Le Chilien Vicente Parraguire et les Français Chistopher Lavie et Juliette Cinato auront le coeur à la fête même s’ils passeront Noël loin de la maison.

Noël au «bout du monde»

Le temps de Noël s’avère toujours un moment unique, surtout lorsqu’on célèbre loin de la maison. Pour certains, le bout du monde s’appelle Québec sous la neige. Venus de France ou du Chili, quatre athlètes étrangers membres des clubs du Rouge et Or de l’Université Laval se racontent à travers famille et traditions, épiçant leurs plats des Fêtes de recettes du Congo, de l’Algérie, des Alpes et du Sénégal, en passant par New York et Winnipeg.

UNE TOUCHE DU MAGHREB

«Noël, c’est un souper chez ma grand-mère Berradia, à Dammarie-les-Lys. C’est là que je retrouve mes cousins et petites cousines, des gens que je n’ai pas souvent l’occasion de voir pendant l’année. Nous sommes une petite famille très soudée. C’est un bon repas avec des spécialités maghrébines, comme un bon couscous, ou encore une bonne dinde aux marrons à la française!»

Nizar Houhou donne l’eau à la bouche juste d’en parler. Mais depuis six ans, c’est au Québec que le gardien de soccer originaire de la banlieue parisienne passe le temps des Fêtes. Il retrouve néanmoins les odeurs et les goûts de sa jeunesse, car sa fiancée, une avocate montréalaise originaire d’Algérie, l’invite au domicile familial de Ville Mont-Royal.

Le joueur de soccer Nizar Houhou, de Melun, en France

Arrivé au Québec en 2011, celui qui été nommé meilleur portier universitaire du soccer universitaire canadien cette année en est à sa troisième équipe. Avant le Rouge et Or, il esd passé par l’Université de Montréal et l’UQAM.

Il fera trois ans et trois saisons à l’Université Laval pour décrocher son diplôme d’éducateur physique, mais son port d’attache demeure la métropole. L’amour l’y ramène toujours, mais aussi les amitiés et une diversité ethnique qu’il ne retrouve pas dans la capitale.

Il souligne que la nativité de Jésus ne revêt pas autant d’importance pour les musulmans. «On célèbre Noël quand même, mais sans que ce soit religieux», précise-t-il. «C’est la fête des enfants. Je préparais le sapin avec ma maman, je mettais les guirlandes, je croyais au Père Noël! C’est vraiment le temps des cadeaux. J’en garde de très bons souvenirs», raconte celui qui très tôt trouvait des gants de gardien à son nom sous l’arbre, ayant embrassé cette position dès l’âge de huit ans.

Le grand frère

Son père, qui était retourné vivre en Algérie, est décédé l’an dernier. Sa mère est veue  le visiter cet été, trois semaines à la chouchouter et à la promener dans son pays d’adoption. Il a aussi un frère, plus jeune, journaliste à Canal +.

À Québec, Houhou se fait le grand frère de jeunes joueurs dans l’équipe du Rouge et Or. Pour les guider et leur éviter des détours inutiles. Le vétéran de 28 ans n’hésite pas non plus à lancer des invitations chez sa belle-famille, question de s’assurer que personne ne passe Noël seul.

***

TOUR DU MONDE AUTOUR DU SAPIN

Noël, c’est la famille. Celle de Christopher Lavie a longtemps été dispersée. Elle l’est encore puisqu’au lieu de visiter sa mère à Saint-Michel-sur-Orge, en banlieue de Paris, ou encore son père au Congo, pays où il espère mettre les pieds pour la première fois l’an prochain, le défenseur du Rouge et Or soccer fête cette année à Québec.

«Un de mes frères vivait en Israël, l’autre a vécu au Maroc un petit moment et moi, j’ai été plusieurs années dans une académie du sud de la France», à Bordeaux, explique celui qui a apprivoisé l’hiver québécois dès janvier dernier, après quatre ans passés en Floride.

Le joueur de soccer Christopher Lavie, d'Évry, en France

«Le temps des Fêtes, c’était pour moi l’occasion de rentrer à la maison et de voir des amis et des cousins de Paris que je ne voyais pas le reste de l’année. C’était une rare occasion de revoir les gens avec qui j’ai grandi. C’était quelque chose de précieux. On avait aussi des amis qui venaient d’Afrique du Nord, des Portugais... Ma mère préparait parfois des plats typiquement africains, congolais, et d’autres fois, elle faisait quelque chose un peu plus français, comme de la raclette», se remémore-t-il avec une pointe de nostalgie.

Un peu de chaleur...

Il envisage cette fois de faire la fête en compagnie d’amis et coéquipiers avec qui il a évolué cet été au sein du Royal-Sélect de Beauport, des Sénégalais. «On n’a pas de plan spécifique, mais on s’est dit qu’on allait se réunir et manger de la nourriture sénégalaise, pour ramener un peu de chaleur dans le froid québécois!» lance Lavie, en riant. À moins qu’il accepte l’invitation de son gardien de but, Nizar Houhou, à l’accompagner dans sa belle-famille, à Montréal.

