Antoine Coulombe a été solide devant la cage des Cataractes.

Les gros canons de l’Océanic muselés

Shawinigan — Il y avait près de 3700 personnes au Centre Gervais vendredi soir, une grosse foule qui s’attendait à un spectacle d’Alexis Lafrenière, la grande vedette de l’Océanic. Une bonne trentaine de dépisteurs y étaient également pour épier celui qui deviendra vraisemblablement le futur premier choix du repêchage de la LNH en 2020. Tout ce beau monde a plutôt eu droit à une performance collective sans bavure des Cataractes, qui ont signé un gain de 2-1!

Charcutés dimanche dernier par le trio de Samuel Poulin, du Phoenix, les Cataractes étaient cette fois prêts pour recevoir celui encore plus dangereux de Lafrenière. Avant de se présenter à Shawinigan, Lafrenière, Dimitry Zavgorodniy et Cédric Paré totalisaient 98 points en 14 matchs! Pas besoin de vous dire qu’ils étaient tous les trois installés au sommet des marqueurs de la ligue. Or le trio défensif de Xavier Cormier, William Cummings et Mikaël Robidoux ne leur a pas accordé un pouce de glace gratuit, bien appuyé par Leon Denny et Pierre-Olivier Bourgeois à la ligne bleue. Derrière eux, quand ça chauffait, Antoine Coulombe a été égal à lui-même depuis le début de la saison, c’est-à-dire impérial. À propos, Coulombe détient toujours la meilleure moyenne de buts accordés, et le meilleur pourcentage d’efficacité de la ligue, à 17 ans. Même si ce n’est pas un géant, il est peut-être tombé dans l’œil de quelques recruteurs vendredi soir.

«Je ne pense pas à ça. C’était pareil dans le midget AAA, je ne pensais pas à mon repêchage. Je suis parfaitement concentré sur ce qui se passe sur la glace», livrait Coulombe, qui a quand même reconnu que ce rendez-vous face à l’Océanic l’avait allumé. «À la base, quand tu entends dire que tu vas affronter l’un des meilleurs trios de l’histoire de la ligue, ça motive. C’est sûr que je voulais bien faire. Ce fut toute une performance d’équipe ce soir, les gars ont bloqué beaucoup de lancers devant moi. En désavantage numérique, il y a toujours des tirs que tu ne vois pas. S’ils ne se rendent pas à toi, ils ne peuvent pas te battre.»

Les Cataractes ont pris les devants en deuxième période, sur un tir sur réception de Mavrik Bourque qui s’est faufilé entre les jambières de Colton Ellis, brillant lui aussi vendredi. Le portier étoile de l’Océanic s’est toutefois laissé surprendre par un tir de l’enclave de Charles Beaudoin en fin de troisième, une séquence orchestrée en fond de territoire ennemi par Vasily Ponomarev qui a permis aux Shawiniganais de doubler leur avance alors que l’Océanic menaçait Coulombe.

Le but de Beaudoin s’est finalement avéré déterminant puisque Zavgorodniy a fini par percer le gardien des Cataractes avec un peu plus d’une minute à écouler au cadran. Lafrenière a bien tenté de créer l’égalité dans les derniers instants, mais il a dû se résigner à rentrer au vestiaire avec une seule passe au compteur, sans points à ajouter au classement pour l’équipe.

«Après trois défaites de suite, il fallait rebondir. Le trio à Cormier a fait de l’excellent boulot, et tout le monde a acheté le plan. On a prouvé qu’on pouvait rivaliser avec tout le monde», affirmait Valentin Nussbaumer, l’attaquant le plus visible dans le camp des vainqueurs vendredi.

«L’effort collectif a été impressionnant. On s’est quitté dimanche en se disant qu’on espérait avoir appris comment se comporter contre un gros trio. Les gars ont répondu. C’est incroyable ce que Lafrenière, Paré et Zavgorodniy sont en train de réaliser. Mais ce soir, le groupe de cinq appelé à jouer contre eux, et Antoine (Coulombe), ils ont été très impressionnants», livrait Daniel Renaud. «Notre désavantage numérique a lui aussi été déterminant. Les gars qui sont utilisés veulent faire la différence, ils ne vont pas sur la glace juste pour écouler du temps. L’engagement est là.»

Les Cataractes vont maintenant se préparer à affronter les Remparts à Québec samedi à 16h, avant de retrouver l’Océanic à Rimouski dimanche. «C’est un défi d’arriver à Québec demain avec le même niveau de concentration. Ça ressemble aux séries, il faut coller deux bonnes performances de suite en très peu de temps. C’est la mission qu’on se donne.»

Dans l’autre vestiaire, Serge Beausoleil vantait ses rivaux. «Les Cataractes ont très bien joué. Les deux gardiens ont connu un bon match. Pour le reste nous sommes fatigués, nous jouons 14 matchs en octobre. On a mieux joué en troisième mais les Cataractes ont très bien bloqué l’enclave.»