Malgré une séquence de 15 victoires consécutives, l'entraîneur-chef de l'Océanic, Serge Beausoleil, considère que les dernières performances sont «en deçà» de ce que son équipe est capable de faire.

Océanic: le danger du «trop bon»

Bien que la dernière défaite de sa troupe remonte au 1er février, Serge Beausoleil n'a pas l'impression que l'Océanic de Rimouski peut se laisser transporter par la haute vague de 15 victoires d'affilée. «Tant qu'à moi, on commence à se penser un peu trop bon», affirmait l'entraîneur-chef en se pointant au Colisée Pepsi, jeudi matin.
L'Océanic est invincible depuis plus d'un mois, mais l'homme de hockey ne se contente pas des points qui s'accumulent en double depuis le début de cette séquence victorieuse. Le discours qu'il tenait devant les journalistes de Québec était le même que celui livré à ses joueurs au lendemain d'une difficile victoire de 2-1 à Chicoutimi, la veille.
«Je suis obligé de dire que je vois des signes avant-coureurs que la tête nous tourne un peu. On joue moins bien, on prend des mauvaises pénalités, on est moins incisif dans notre échec avant, moins intense dans nos repris défensifs. Nous avons encore des apprentissages à faire», notait celui dont le club lutte pour le premier rang du classement général de la LHJMQ.
L'Océanic boucle sa saison régulière en affrontant les Remparts, aujourd'hui à Québec et demain après-midi, à Rimouski. L'objectif? Toujours le même, en ce qui concerne Beausoleil...
«L'objectif, c'est de joueur le premier [match] en pensant que c'est le seul. Je ne veux même pas voir le deuxième. À mon avis, il faut se remettre sur les rails, car nos dernières performances sont en deçà de ce qu'on est capable de faire», répondait l'ancien pilote du Blizzard du Séminaire Saint-François, le club midget AAA sous le parapluie des Remparts.
Beausoleil ignore si son club a atteint son sommet de performance, et bien honnêtement, il ne s'en formalise pas. L'Océanic est-il déjà sur le mode des séries, même si celles-ci ne commencent que le 21 mars? Encore là, le discours ne change pas.
«Ça veut dire quoi être en mode des séries, essayer de remporter chaque match? Moi, je n'ai jamais dérogé à notre approche, on donne tout ce qu'on a, on reste dans le moment présent et on prend acte du résultat. Tant qu'à moi, on peut bien gagner 30 matchs en ligne, je n'ai pas de problème avec ça et je le souhaite. Mais on ne focalise pas là-dessus et il ne faut pas non plus être obnubilé par nos erreurs ou nos bons coups, il faut plutôt s'en nourrir», indiquait celui qui n'a jamais affiché le classement général de la LHJMQ dans son vestiaire.
Ne pas imiter... Charles Hamelin
Il donne l'exemple de Charles Hamelin, médaillé d'or des Jeux olympiques de Sotchi. En fait, il s'inspire plus de l'envers... de la médaille. «Après sa première médaille, il a dit qu'il en gagnerait d'autres, mais ç'a moins bien été. Moi, je pense que le moment présent est gage de succès. A-t-on atteint notre peak? On fera le post-mortem à la fin des séries...»
En l'emportant face aux Remparts, en fin de semaine, l'Océanic empêcherait son rival québécois d'atteindre le plateau des 40 victoires. Pour l'instant, Québec en compte 38.
«Je connais assez bien Philippe [Boucher] , Martin [Laperrière] et Pierre [Sévigny] pour savoir que leur équipe sera bien préparée, qu'ils vont tout faire pour gagner ces matchs-là. Je suis bien au fait qu'ils visent le plateau des 40 victoires pour une sixième saison d'affilée, ils ne voudront pas être ceux qui passent sous cette barre... Et ça s'adonne que les deux derniers matchs sont contre nous, je ne m'attends pas à ce que ce soit facile.»
Un choix européen de qualité
Le Phoenix de Sherbrooke étant assuré de terminer au dernier rang de la LHJMQ, les Remparts se retrouveront donc avec le deuxième choix au repêchage européen, en 2014, et ce, à la suite du choix acquis dans le sillon de la transaction ayant envoyé Nikita Kucherov, à Rouyn-Noranda, la saison dernière.
«Quand j'étais à Rimouski, nous avions essayé d'avoir Kucherov, mais lorsqu'on a vu l'échange par la suite, on voyait bien que le choix de Sherbrooke était attrayant. Voilà pourquoi il faut se donner du temps pour évaluer une transaction, et aujourd'hui, on peut dire que Patrick [Roy] ne s'était pas trompé parce qu'à long terme, ça va rapporter. Repêcher deuxième, c'est quelque chose. Je pense qu'à Québec, on a tout pour attirer un bon joueur et si jamais on avait la Coupe Memoiral, ça nous aiderait encore plus», expliquait Philippe Boucher. L'obtention du tournoi à la ronde aiderait aussi sa cause sur le tableau des joueurs américains, le défenseur Noah Hanifin étant toujours dans sa mire.