Mikaël Kingsbury n’oublie jamais de porter son t-shirt porte-bonheur lorsqu’il compétitionne, et il n’y a aucun doute que la recette fonctionne, car il a remporté sa 11e victoire de suite, samedi.

Onzième victoire de suite pour Kingsbury

Mikaël Kingsbury portait son t-shirt porte-bonheur, samedi, lorsqu’il a remporté sa 11e victoire consécutive sur le circuit de la Coupe du monde. Et ses boxers chanceux, aussi...

Il ne se souvient pas qui lui a offert le t-shirt, mais la première fois qu’il l’a porté lors d’une Coupe du monde de ski acrobatique, il a décroché la médaille d’argent.

Il avait alors 18 ans, et c’était son premier podium en Coupe du monde. Depuis, Kingsbury a enfilé le t-shirt — sur lequel on peut lire «C’est bien d’être le roi» — pour toutes ses compétitions.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, le bosseur québécois a récolté 67 médailles, dont 46 d’or, en 84 départs sur le circuit de la Coupe du monde. Ce qui signifie que le t-shirt, même après sept ans, demeure un incontournable.

«Il est quand même chouette. Il est noir, mais il est presque rendu gris maintenant», a déclaré le «Roi des bosses», mardi au Parc olympique Canada, à Calgary. Et toutes les lettres commencent à s’effriter. Mais c’est correct.»

Quant aux boxers chanceux, il en possède deux paires interchangeables. Et ils ne sont pas sur le point de rendre l’âme, assure-t-il.

Mais peu importent les vêtements, c’est le sang-froid de Kingsbury qui impressionne, encore et toujours. Samedi, en Alberta, il a utilisé sa recette habituelle : présenter sa meilleure descente en grande finale, avec toute la pression sur lui. Le Québécois de 25 ans a inscrit un score de 89,55 pour faire la barbe au talentueux Kazakh Dmitriy Reikherd (86,43), son plus sérieux rival cette saison.

«Ce n’est pas ce qui m’excite le plus, de gagner tout le temps», assure pourtant le skieur, débordant d’une sereine confiance. Son trip, il le vit en se dépassant, en se mesurant à ses adversaires. Qui ne lui rendent pas la tâche facile, d’ailleurs. «Je ne pensais pas avoir à battre une descente de 86 aujourd’hui. Quand t’entends ça d’en haut, ton coeur se met à battre plus vite», a dit au Soleil celui qui croit skier mieux que jamais. Tout en assurant avoir «beaucoup de choses à améliorer».

«Je vais gagner»

Lorsqu’il était âgé de neuf ans, le skieur avait imprimé une bague olympique sur un bout de papier et y avait ajouté : «Je vais gagner». Le jeune Kingsbury avait ensuite collé le papier au plafond de sa chambre, où il demeure toujours. «Je vais laisser le papier là pour toujours, a juré l’athlète. Enfin, pas pour toujours. Jusqu’à ce que je gagne.»

Aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014, Kingsbury avait récolté la médaille d’argent, derrière son compatriote Alexandre Bilodeau.

Depuis, Kingsbury a atteint un niveau si haut que ne pas remporter la médaille d’or olympique en Corée du Sud serait très décevant. Les attentes envers lui ne le dérangent pas. En fait, la pression agit comme un carburant. «C’est plaisant, a indiqué Kingsbury. C’est comme une drogue pour moi. J’aime la sensation. J’aime le sentiment qu’on a lors des compétitions, ce stress que l’on ressent.»

Samedi, les autres Québécois de renom ont raté la grande finale de peu. Marc-Antoine Gagnon a pris le huitième rang, Philippe Marquis, le neuvième.

Chez les femmes, Justine Dufour-Lapointe est montée sur le podium pour la première fois de la saison, terminant troisième. «Je suis restée dans ma bulle, a commenté la Québécoise. J’ai fait d’excellents sauts. J’ai gardé ça clean. C’était mon but : sortir en me laissant aller sur le parcours, avec le feu dans les yeux.» L’Australienne Britteny Cox a conservé son titre conquis l’an dernier. Audrey Robichaud, de Val-Bélair, a quant à elle pris le 12e rang.