En plus de la pub télévisée dévoilée mercredi — et qui sera officiellement diffusée pour la première fois jeudi soir pendant le match d'ouverture de la saison de la NFL —, Nike a installé de grands panneaux publicitaires mettant en vedette Colin Kaepernick dans les grandes villes américaines.

Nike dévoile sa première pub avec Kaepernick

Nike a dévoilé mercredi sa première annonce Just Do It où le narrateur est Colin Kaepernick, une publicité qui sera diffusée lors du match inaugural de la saison de la NFL, jeudi soir. Il est aussi prévu que l’annonce soit vue lors des Internationaux de tennis des États-Unis, lors de télédiffusions du baseball majeur et du football de la NCAA, notamment.

L’annonce de deux minutes inclut notamment LeBron James, Serena Williams et Alphonso Davies, et aborde la controverse des joueurs de la NFL qui protestent contre les inégalités raciales, la brutalité policière et d’autres problèmes en manifestant lors de l’hymne national.

Kaepernick y parle d’un bout à l’autre. L’ancien quart des 49ers dit entre autres : «Croyez en quelque chose, même si ça veut dire de tout sacrifier. [...] Si les gens disent que vos rêves sont fous, s’ils rient de ce que vous pensez pouvoir faire, bon. Restez comme vous êtes, parce que ce que ces gens ne comprennent pas, c’est qu’appeler un rêve fou n’est pas une insulte, c’est un compliment.»

Le problème demeure entier

L’accord entre Nike, fournisseur de la NFL, et Kaepernick a créé la polémique sur les réseaux sociaux. «Je défends quiconque croit au changement. Je défends quiconque croit en une attitude positive. Je suis avec Nike, tous les jours, toute la journée», a déclaré LeBron James mardi lors d’un défilé de mode de Nike, à New York.

«Comme la NFL, dont les cotes ont ÉNORMÉMENT baissé, Nike se fait complètement massacrer par la colère et le boycottage», a gazouillé mercredi le président Donald Trump, souvent acerbe envers les joueurs de la NFL mêlés aux protestations. «Je me demande s’ils savaient que ça prendrait cette tournure?»

Pour la troisième saison consécutive, la NFL est donc prise au piège le mouvement lancé par Kaepernick. En mai, les 32 propriétaires d’équipes étaient pourtant parvenus à un accord après deux jours d’âpres discussions : les gestes de boycottage seraient autorisés... à condition que les protestataires restent dans les vestiaires. Deux mois plus tard, après les protestations de l’Association des joueurs qui déplorait ne pas avoir été consultée, cette règlementation a été gelée.

L’enjeu est de taille pour la NFL. Alors que l’affaire Kaepernick divise profondément les États-Unis comme le montre un récent sondage pour NBC News et le Wall Street Journal — 43 % des personnes interrogés trouvent «appropriés» les gestes de protestation, contre 54 %, un chiffre qui bondit à 88 % chez les électeurs républicains — , les cotes d’écoute à la télévision s’effritent avec une baisse de 7 % sur un an. Au point que les deux géants de l’audiovisuel ESPN et CBS ont décidé de ne plus diffuser le protocole d’avant-match pour éviter de montrer d’éventuelles protestations.

Sauf, bien sûr, en février prochain pour le Super Bowl, qui attire chaque année devant leurs petits écrans plus de 110 millions de téléspectateurs américains. Avec AFP