Soumis au ballottage par deux équipes en début de saison, Antti Niemi a rebondi avec le Canadien. Sa persévérance lui a valu l'honneur d'être nommé candidat de l'équipe pour l'obtention du trophée Bill-Masterton.

Niemi candidat du Tricolore pour le trophée Bill-Masterton

MONTRÉAL — Antti Niemi ignorait ce que l’avenir lui réservait le 13 novembre dernier lorsque son nom a été soumis au ballottage pour la deuxième fois en trois semaines. S’il ne peut s’avancer sur le sort qui l’attend la saison prochaine, le gardien de 34 ans sait qu’il veut demeurer dans la LNH et il semble avoir une petite idée de l’endroit qu’il privilégie.

Homme peu bavard, qui pèse chacun de ses mots et dont le lourd accent anglais trahit ses origines nord-européennes, le Finlandais a laissé sous-entendre qu’il avait peut-être trouvé un nouveau foyer à Montréal. Un foyer qu’il n’a pas nécessairement envie de laisser derrière.

«Au hockey, la chose la plus importante quand tu joues bien et que tu es à l’aise par rapport au niveau de ton jeu, c’est d’avoir l’impression de te sentir à la maison. Les choses se sont très bien passées ici et j’aimerais revenir ici. Je me sens vraiment bien ici», a indiqué le gardien, qui est susceptible de devenir joueur autonome à la fin de la saison.

Ces commentaires, Niemi les a émis en marge de sa sélection à titre de candidat du Canadien pour l’obtention du trophée Bill-Masterton, récompensant l’esprit sportif, la persévérance et le dévouement au hockey. Il a récolté 35 points, dont huit votes de première place, lors du scrutin mené auprès du chapitre de Montréal de l’Association des chroniqueurs de hockey professionnel. Il a devancé Brendan Gallagher par six points.

Si l’on fait abstraction de sa modeste fiche de 6-4-4, Niemi présente des statistiques qui se classent parmi les meilleures de sa carrière de dix saisons dans la LNH. En 17 matchs avec le Tricolore, dont 15 à titre de partant, il affiche une excellente moyenne de buts alloués de 2,25 et un taux d’arrêts tout aussi étincelant, à ,936.

Une pensée pour Koivu et Selanne

En apprenant sa nomination, Niemi a eu une pensée pour deux illustres compatriotes, incluant un ancien porte-couleurs du Canadien. «C’est certain que ça me rappelle Saku [Koivu, 2002] et Teemu [Selanne, 2006], qui ont gagné le trophée après leurs batailles respectives. Aussi, ça représente l’attitude face à la vie et au hockey, et la persévérance dans les moments difficiles.»

Des moments difficiles, Niemi en a eu sa large part pendant les six premières semaines du calendrier. Vers la fin d’octobre, Pittsburgh a soumis son nom au ballottage. Réclamé par la Floride, il a subi le même sort à la mi-novembre. Déjà que Dallas avait décidé de racheter son contrat à la fin de 2016-2017.

«Dans ce métier, vous ne savez jamais quel est votre avenir. J’ignorais ce qui allait se produire, mais j’ai décidé de continuer et de laisser arriver les choses, si elles devaient arriver.»

L’entrée en scène de Niemi à Montréal lui a donné une troisième chance et lui a permis de renouer avec l’entraîneur des gardiens Stéphane Waite, avec lequel il a été associé avec les Blackhawks de Chicago entre 2008 et 2010. Niemi a d’ailleurs fait graver son nom sur la Coupe Stanley en 2010.

Ce deuxième «mariage» est sans doute au cœur des succès de Niemi.

«Il n’y a pas de doute que ç’a été vraiment agréable de travailler de nouveau avec Stéphane et de se concentrer sur les petites choses, jour après jour. Le fait d’être resté ici aussi longtemps m’a également aidé.»

Outre Koivu en 2002, quatre joueurs du Canadien ont gagné le trophée : Claude Provost (1968), Henri Richard (1974), Serge Savard (1979) et Max Pacioretty (2012). Le successeur à Craig Anderson, des Sénateurs d’Ottawa, sera connu lors du gala de remise de trophées au mois de juin.