Penny Oleksiak célèbre sa médaille d'or au 100 m des JO de Rio en compagnie de sa famille, dont son frère Jamie (au centre), défenseur des Stars de Dallas.

Oleksiak fier de sa petite soeur

Jamie Oleksiak entend parler de sa soeur Penny tous les jours. La quadruple médaillée en natation aux Jeux olympiques de Rio, l'été dernier, est devenue la coqueluche des Canadiens et l'espoir de tout un sport en établissant de nouvelles marques à seulement 16 ans.
Penny par-ci, Penny par-là...
«Sur mon compte Twitter, il n'était question que de hockey autrefois, et aujourd'hui, je suis "le frère de Penny" et on ne m'envoie que des trucs sur elle», raconte le défenseur des Stars de Dallas. «C'est très bien, parce que ça m'encourage à élever la barre et ça instaure une sorte de compétition amicale. Mais en même temps, ça demeure ma petite soeur, et on ne parle pas vraiment de natation ensemble. On prend surtout des nouvelles de l'autre.»
Il n'y a pas si longtemps, c'est Jamie qui était la fierté de la famille. L'immense défenseur de 6'7" affichait une belle mobilité pour un type de sa grandeur lorsque les Stars l'ont recruté de l'Université Northeastern, en juin 2011. Il faisait une bonne première passe et était difficile à contrer à un contre un. Même s'il allait prendre du temps à polir, Dallas l'a choisi au premier tour, 14e au total.
À l'époque, Penny était bien trop petite pour qu'on voit en elle une championne olympique. Mais aujourd'hui, Jamie a 24 ans, il peine à trouver un poste régulier dans la brigade défensive des Stars, et Penny est une gloire nationale.
«C'est encore ma petite soeur et c'est comme avant : on l'embête dès qu'elle rentre à la maison!» raconte Jamie. «C'est la plus jeune de la famille et on s'assure qu'elle y goûte, ne serait-ce que pour s'assurer qu'elle ne s'enfle pas la tête et qu'elle devienne prétentieuse!»
Une «roche» de 260 livres
Mais toi, Jamie, es-tu bon nageur? «Non, je coule plus que je nage! À 260 livres, c'est difficile d'avancer dans l'eau... Cela dit, je prévois essayer cela l'été prochain parce que c'est un très bon exercice de conditionnement physique.»
Qu'on ne s'y trompe pas : Jamie Oleksiak est on ne peut plus fier de sa soeur cadette, qui a entre autres remporté l'or au 100 m nage libre. Elle est devenue un exemple.
«Je garde contact avec elle et je m'assure qu'elle va bien, mais il faut dire qu'elle a une bonne tête sur les épaules. Je pense qu'elle s'y prend bien pour rester mesurée. Elle est consciente de son potentiel, mais aussi de la quantité de travail qu'elle a devant elle.»
Il soutient que ç'a été une expérience fantastique pour toute la famille que d'être à Rio et de pouvoir vivre les exploits de Penny en étant tout près d'elle. Au passage, il a appris beaucoup.
«Il y a plein de choses que les athlètes peuvent partager même s'ils pratiquent des sports différents : l'ardeur au travail, la confiance en nous-mêmes qu'il faut avoir, la concentration... Ce sont des choses critiques pour tous les athlètes.
«J'étais vraiment content d'aller aux Jeux cet été, car on ne réalise pas à quel point les performances sont athlétiques et impressionnantes jusqu'à ce qu'on les voit en personne. On voit passer quatre ans de travail en à peine 30 secondes. Ça met les choses en perspective et c'est une leçon d'humilité. J'essaie d'en retirer le plus possible parce que ça en dit beaucoup sur le fait d'avoir un but et de demeurer concentré à l'atteindre.»
Ardeur au travail, confiance, persévérance... Oleksiak a besoin de tous ces outils-là pour passer à travers les moments pas toujours évidents qu'il vit à Dallas. D'une certaine façon, son statut rappelle celui de Jarred Tinordi à l'époque où ce dernier jouait pour le Canadien. Il s'agit de défenseurs format géant qui ont peut-être été sélectionnés un peu trop tôt au repêchage et qui voient leurs attributs être mis au défi par un jeu sans cesse plus rapide.
La saison dernière, Oleksiak n'a disputé que 19 matchs des Stars en plus de jouer huit rencontres dans la LAH dans le cadre de remises en forme.
«C'est dur de ne pas y penser et de ne pas s'apitoyer sur son sort, mais il faut savoir garder sa confiance et jouer sans hésiter», a noté le défenseur, qui n'a pas affronté le Canadien, mercredi.