Nicholas Latifi de Montréal prendra la place chez Williams du vétéran pilote polonais Robert Kubica, qui avait déjà annoncé son départ, et sera le coéquipier du Britannique George Russel.

Nicholas Latifi au volant d’une Williams en 2020

MONTRÉAL — Pour la première fois de l’histoire de la série reine du sport automobile, deux pilotes canadiens s’affronteront en piste la saison prochaine en Formule 1.

Nicholas Latifi, de Montréal, sera au volant d’un bolide de l’écurie Williams en 2020. Il prendra la place du vétéran pilote polonais Robert Kubica, qui avait déjà annoncé son départ, et sera le coéquipier du Britannique George Russell.

Lafiti, qui est âgé de 24 ans, rejoindra ainsi sur le circuit un autre pilote québécois, Lance Stroll, qui évolue au sein de l’écurie Racing Point. Stroll a fait ses débuts en Formule 1 avec Williams en 2017.

Latifi est familier avec l’équipe Williams, puisqu’il a pris part à des tests, des exercices en simulateur ainsi qu’à six séances d’essais libres avec elle au fil de la saison 2019.

«Je suis reconnaissant envers l’opportunité que m’offre Williams. J’ai apprécié ma première saison avec eux — dès la première journée à leur usine, a évoqué le fils du milliardaire Michael Latifi. L’ambiance est très agréable au sein de l’équipe et tout le monde m’a fait sentir confortable dès le départ. C’est important quand tu te retrouves dans un nouvel environnement.

«Je ne sous-estimerai pas le défi qui se dresse devant moi, puisque je serai une recrue en F1, mais je suis extrêmement motivé et très déterminé à tout donner, a-t-il ajouté. Je ferai tout en mon pouvoir pour faire progresser l’équipe et atteindre les résultats que nous visons.»

À sa troisième saison en Formule 2, Latifi a terminé deuxième au classement général. Il a notamment enregistré quatre victoires, et grimpé à sept reprises sur le podium.

«Je suis très excité à l’idée de devenir un pilote de Formule 1 à temps plein la saison prochaine, a-t-il déclaré dans un communiqué émis par l’équipe britannique. C’est un rêve devenu réalité, et un objectif que je m’étais fixé pendant la moitié de ma vie.

«C’est un peu invraisemblable. Je ne crois pas que je vais le réaliser avant de me retrouver sur la grille de départ [au Grand Prix d’Australie] à Melbourne l’an prochain», a-t-il ajouté, en référence à la première course de la saison, le 15 mars 2020.

La directrice de Williams F1, Claire Williams, n’a pas tari d’éloges envers le représentant de l’unifolié.

«Nous avons tous été très impressionnés par ce qu’il a accompli cette saison en F2, tant au niveau de son dévouement envers l’équipe, que par son travail dans les coulisses, a-t-elle expliqué. Nicholas est devenu un membre respecté et établi chez Williams, et nous avons hâte de travailler avec lui dans son nouveau rôle, tandis que nous luttons pour retourner en milieu de peloton.»

D’ici aux premiers coups de roue officiels de Latifi au volant d’une voiture Williams en 2020, Latifi participera aux essais privés organisés par le manufacturier de pneus Pirelli au circuit d’Abou Dhabi la semaine prochaine.

Il se rendra ensuite à Barcelone afin de prendre part aux essais hivernaux, qui se dérouleront d’abord du 19 au 21 février, puis du 26 au 28 février, sur le circuit de Catalunya.

Dumontier au septième ciel

Les écuries de Formule 1 se préparent à disputer la dernière épreuve de la saison, le Grand Prix d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, dimanche.

Le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier, est sur place depuis quelques heures, et il a confié à La Presse canadienne jeudi avoir assisté à la rencontre chez Williams au cours de laquelle Claire Williams a annoncé l’embauche de Latifi au reste de l’équipe. Un moment très émotif, selon Dumontier.

«C’est historique! Deux pilotes canadiens permanents sur la grille; ça ne s’est jamais produit dans l’histoire de la F1. Si on parlait aux 22 promoteurs des courses en F1, je suis certain qu’ils voudraient tous avoir un pilote de chez eux, inscrit au championnat, a-t-il dit au bout du fil. C’est l’une des raisons qui expliquent ma présence à Abou Dhabi.»

