Pour Félix Lafrance des Screaming Eagles du Cap-Breton, «c’est spécial et c’est drôle» d’affronter son meilleur ami, Alexis Lafrenière.

Alexis Lafrenière et Félix Lafrance: amis... et ennemis

RIMOUSKI — Alexis Lafrenière joue au sein de l’Océanic de Rimouski. Félix Lafrance évolue au sein des Screaming Eagles du Cap-Breton. Les hockeyeurs de 17 ans sont tous deux natifs de Saint-Eustache, près de Montréal. Dans la vie, ils sont les meilleurs amis au monde. Mais sur la patinoire, ils deviennent des ennemis. Surtout pendant les séries, alors que leur formation respective s’affronte en quart de finale.

Pour Félix Lafrance, faire les séries contre son meilleur ami, «c’est spécial et c’est drôle. 

«J’espérais jouer contre lui, admet-il. On ne se voit pas pendant toute l’année et là, j’ai la chance de le voir jouer.» Mais, il ressent tout de même des sentiments «bizarres». «Quand il marque, en dedans de moi, je me dis : “Ah, encore lui! Mais en même temps, c’est mon meilleur ami!”»

Quand le numéro 13 du Cap-Breton a appris qu’il allait affronter Alexis Lafrenière à Rimouski, il a envoyé un message texte aux parents de son meilleur ami. «Ils m’ont dit qu’ils viendraient me voir, raconte-t-il. C’est vraiment spécial de jouer contre son meilleur ami!» L’histoire ne dit cependant pas si les Lafrenière ont encouragé le joueur du club de la Nouvelle-Écosse une fois dans les gradins…!


« On ne se voit pas pendant toute l’année et là, j’ai la chance de le [Lafrenière] voir jouer »
Félix Lafrance

L’expérience n’est pas moins singulière pour Alexis Lafrenière. «J’ai grandi avec lui, dit-il. Je le connais depuis que j’ai 4 ans. On a toujours joué ensemble. De se retrouver contre lui, c’est spécial. Mais, rendus sur la glace, il n’y pas d’amis. Après la série, on va continuer à être amis.»

Les deux gaillards ont joué dans le même trio pour Les Patriotes de Saint-Eustache dans la catégorie Atome, puis pour Les Seigneurs dans le Pee-Wee et le Bantam ainsi que pour Les Vikings dans la catégorie Midget AAA. «C’est pour ça qu’on a développé une chimie», estime le joueur vedette de l’Océanic. 

Presque voisin

Les deux garçons ont grandi à une rue de différence. Ils ont fréquenté les mêmes écoles primaire et secondaire. Ils étaient amis partout. «On a joué beaucoup de games dans la rue, se souvient Alexis Lafrenière. Félix et son frère Simon [qui évolue au sein des Tigres de Victoriaville], ce sont des amis d’enfance et c’est le fun de jouer contre eux.»

Pour le prodige du club bas-laurentien, les meilleurs souvenirs qui lui montent à l’esprit lorsqu’il pense à son ami Félix : «C’est dans le Bantam, où on avait gagné six tournois et on avait, à la fin, gagné la Coupe Dodge». Pour la recrue des Eagles, la plus belle anecdote est en dehors de la patinoire. «Quand on était jeunes, Alex et moi, on aimait se faire des petites tentes avec des doudous et des coussins dans le salon, se rappelle-t-il. On dormait là-dedans et on écoutait des films.»

Même s’ils doivent respecter une consigne qui les empêche de communiquer ensemble pendant les séries, l’amitié demeure. «Pour moi, ça va toujours être mon meilleur ami, quoi qu’il arrive, assure l’ailier gauche de Sydney. On s’est «textés» avant la série. Même avant le premier match, il est venu me voir et je lui ai parlé un petit peu. J’ai tellement des liens avec ce gars-là que je n’ai pas le choix de lui parler! C’est sûr qu’après les séries, je vais lui donner un gros câlin! Mais là, on va se garder une petite gêne.»

Les deux joueurs s’affronteront jeudi à Sydney en Nouvelle-Écosse pour le quatrième duel de quart de séries entre l’Océanic et les Screaming Eagles.