Ce jeune judoka était subjugué par Antoine Valois-Fortier qui a distribué conseils et encouragements lors de sa visite au Dojo de Beauport samedi matin. Le médaillé de bronze aux JO de Londres vise un autre podium à ceux de Rio en août.

Olympiques: Valois-Fortier vise l'or ou... le bronze!

Comme tout bon olympien, le judoka Antoine Valois-Fortier visera un podium à Rio. L'or demeure l'objectif ultime, mais son deuxième choix se porte sur... le bronze.
C'est qu'il n'aime pas perdre. Au judo, le médaillé d'argent reçoit son prix après une défaite contre le champion. Se retrouver si près du titre rend ce revers particulièrement amer, selon l'athlète de Québec.
«J'ai toujours aimé gagner mon dernier combat de la journée», a expliqué Valois-Fortier au Soleil, samedi, après avoir passé l'avant-midi avec des jeunes judokas de la région de Québec au Dojo de Beauport (voir encadré), son alma mater sportif. «Les journées où j'ai fini avec le meilleur goût en bouche, ce sont mes journées en bronze ou en or. L'argent, je trouve que ça finit un peu sec. J'aurais plus l'impression de perdre ma médaille d'or que de gagner l'argent.»
Évidemment, il ne dira pas non à une deuxième place. Après tout, celle-ci lui permettrait d'améliorer sa splendide performance des JO de Londres, où il avait surpris un peu tout le monde en raflant le bronze. Et parions qu'il n'est pas gêné par son titre de vice-champion du monde en 2014.
Contrairement à Londres, Valois-Fortier se retrouvera à Rio parmi les favoris. Il sera l'une des plus hautes têtes de série de la compétition, ce qui lui permettra d'éviter les autres membres de l'élite dans les premiers combats. Mais qui dit favori dit pression supplémentaire. C'est «ce qui peut venir me débalancer peut-être un peu, a-t-il admis. Mais avec toute mon équipe, on essaie de gérer ça le mieux possible. D'arriver le jour J en santé et la tête reposée.»
Pas question de chômer
Pour un athlète, reposé veut aussi dire en forme. D'ici Rio, pas question de chômer pour Valois-Fortier. Il aura des camps d'entraînement en mai et en juin du côté de l'Europe, ainsi qu'une compétition en Slovénie, six semaines avant les Jeux. Il complètera sa préparation à Montréal, son lieu de résidence, et partira vers le Brésil à la fin juillet. Ses parents et ses trois soeurs de 24, 22 et 8 ans l'accompagneront. La plus jeune était d'ailleurs parmi les enfants présents, samedi.
Le Beauportois sait depuis plusieurs mois qu'il visitera Rio en août. Ça ne l'a pas empêché de se donner à fond lors des dernières compétitions, comme en fait foi son triomphe aux Championnats panaméricains chez les moins de 81 kg, acquis à La Havane il y a une semaine.
Des yeux ronds et des sourires
Les yeux étaient ronds et les sourires nombreux chez les quelques 80 jeunes judokas venus écouter les enseignements d'Antoine Valois-Fortier, samedi, au Dojo de Beauport. Pour le principal intéressé, il s'agit d'une occasion unique de transmettre sa passion à la nouvelle génération. L'athlète de 26 ans se souvient très bien de la visite de Nicolas Gill à ce même Dojo, en 2000. Valois-Fortier avait 10 ans, et la grande star québécoise du judo de l'époque venait de remporter une médaille d'argent aux Jeux olympiques de Sydney.
«Ça m'avait fait tripper. L'objectif, c'est de recréer cette ambiance-là. Si je peux avoir un impact sur un ou deux de ces jeunes-là... C'est vraiment valorisant pour moi», a expliqué Valois-Fortier après avoir répondu aux questions des apprentis judokas et signé quelques autographes. Qui sait? Peut-être qu'il se retrouvera un jour à conduire l'un d'eux aux Jeux olympiques en tant qu'entraîneur, comme Gill le fait maintenant pour lui...