Le plateau des 1000 points démontre à quel point Alex Ovechkin est un joueur dominant, à une époque où les systèmes de jeu et le talent des gardiens limitent considérablement les exploits offensifs.

Ovechkin, un plateau après l'autre

Si tout se déroule bien pour Alexander Ovechkin, il pourrait rejoindre Maurice Richard lundi soir, à Montréal, dans la hiérarchie des buteurs de l'histoire. Si tout se déroule vraiment bien, il pourrait même dépasser le «Rocket» chez lui. Et s'il connaît une soirée colossale, il pourrait même atteindre la marque des 1000 points.
Il est commun de surveiller l'atteinte de ce genre de plateau pour des joueurs dont la carrière tire à sa fin ou qui font preuve d'une extraordinaire longévité. C'est le cas, par exemple, de Jaromir Jagr depuis quelques saisons.
Mais se plier à un tel exercice pour un joueur de 31 ans, c'est plus rare. Mais Ovechkin est un athlète hors du commun, et c'est pourquoi il a déjà atteint le moment de sa carrière où il accède à plusieurs plateaux importants.
Quand Ovechkin sautera sur la patinoire du Centre Bell lundi soir, pour y affronter le Canadien, il sera donc à un but d'égaler les 544 de Maurice Richard, qui occupe le 29e rang de l'histoire de la LNH. Le Moscovite sera aussi à quatre points du chiffre magique des 1000.
«Ça signifie beaucoup à mes yeux, a reconnu Ovechkin, après l'entraînement des Capitals, dimanche, à Brossard. Évidemment, c'est bien de me retrouver parmi un groupe sélect de joueurs, les meilleurs au monde et dans la LNH.»
La statistique des 1000 points est particulièrement impressionnante, car elle rappelle combien Ovechkin est une anomalie, à une époque où les systèmes de jeu et la qualité des gardiens limitent les exploits offensifs. Le Russe disputera lundi le 879e match de sa carrière. À moins de connaître la pire léthargie de sa carrière, il obtiendra donc son 1000e point avant d'atteindre la marque des 900 matchs.
Il deviendra ainsi le premier joueur de sa génération à atteindre les 1000 points en moins de 900 matchs. Pour un joueur qui n'a pas eu la chance, comme Jagr, par exemple, d'évoluer pendant la période faste des années 70, 80 et qui a pris fin au milieu des années 90, c'est un exploit titanesque. Seuls Sidney Crosby (980 points en 739 matchs) et Evgeni Malkin (803 points en 682 matchs) pourraient se mesurer à lui au sein de la génération actuelle. 
Le défenseur Brooks Orpik a joué neuf saisons avec Crosby et il en est à sa troisième aux côtés d'Ovechkin.
«Faire ça à notre époque, avec une seule équipe, en plus, c'est assez cool, a observé le vétéran de 36 ans. On ne voit plus vraiment ça. J'ai aussi eu la chance de jouer avec Sid, qui atteint lui aussi des plateaux à un jeune âge. "Ovie" n'a pas subi de blessures majeures, ce qui l'a aidé.
«Son tir demeure très bon même s'il vieillit, enchaîne Orpik, qui a naguère connu Ovechkin comme rival de division. Parfois, les joueurs qui se fient davantage à leur vitesse vont ralentir un peu. Lui, il n'est peut-être pas aussi robuste qu'avant, mais son tir est toujours aussi dangereux. Ça l'aide à demeurer constant.»
Avec l'aide de Backstrom
«C'est toujours difficile de marquer des buts, peu importe l'époque, a souligné Ovechkin. Aujourd'hui, les systèmes sont plus défensifs, les gardiens ont de meilleurs équipements. Je suis chanceux de faire partie de l'histoire. Mais je suis aussi choyé de jouer pour une bonne organisation, avec de bons joueurs depuis mon arrivée dans la LNH. On me fait de belles passes et je n'ai plus qu'à marquer.»
Ovechkin est sans doute le meilleur tireur des 10 dernières années dans la LNH. Mais ça ne lui a sans doute pas nui de jouer aux côtés de l'un des passeurs les plus doués du circuit en Nicklas Backstrom. Le Suédois n'a que 29 ans et il est déjà premier dans l'histoire des Capitals au chapitre des passes, avec 500.
