À 71 ans, Fernand Marcotte sera intronisé mardi au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec. On le voit ci-dessus avec Denis Perreault et Eric Martel Bahoeli en janvier dernier.

Panthéon des sports du Québec: des frissons pour Fernand Marcotte

Même à 71 ans et avec une longue carrière dans le domaine de la boxe qui l’a mené à se battre contre le légendaire Sugar Ray Leonard, Fernand Marcotte avoue qu’il a des frissons quand il pense au fait qu’il sera intronisé mardi soir au Temple de la renommée du Panthéon des sports du Québec.

«Je t’en parle et j’en ai encore des frissons. C’est quelque chose de gros, c’est tout un honneur», déclare le natif de Québec, qui continue de donner des cours, mais qui utilise maintenant l’entraînement de boxe afin d’aider des gens à se remettre en forme plutôt que de prendre des pugilistes sous son aile.

Au nom du père

«Moi, quand j’ai commencé, mon père était mon entraîneur et il était très sévère», raconte-t-il à propos de son paternel, un ex-militaire devenu boxeur amateur, puis entraîneur après la Seconde Guerre mondiale. «Quand tu es jeune, il y a bien des choses que tu ne comprends pas, comme qu’il faut que tu te couches et que tu te lèves de bonne heure pour réussir dans ce sport», ajoute celui qui donne encore beaucoup de crédit à Fernand Sr, décédé en novembre 2008 à l’âge de 84 ans.

«Je ne l’ai jamais vu boxer, mais il a bien géré ma carrière. Tout passait par lui et par son associé Robert Desfossés, qui était mon gérant d’affaires», se souvient Marcotte, dont la mère, âgée de 92 ans, est toujours vivante. «C’est beaucoup grâce à mon père si j’ai eu cette carrière. Il me disait que si j’étais “droite”, ça irait bien», poursuit celui qui aura donc une pensée pour lui mardi soir.

«C’est assez incroyable, la carrière que j’ai eue», ajoute-t-il à propos des nombreux combats qu’il a disputés, 69 selon le site Web boxrec.com, qui se sont soldés par une fiche de 51 gains, 14 revers et quatre matchs nuls.

«Quand je me promène dans la rue, il y a plein de gens que je ne connais pas qui me disent bonjour, dont des jeunes pour qui c’est impossible qu’ils m’aient vu boxer. Dans ce temps-là, je sais que c’est probablement leur père qui suivait mes combats et qui leur a parlé de Fernand Marcotte.»

Fernand Marcotte en 1976

Rivalité Québec-Montréal

On lui parle encore de son combat, le seul où il s’est fait passer le K.-O., contre Sugar Ray Leonard, bien sûr, mais aussi de ceux contre les Montréalais Eddie Melo et Donato Paduano.

«Quand je montais dans le ring contre ces gars-là, ce n’était pas seulement Fernand Marcotte, c’était Québec contre Montréal. La rivalité était bien présente, un peu comme la rivalité Canadien-Nordiques. Et ces combats étaient plus payants justement à cause de la rivalité qui faisait qu’ils attiraient de plus grandes foules», explique-t-il.

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Les combats de Marcotte contre Melo attiraient des foules toujours plus nombreuses à chaque revanche. Après avoir perdu contre le Montréalais d’origine portugaise à l’Auditorium de Verdun en 1978, Marcotte a remporté la victoire en 1979 au Forum de Montréal et soutiré un match nul dans le troisième choc entre les deux pugilistes qui se déroulait... au Stade olympique en 1980! Quant à Paduano, à qui il s’est frotté plus tôt dans sa carrière, le premier affrontement n’a pas fait de maître et, dans le second, le représentant de la métropole a eu le dessus.

«Gagne ou perd, j’ai toujours été un gros vendeur de billets parce que je livrais des combats spectaculaires», ajoute celui qui avoue suivre un peu moins la boxe professionnelle même s’il assiste à presque tous les galas. Il demeure aussi associé à ce sport par les cours qu’il offre au grand public. «Je suis entraîneur pour la mise en forme, souvent des personnes âgées, des femmes, plusieurs personnes qui n’ont pas du tout l’intention de monter dans un ring. La réalité, c’est que l’entraînement de boxe est l’entraînement le plus complet. J’ai aidé plusieurs personnes à perdre du poids», indique fièrement le toujours solide septuagénaire.