Le demi-offensif Gabriel Polan (à gauche) a connu son seul match de plus de 100 verges au sol en carrière universitaire contre Laval, fin août. Le porteur de ballon du Rouge et Or Vincent Alarie-Tardif (à droite) sera quant à lui de retour au jeu après une absence de trois matchs.

Oubliez les stats entre Laval et Sherbrooke!

Deux victoires tranchées cette saison, 46-15 et 40-5. Dossier à vie parfait de 26-0. Aucun touché offensif accordé au Vert & Or en deux ans! Pour samedi, tous les chiffres parlent en faveur du Rouge et Or. Mais «les statistiques ne comptent plus», insiste Glen Constantin, en vue de la demi-finale de conférence contre Sherbrooke.

«Un jeu à la fois»

Tout peut arriver dans un match sans lendemain où la victoire fera foi de tout comme celui de samedi entre le Rouge et Or et le Vert & Or, au stade de l’Université Laval. Chaque camp garde un ou plusieurs lapins dans son chapeau, en cas. «Mais on n’est quand même pas pour courir après des fantômes et se préparer toute la semaine à arrêter des jeux qu’on n’a jamais vus», tranche l’entraîneur-chef de Sherbrooke.

Lié au Vert & Or depuis sa création en 2003, Mathieu Lecompte fait néanmoins office de recrue au poste d’entraîneur-chef à l’aube de la première ronde éliminatoire du football universitaire. Mais il sait parfaitement compter, lui qui a assuré son avenir financier en travaillant dans les domaines de l’immobilier et de la construction.

Tous les indicateurs pointent vers une victoire facile du Rouge et Or. C’est pourquoi le coach veut convaincre ses joueurs d’aborder «un jeu à la fois, d’y aller à 100 % sur chaque snap. Et on regardera le tableau de pointage à la fin du match. Il n’y a pas de secret».

Même si plusieurs facteurs annoncent un duel au sol, Lecompte refuse de s’avancer sur ce terrain. «Ce n’est plus le football universitaire du début des années 2000, où tu pouvais prédire si ç’allait se passer par la course ou par la passe. Maintenant, il y a tellement d’éléments qui varient. C’est l’allure du match qui va dicter le chemin à suivre.»

«Le foot est un infini de possibilités!» poursuit-il. «Même si on a déjà joué contre eux deux fois cette année, on ne peut pas dire qu’on a tout vu de Laval comme eux ne peuvent pas dire qu’ils ont tout vu de Sherbrooke», affirme celui qui, malgré une fiche de 2-6, ramène le Vert & Or en séries après une élimination hâtive l’an dernier qui a coûté la tête de son patron d’alors, David Lessard. Le Vert & Or est à la recherche d’une première victoire éliminatoire depuis 2012.

Le dernier affrontement serré à Québec entre ces deux équipes remonte à 2010, une finale québécoise arrachée 22-17 par le Rouge et Or sur une interception dans la zone des buts sur le dernier jeu du match par Maximilien Ducap.

Contrer les tendances

Peu importe l’adversaire, affronter la même équipe trois fois la même saison revient à essayer de «contrer les tendances». Cette expression si chère à l’entraîneur-chef du club chouchou de l’Université Laval, qui avoue s’être «creusé la tête» toute la semaine avec ses adjoints afin d’anticiper les gestes de l’adversaire et «réussir à faire ce qu’on veut faire».

À ce temps-ci de l’année, le jeu au sol risque d’être à l’honneur pour deux raisons : le froid de novembre et l’enjeu éliminatoire. Opposé à la pire défensive contre la course au Québec, 15e au Canada, le Rouge et Or retrouve en plus ses repères avec le retour au jeu du porteur de ballon finissant Vincent Alarie-Tardif, absent depuis trois matchs.

Le Rouge et Or a franchi le cap des 200 verges au sol à seulement deux reprises en huit matchs réguliers, chaque fois contre Sherbrooke. «C’est quelque chose qu’on a pu exploiter, pourtant contre l’un des fronts défensifs les plus physiques dans notre conférence», tient à souligner Glen Constantin, y voyant une autre preuve que les statistiques ne disent pas tout.

Quant au Vert & Or, il dispose de la pire attaque aérienne de la conférence, 25e sur 27 au Canada. Et le retour forcé au poste de quart-arrière partant du jeune Alex Jacob-Michaud devrait accroître les responsabilités du demi-offensif Gabriel Polan.

Surtout que Polan a connu son seul match de plus de 100 verges au sol en carrière universitaire contre Laval, fin août. Deux chevauchées de 52 et 40 verges avaient constitué la majorité de sa récolte nette de 109 verges au sol en 10 courses, en plus d’ajouter 37 verges sur quatre attrapés.

Avec un quart inexpérimenté et qui a connu plus ou moins de succès jusqu’ici comme Jacob-Michaud (5 passes de touché, 8 interceptions), Constantin évoque la possibilité de jeux truqués. «Leur entraîneur est un bon motivateur et ils viennent ici avec tout à gagner et rien à perdre. Est-ce qu’ils nous réservent des surprises? Je ne le sais pas. Mais on doit tout faire en notre pouvoir pour ne pas se faire surprendre. Le contraire serait irresponsable», conclut le patron.