Il fera assurément un petit coucou par appel-vidéo chez sa mère, qui reçoit son frère, sa sœur et leurs enfants. «Pour se voir et se souhaiter joyeux Noël. Même si je suis loin, c’est quand même important de garder ce lien avec la famille malgré la distance», indique-t-il, ajoutant aimer assister à la messe de minuit. Quant au Nouvel An, il espère rejoindre un ami installé à New York et davantage s’éclater. «Au jour de l’An, on ne pense pas trop à la famille et on se lâche», résume-t-il, à propos de côté plus festif et moins spirituel lié à la Saint-Sylvestre.

***

SI LOIN DE L'ÉTÉ CHILIEN

Réglons une chose tout de suite. À Noël, à Santiago, la capitale du Chili, le mercure dépassera 30 °C. Mais Vicente Parraguirre a plutôt choisi de rester à Québec. Et mercredi, il part au Manitoba.

L’attaquant étoile du club de volleyball masculin du Rouge et Or passe ses Fêtes au nord par obligation. Du 27 au 30 décembre, ses coéquipiers et lui disputeront un tournoi à l’Université de Winnipeg. «Depuis que je suis arrivé à Québec, en 2014, le seul Noël que j’ai passé ici, c’est à ma première année. Et il n’y avait pas de neige. Il faisait chaud!» se rappelle celui que tous appellent Vicho.

Très proche de ses parents et ses deux frères, il est rentré au Chili la deuxième année et l’an dernier, un agréable compromis leur a permis de célébrer tous ensemble au Mexique. Cette fois encore il les verra, mais ni à Québec ni à Santiago. C’est plutôt du côté de New York que les Parraguirre Villalobos passeront Noël et le Nouvel An, tandis que le jeune volleyeur effectuera un aller-retour express dans la Grosse Pomme du 23 au 25. Entraînement le 26, au PEPS.

L’incontournable messe de Noël

«Même si c’est l’été au Chili, Noël est quelque chose d’important», raconte Vicho. «Les cousins, cousines, oncles et tantes du côté de ma mère et du côté de mon père, tout le monde venait chez nous le soir du 24 décembre, pour un gros souper. On attend à minuit pour ouvrir les cadeaux. À minuit moins cinq, on amène les enfants faire un tour dehors pour chercher Papa Noël, pendant que les autres mettent tous les cadeaux sous le sapin», explique Parraguirre avec un grand sourire, à propos de traditions un peu perdues puisque le plus jeune de ses cousins a maintenant 15 ans.


Le volleyeur Vicente Parraguirre, de Santiago, au Chili

Le Chili étant un pays très catholique, Vicente et sa mère tiennent encore beaucoup à assister à la messe de Noël et y traînent souvent ses frères.

À Québec, le pilote du  Rouge et Or volley masculin Pascal Clément se fait un devoir chaque année de tenir un réveillon d’équipe avant le temps dans son grand appartement de Limoilou. Cette activité appréciée réunit joueurs et entraîneurs dans un contexte festif, avec repas du (coach en) chef et échange de cadeaux.

***

DE LYON À VENISE(-EN-QUÉBEC)

D’ordinaire, Juliette Cinato passe un Noël vert. Pas qu’il fasse si chaud à Lyon à ce temps-ci de l’année. Mais pour avoir de la neige, elle et sa famille vont skier dans les Alpes, à une centaine de kilomètres de la maison.

Cette année, la jeune Française a toutefois décidé de s’offrir la totale : un périple des Fêtes à Venise... en-Québec. Village bucolique de la campagne québécoise situé au bord du lac Champlain, à deux pas de la frontière américaine. Pas de canaux ni de gondoles ici, plutôt pêche sur glace et motoneige.

«Je ne connais absolument pas», dit-elle à propos de son étonnante destination. «C’est un peu plus typique, j’ai l’impression», poursuit celle qui a été invitée par son amie et coéquipière du club d’athlétisme du Rouge et Or de l’Université Laval, Roxanne Bessette.

Juliette Cinato, de Lyon, en France, fait partie de l'équipe d'athlétisme, en saut en hauteur.

Elle y passera cinq jours avant d’aller chercher ses parents et trois de ses frères et sœurs le jour de Noël, à Montréal. Toute la famille, sauf une sœur, sera donc réunie au Québec, puis à Québec, pour des Fêtes à la québécoise. «On va aller skier, voir un match de hockey et, selon la météo, faire diverses balades. La neige permet de faire plein d’activités qu’on ne fait pas en France, alors on ne va pas s’ennuyer», promet celle qui profitera du grand cœur, et surtout du grand appartement, d’une autre coéquipière pour loger sa famille jusqu’au 4 janvier.

Ici en échange pour un an, elle habite les résidences de l’université. Avec une compétition à Sherbrooke dès le 6 janvier pour ouvrir la session d’hiver, elle ne compte pas trop s’éloigner du PEPS et de ses installations d’entraînement. «Je suis venue ici en immersion et je ne voulais pas rentrer durant mon séjour. Je crois que chaque période de l’année est à vivre ici. Je vais vraiment pouvoir vivre les deux cultures pendant les Fêtes et ce sera une belle expérience de vivre ça avec ma famille. J’ai hâte de voir!»

Cinato a aussi eu une fête de Noël avec sa famille québécoise, le club d’athlétisme du Rouge et Or. Les athlètes avaient fait une pige secrète entre eux et les entraîneurs ont reçu... des bas!