affronter ses poulains.