Ovechkin et Backstrom sont en voie de connaître des saisons plus modestes d'une soixantaine de points chacun. Malgré tout, au niveau collectif, les Capitals présentent une fiche de 25-9-5 qui leur permet de viser une récolte de 110 points. Si Ovechkin mène son équipe aux grands honneurs, il pourra ajouter une Coupe Stanley à son palmarès, qui est pour l'instant rempli d'exploits individuels.
Le retour d'Eller
Maintenant avec les Capitals, Lars Eller retrouvera les partisans montréalais, lundi soir.
Il sera habillé en blanc plutôt qu'en rouge. Il portera le numéro 20 plutôt que le 81. Mais sous cet uniforme différent, les partisans présents au Centre Bell lundi soir retrouveront le Lars Eller qu'ils ont connu pendant six saisons à Montréal.
Qui est-il, ce Lars Eller? Dans le vestiaire, en entrevue, c'est un joueur incapable de mentir, qui va longtemps réfléchir avant de répondre à des questions parfois délicates. Dimanche, par exemple, il s'est fait demander s'il se sentait mieux, loin des projecteurs de Montréal.
«Ce n'était pas un problème, ça ne me dérangeait pas, a lancé Eller, après plusieurs secondes d'hésitation. Mais parfois, c'est bon de ne pas avoir [l'attention médiatique braquée sur soi]. Tout n'est pas blanc et noir comme on le sent parfois [à Montréal]. Je dirais que c'est plus relax, là où je suis maintenant.»
Sur la glace non plus, Eller ne semble pas avoir changé. Malgré une maigre production offensive (7 points en 38 matchs), son gabarit et ses capacités défensives font en sorte que ses entraîneurs le placent au centre du troisième trio. C'est le poste qu'il occupe à Washington, à raison de 14 minutes par match. 
Mêmes barèmes qu'à Montréal
Bref, Barry Trotz voit visiblement chez lui les mêmes qualités que Michel Therrien à l'époque, qualités qui forcent l'entraîneur à ne pas s'arrêter à sa production.
«Souvent, les joueurs qui arrivent dans une nouvelle organisation ont un gros départ et ralentissent ensuite, le temps de s'acclimater, a expliqué Trotz, dimanche midi. Lars a connu un départ plus lent, le temps de comprendre ce qu'on voulait de lui. Mais il joue vraiment bien, ces derniers temps. Il a été malchanceux au chapitre de la production, mais son jeu en général est très bon. Je n'avais jamais réalisé à quel point il était costaud, fort et talentueux. Il est un gros facteur de nos succès en désavantage numérique, et on est parmi les meilleurs dans la ligue.»
Trotz n'a pas tort. Les Capitals arrivent au troisième rang de la LNH avec une efficacité de 87,1 % à court d'un homme, et Eller joue plus de deux minutes par match dans ces circonstances.
Eller n'en sera pas à un premier duel contre ses anciens coéquipiers, puisque le Tricolore a joué à Washington le 17 décembre dernier. Mais ce sera sa première visite au Centre Bell depuis l'échange qui l'a fait passer aux Capitals, en juin dernier.
«Jouer des matchs au Centre Bell me manque, a admis Eller. C'est un amphithéâtre formidable, l'ambiance est spéciale, surtout en séries.
«Ce sera spécial. Je suis enthousiaste et très motivé. [...] Tout joueur qui a été échangé veut battre son ancienne équipe, c'est un sentiment naturel.»
Holtby en feu
Le gardien Braden Holtby constitue la bête noire des Montréalais depuis quelques années.
Mardi dernier, Braden Holtby a été retiré d'un duel contre les Maple Leafs après 20 minutes, victime de trois buts sur huit tirs. Le gardien a répondu en alignant deux jeux blancs de suite, si bien qu'il amorcera le match avec une séquence de 121:54 sans avoir accordé de but. Holtby, qui devrait être devant le filet des Capitals lundi soir, constitue la bête noire des Montréalais depuis quelques années. Il présente en effet un dossier de 8-1-2, avec une moyenne de 1,64 contre eux. Sa seule défaite en temps réglementaire est d'ailleurs survenue le mois dernier à Washington.