Laurent Dubreuil, natif de Saint-Étienne-de-Lauzon, se concentre sur les quatre étapes d’automne du circuit mondial, pour lesquelles il quittera Québec le 9 novembre.

Papa Laurent Dubreuil s’en va patiner loin, loin

Laurent Dubreuil suit sa routine d’automne. Pour une neuvième année consécutive, le patineur de vitesse longue piste de Lévis part bientôt en Europe, pour la saison de Coupe du monde. Mais pour la première fois, il laisse derrière lui un bébé. Sa belle Rose a trois mois et demi.

«Ce qui m’inquiète le plus, c’est de m’ennuyer beaucoup et pendant longtemps. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas été parti plus que deux semaines et j’ai trouvé ça long. Là, ce sera cinq semaines et trois jours», confie l’athlète de 27 ans au Soleil, avec la précision de celui qui comptera les dodos.

Il y aura la fatigue du nouveau papa qui ne dort pas aussi bien qu’avant.

«Avant mon premier camp d’entraînement, en août, Rose a eu sa pire nuit! Je partais le lendemain matin tôt. Je suis arrivé à Calgary complètement cassé», raconte celui qui se réjouit que la petite fasse dorénavant pas mal toutes ses nuits.

Dubreuil a aussi le soutien complet et total de son amoureuse, Andréanne Bastille, elle-même une ex-patineuse d’élite. Les deux filles devraient le rejoindre aux Pays-Bas en mars, pour les finales de la Coupe du monde. Mais c’est encore loin. Papa sera de retour bien avant.

Longtemps sans médaille

L’orgueil de Saint-Étienne-de-Lauzon doit d’abord se concentrer sur les quatre étapes d’automne du circuit mondial, pour lesquelles il quittera Québec le 9 novembre. La Coupe du monde de longue piste s’arrête d’abord à Minsk, en Biélorussie, du 15 au 17 novembre, avant de se déplacer à Tomaszów Mazowiecki, en Pologne, du 22 au 24 novembre, à Nur-Sultan (anciennement Astana), au Kazakhstan, du 6 au 8 décembre, et à Nagano, au Japon, du 13 au 15 décembre.

Dubreuil se produira toujours aux épreuves de 500 et 1000 mètres, où il a chaque fois fini deuxième lors des récentes sélections canadiennes. Comme par le passé, il fonde plus d’espoir sur la plus courte distance. Là où il a connu ses grands succès en carrière : un record du monde chez les juniors, en 2012; le deuxième rang du classement de la saison de Coupe du monde, en 2014-2015; sa seule victoire en Coupe du monde en carrière, en 2017.


« Ce qui m’inquiète le plus, c’est de m’ennuyer beaucoup et pendant longtemps. Jusqu’à maintenant, je n’ai pas été parti plus que deux semaines et j’ai trouvé ça long. Là, ce sera cinq semaines et trois jours »
Laurent Dubreuil

Ce triomphe du 11 novembre 2017, à Heerenveen, aux Pays-Bas, s’avère aussi sa dernière médaille récoltée sur la scène internationale.

«L’an passé, je n’ai pas eu de médaille. Ça fait trop longtemps», atteste-t-il, étant son plus sévère critique.

«Mon premier objectif sera la constance. Mais sur 500 mètres, être constant en 10position, ça ne m’intéresse pas. Je n’ai pas très bien performé aux sélections [34,53 secondes], j’aurais pu faire deux ou même trois dixièmes de mieux. J’ai les jambes pour une médaille en Coupe du monde», assure Dubreuil.

Une demi-seconde, une vie

Sur 1000 mètres, il a enregistré son troisième chrono en carrière (1 min 7,78 s), il y a une semaine. «De loin mon plus vite à ce temps-ci de l’année», dit Dubreuil, tout en demeurant réaliste sur ses chances de déjouer la hiérarchie mondiale plus établie que sur 500.

«Si je me tiens autour du 8e ou 10e rang, je serai content. Ça va peut-être débloquer au 1000, j’espère gagner une demi-seconde et là, je serais proche d’un podium. Mais ça peut prendre une vie pour couper cette demi-seconde-là!» constate-t-il.

Il fera partie d’un contingent réduit d’une quinzaine de patineurs canadiens à ces Coupes du monde, dont six Québécois. La jeune Béatrice Lamarche, de Sainte-Foy, participera aux trois premières étapes. Antoine Gélinas-Beaulieu, de Sherbrooke et basé à Québec, est du voyage. En l’absence d’anneau à Québec, le futur Centre de glaces devant ouvrir à la fin de l’automne 2020, leur préparation ne sera pas optimale.

Les autres Québécois sont Valérie Maltais, David La Rue et Alexandre Boisvert-Lacroix. Isabelle Weidemann, Ivanie Blondin et Ted-Jan Bloemen, aussi devenu père récemment, sont les espoirs de médailles parmi les patineurs canadiens.