L’entraîneur-chef de l’Océanic, Serge Beausoleil est rassuré de savoir que «tout le monde est rendu à bon port». 
L’entraîneur-chef de l’Océanic, Serge Beausoleil est rassuré de savoir que «tout le monde est rendu à bon port». 

Entre tristesse et résilience chez l’Océanic

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — «C’est empreint de tristesse que je vous parle parce qu’on a travaillé fort pour amener cette équipe-là à un niveau très élevé pour le début des séries éliminatoires. Mais en même temps, tout ça est tellement secondaire! Je trouve même ça ridicule de vous en faire part.» C’est dans ces termes que l’entraîneur-chef de l’Océanic, Serge Beausoleil, décrit son état d’âme par rapport à l’annulation de la saison de la LHJMQ.

Selon lui, ce vague à l’âme est évidemment partagé par ses joueurs. «Un club de hockey, c’est une microsociété, fait-il valoir. Sans dire qu’ils étaient dévastés, les gars sont empreints de tristesse, mais aussi un peu contents de pouvoir regagner leur famille en ce temps de crise. Mais, ce sont des joueurs de hockey! Le hockey est central dans leur vie. C’est une forme de deuil, il n’y a aucun doute.»

Le patron est rassuré de savoir que «tout le monde est rendu à bon port». Il a reçu la confirmation, mercredi matin, que Dmitry Zavgorodniy était arrivé dans sa ville d’Omsk en Russie. Tous les autres joueurs, dont Alexis Lafrenière, Isaac Belliveau et Zachary Bolduc, sont également rendus à la maison. 

«Il ne reste qu’Adam Raska qui est resté ici, précise Beausoleil. De concert avec ses parents et son agent, on a préféré le garder ici parce que c’était très hasardeux de le faire voyager. Les conditions étaient périlleuses.» Raska est originaire de Frydek-Mistek en République tchèque.

«[…] On a tous le pouvoir de fédérer les gens autour de nous dans cette crise-là et de les convaincre de l’importance de prendre soin d’eux, de se distancer par rapport aux autres [...]», indique le directeur-gérant du club de hockey de Rimouski. Même s’il reconnaît que «le sport est central dans notre vie et qu’il est important pour l’équilibre de notre société», il rappelle que «ce n’est pas un service essentiel». 

«La priorité, c’est de s’assurer que tous nos proches soient en sécurité, particulièrement nos personnes âgées qui ont bâti la société d’aujourd’hui et qui sont les plus vulnérables», martèle-t-il. 

Aucun troupier n’a présenté de symptômes de la COVID-19. «Ça fait partie des directives qui leur ont été émises, précise Beausoleil. On doit savoir si quelqu’un proche de la famille a eu des symptômes. Au sein de l’Océanic, heureusement, ce n’est pas le cas et au sein de l’organisation également. Je n’ai pas eu vent qu’il y a eu quelques symptômes que ce soit au sein de la ligue non plus.»

Au classement général, l’Océanic passe du quatrième au cinquième rang, derrière les Eagles du Cap-Breton. Dans la division est, Rimouski glisse du troisième au quatrième rang puisque le pourcentage de points des Eagles est de 659 par rapport à 656 pour la formation bas-laurentienne, avec un match de plus. 

«Les mécanismes sont très précis, concède Serge Beausoleil. Mais dans les faits, ce n’est pas le point central dans nos existences en ce moment!»