En ce sens, Dumontier ne cache pas qu’il salive déjà à l’idée de pouvoir compter sur deux pilotes canadiens pour faire la promotion du Grand Prix du Canada de l’an prochain.

«Deux pilotes canadiens, ça nous offre des ouvertures que nous n’avions pas auparavant, a-t-il dit. Nicholas, il est né à Montréal et il a déménagé à Toronto avec sa famille quand il était jeune. Toronto, nous n’avons jamais caché que c’est un marché qui est important pour nous. On va travailler avec Nicholas, car il pourra jouer un rôle très important au niveau promotionnel; il va nous donner plus de visibilité, dans le reste du Canada.»

Quant à la possibilité de voir des gradins Nicholas Latifi pousser aux côtés de ceux Lance Stroll sur le circuit Gilles-Villeneuve l’été prochain, Dumontier s’est fait plus discret — pour le moment.

«Il nous reste encore de l’espace pour agrandir. Nous ne sommes pas encore revenus aux années de Jacques Villeneuve [en termes de foules], mais il y a encore de la place pour de nouvelles tribunes. On va s’asseoir avec le clan Latifi et regarder ce qu’on peut faire à ce niveau-là», a-t-il mentionné.

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LECLERC JURE QU'IL SE COMPORTERA MIEUX AU GP D'ABOU DHABI 

ABOU DHABI — Charles Leclerc jure qu’il se comportera mieux ce week-end au Grand Prix d’Abou Dhabi, et qu’il évitera à tout prix un autre accrochage comme celui qui a expédié les deux voitures Ferrari dans le décor lors de la dernière course.

Leclerc veut conclure sa première saison avec Ferrari sur une bonne note, mais il est conscient qu’il n’obtiendra pas carte blanche pour lutter pour la victoire — compte tenu de ce qui s’est produit il y a deux semaines au Grand Prix du Brésil.

Il a effectué une manœuvre propre, mais audacieuse, pour surprendre à l’intérieur son coéquipier chez Ferrari Sebastian Vettel dans les derniers tours à Interlagos. Le vétéran pilote allemand, qui a peut-être l’impression d’être poussé vers la sortie par son jeune coéquipier, a cependant riposté en donnant un coup de volant dans l’ouverture à droite vers Leclerc pour reprendre sa position.

Ils sont entrés en collision alors qu’ils luttaient pour la quatrième place, et n’ont donc pu inscrire aucun point de classement pour le prestigieux manufacturier italien. La “Scuderia” était déjà assurée de terminer loin derrière Mercedes, tant au classement des pilotes qu’à celui des constructeurs.

Lutte intestine

Ces enjeux ont été éclipsés par la lutte intestine entre Vettel et Leclerc.

«Nous devrions être moins agressifs l’un envers l’autre. C’est malsain pour l’équipe, a dit Leclerc jeudi en marge du Grand Prix d’Abou Dhabi. Les conséquences ont été très lourdes lors de la dernière course, même s’il [le contact] a été très léger. Je suis certain que ça ne se reproduira plus.»

L’incident qui s’est produit à Sao Paulo a mis en lumière la lutte pour le poste de pilote numéro 1 de Ferrari que se livrent Leclerc, un espoir monégasque, et Vettel, quadruple champion du monde de F1.

L’Allemand est certes plus expérimenté, mais parfois il a dû plier l’échine devant la rapidité de Leclerc, qui a été propulsé au sein de l’équipe italienne après n’avoir passé qu’une seule saison en F1 chez Sauber.

La hiérarchie chez Ferrari est donc difficile à cerner, et des tensions ont éclaté en maintes occasions cette saison. Les pilotes ont discuté de l’incident au Brésil, et le directeur chez Ferrari Mattia Binotto a mentionné que ses protégés étaient conscients que cet accrochage spectaculaire était «inacceptable».

Leclerc a de toute évidence reconnu ses torts. Il a dit avoir tiré une leçon de cet incident. «Nous l’avons analysé, surtout moi personnellement, et j’ai essayé de tirer des leçons afin de m’améliorer», a-t-il conclu. Associated Press