Le défenseur de l'Océanic Samuel Morin a terminé la saison en force, tout comme son équipe.

Samuel Morin: les leçons d'une saison

Le vedettariat est parfois un couteau à double tranchant, surtout pour un jeune qui se retrouve soudainement sous les feux de la rampe. Samuel Morin peut en témoigner. Propulsé sur la tribune d'honneur par une sélection hâtive au repêchage de la LNH, les derniers mois lui auront servi à mieux gérer sa popularité.
Mais l'exercice n'est pas venu sans heurt. Fin janvier, le défenseur de l'Océanic s'est retrouvé au coeur d'une tempête après avoir balancé son bâton dans les gradins du Colisée de Rimouski. La page est désormais tournée, mais il a retenu la leçon.
«Il s'agit d'une expérience de vie, j'ai pris de la maturité à la suite de cet événement, ça m'aide à être un meilleur leader», convenait Morin, vendredi matin.
Le joueur de Saint-Henri-de-Lévis ne passe pas inaperçu du haut de ses six pieds et sept pouces. De plus, sa sélection au 11e rang par les Flyers de Philadelphie, à l'été 2013, en a fait l'un des points de mire de la LHJMQ.
«Cette année, j'ai appris que j'étais plus populaire. Il y a plus de médias qui me suivent, on parle de moi sur les réseaux sociaux, on me surveille plus. Ç'a été un moment difficile et je remercie mes coéquipiers de m'avoir soutenu. L'esprit d'équipe était déjà bon, peut-être que ç'a aidé à le solidifier encore plus», estimait-il.
Depuis, Morin joue du bon hockey. Il a fini la saison en force, tout comme le reste de l'équipe qui était à la recherche d'une 16e victoire d'affilée, hier soir. Tout cela a coïncidé avec la fermeture... de son compte Twitter.
«Quand tu es jeune, il est parfois difficile de gérer l'attention que l'on reçoit. Les critiques peuvent venir d'un peu partout, j'ai appris à ne plus regarder ça. Je ne sais pas si les gens l'oublient, mais je n'ai que 18 ans... J'ai toujours été passionné du hockey, c'est à l'extérieur que c'était plus dur et je pense m'être beaucoup amélioré de ce côté», prétendait-il, en soulignant l'appui de ses proches et de son conseiller, Pat Brisson.
La maturité, un long processus
À défaut d'avoir été invité au camp de l'équipe canadienne junior, il veut connaître du succès en séries avec l'Océanic. «On prend les matchs un à la fois, mais je pense qu'on a un club pour se rendre loin. On s'est préparé toute la saison pour ça, il faut juste ne pas arrêter de travailler.»
Même s'il avait dénoncé le geste de son joueur, l'entraîneur-chef Serge Beausoleil l'a quand même accompagné dans la tourmente. Il ne s'avance pas jusqu'à dire que cette période a été un tournant dans la saison de son club.
«Toute situation névralgique permet aux joueurs de serrer les rangs et de faire front commun, celle-là comme bien d'autres obstacles que vous n'avez peut-être pas connus. La maturité, c'est un long processus. Il faut les aider. Les joueurs n'ont plus de complexes, maintenant, avec les nouvelles machines où tu peux tout savoir en un clin d'oeil, mais ça ne donne pas du jugement, ça ne permet pas de faire face à de l'adversité. Parfois, le piège est de vouloir trop en faire et c'est là qu'il faut savoir doser les choses.»