Le sélectionneur Tite doit prier pour que Neymar se mette en marche, alors que le Brésil, sans victoire à ses trois derniers matchs au Mondial, voudra éviter de se faire surprendre par le Costa Rica, vendredi.

Neymar et le Brésil au pied du mur

SOTCHI — Cette fois, il faut franchir l’obstacle! Même diminué, Neymar doit enfin lancer le Mondial du Brésil, vendredi à Saint-Pétersbourg face au Costa Rica (8h).

Dans le tableau de marche de la Seleçao, personne n’imaginait trébucher d’entrée en se cassant les dents sur la muraille suisse (1-1), dimanche. Ce faux départ complique la situation du Brésil, un des favoris pour l’emporter en Russie avant le début du tournoi.

Les Brésiliens doivent absolument gagner contre le Costa Rica s’ils ne veulent pas se trouver dans une position difficile. La Serbie mène le groupe E avec trois points à la suite de sa victoire contre le Costa Rica et affrontera la Suisse vendredi (14h). La Serbie et le Brésil s’affronteront quant à eux mercredi prochain.

«La pression, on l’a toujours», a balayé le défenseur Thiago Silva. Mais la belle mécanique auriverde d’avant la Coupe du monde (11 matchs sans défaite) connaît des ratés inattendus.

L’autre imprévu, ce sont les douleurs à la cheville droite dont s’est plaint Neymar après avoir subi pas moins de 10 fautes contre la Suisse, quatre mois après avoir été opéré du pied droit. «Ce n’est pas un sacrifice. Oui, il jouerait si ce n’était pas la Coupe du monde. L’entraîneur ne va pas être malhonnête et jouer avec la santé de ses joueurs», a rassuré le sélectionneur Tite.

Dépendance à chasser

Ces inquiétudes ont sans doute rappelé aux Brésiliens les tristes heures du Mondial de 2014 à domicile quand Neymar, blessé à une vertèbre, avait déclaré forfait avant l’humiliation en demi-finales contre l’Allemagne (7-1). Bref, il reste des fantômes à chasser, dont le spectre de la Neymar-dépendance. Car même diminué, le joueur le plus cher de l’histoire (340 millions $CAN) reste indispensable aux quintuples champions du monde, même s’il est parfois jugé trop individualiste.

Tite s’est d’ailleurs fâché jeudi quand on lui a demandé s’il avait rencontré Neymar afin de l’encourager à être moins égoïste. «Absolument pas. L’information que vous avez est fausse», a-t-il dit en haussant le ton, parlant de mensonge. «Ça n’est pas arrivé.»

Et il est hors de question toutefois de brider les velléités offensives de Neymar. «Je ne vais pas lui enlever la possibilité d’être un génie dans les 30 derniers mètres», a scandé Tite.

Le génie ferait bien de revenir maintenant pour des Brésiliens qui restent, mine de rien, sur une série de trois matchs d’affilée sans succès en Coupe du monde. Une situation bien improbable pour eux!

Contre le Costa Rica, le Brésil devra éviter de s’affoler, dans un tournoi où nombre de favoris se sont fait surprendre par des équipes moins bien cotées. «Nous devons rester calmes, faire tourner le ballon davantage et trouver l’ouverture au bon moment», prévient Coutinho.

«Il est clair que ce sera difficile. Beaucoup de gens pensent que parce que nous sommes le Brésil, nous allons gagner facilement et marquer beaucoup... Mais tout le monde est prêt à se battre et nous devons fournir 110 % de nous-mêmes», a ajouté Coutinho.

Le Neymar «pas à 100 %» d’il y a une semaine saura-t-il grignoter quelques points de pourcentage? «Nous attendons beaucoup de ce match et j’espère que nous réussirons une bien meilleure performance que l’autre jour. Nous voulons gagner», a conclu l’intéressé.  Avec AP