Avec cinq succès consécutifs, Novak Djokovic réalise lui sa meilleure série en Grand Chelem depuis septembre 2016 et la finale des Internationaux des États-Unis perdue face à Stan Wawrinka.

Novak Djokovic poursuit sa renaissance

Londres — Novak Djokovic réussira-t-il ce grand défi? L’ancien numéro 1 mondial, en voie de renaissance à Wimbledon, tentera vendredi de briser la volonté de Rafael Nadal, en pleine confiance, dans une finale avant la lettre.

Après l’élimination surprise du roi de Wimbledon, Roger Federer, mercredi, les projecteurs sont braqués sur cette demi-finale, 52e épisode de la rivalité entre le Serbe et l’Espagnol — le plus grand nombre entre deux joueurs actifs. Djokovic mène la série par un bout de raquette, 26-25.

Nadal, sacré en 2008 et en 2010, ne s’était plus frayé un chemin aussi loin à Londres depuis la finale perdue en 2011 contre Djokovic. Aura-t-il suffisamment récupéré de son duel épique de 4h47 face à l’Argentin Juan Martin Del Potro?

De son côté, Djokovic entrevoit le bout d’un tunnel de deux années passées à courir après son meilleur niveau. Après des contre-
performances, une perte de motivation et une opération en début d’année pour refaire à neuf son coude droit, le «Djoker» a retrouvé de sa superbe.

Mercredi, en quarts, l’ancien no 1, aujourd’hui classé 21e a surclassé l’une de ses proies favorites, le Japonais Kei Nishikori. Le champion qui avait crevé l’écran en 2011 puis empilé les quatre trophées majeurs à la suite entre 2015 et 2016 est-il revenu à son meilleur niveau?

Nadal, qui a vu certains de ses matchs, en est convaincu. «Nous nous affrontons toujours sur les plus grandes scènes, aux endroits les plus importants, a dit l’Espagnol. Ce sera un autre match important vendredi, contre un des adversaires les plus difficiles à battre qui soient. Il joue bien. La seule façon de l’emporter contre lui est de jouer très bien.»

Morceaux de bravoure

Le valeureux Del Potro, qui a poussé Nadal à sortir des coups venus d’ailleurs, ne s’est pas risqué à un pronostic. «Je ne peux pas dire qui va gagner. Cela dépendra de l’état de Rafa... Je pense que ça ira pour lui. Mais Nole [un autre surnom de Djokovic] joue bien de nouveau. Ils méritent tous les deux d’aller en finale», a estimé l’Argentin, quatrième raquette mondiale. 

En Grand Chelem, les duels Djokovic-Nadal n’ont pas toujours fait des étincelles, mais ils ont donné lieu à quelques grands morceaux de bravoure : la finale des Internationaux d’Australie en 2012 remportée par le Serbe en 5h53, mais aussi la demi-finale épique de Roland-Garros en 2013 gagnée 9-7 au cinquième set par Nadal.

Le Majorquin de 32 ans, lauréat pour la onzième fois de Roland-Garros en juin, a accumulé assez de confiance pour réaliser un troisième doublé Paris-Londres.

Mais venir à bout Djokovic reste «un grand défi», souligne le premier joueur au monde, qui n’a perdu qu’un match — face à l’Autrichien Dominic Thiem en quart de finale à Madrid — depuis son retour de blessure à la jambe droite, début avril.

Avec cinq succès consécutifs, Djokovic réalise lui sa meilleure série en Grand Chelem depuis septembre 2016 et la finale des Internationaux des États-Unis perdue face à Stan Wawrinka.

«Je m’appuie sur mon expérience de ces grands rendez-vous et j’essaie d’aborder les échéances sans me projeter», explique le triple lauréat du tournoi (2011, 2014 et 2015).  Avec AP

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DUEL EN HAUTE ALTITUDE

Pour la troisième année consécutive, il y aura un nouveau finaliste à Londres, et il sera de taille : l’Américain John Isner (2,08 m, 6’8’’) ou le Sud-Africain Kevin Anderson (2,03 m, 6’7’’) succédera au Canadien Milos Raonic, battu en 2016 par Andy Murray, et au Croate Marin Cilic dominé en 2017 par Roger Federer.

Après son coup d’éclat face au tenant du titre, Anderson va-t-il confirmer? Le Sud-Africain de 32 ans a déjà l’expérience de ces altitudes en Grand Chelem, lui qui a perdu la finale des Internationaux des États-Unis contre Rafael Nadal en septembre dernier.

Ce n’est pas le cas d’Isner, 33 ans, présent pour la première fois dans le dernier carré d’un tournoi majeur. Mais le géant domine 8-3 dans leurs confrontations et a remporté l’unique sur herbe (à Queen’s en 2008).  AFP