L’entraîneur-chef du Rouge et Or, Glen Constantin, et son rival des Carabins, ont posé vendredi avec la Coupe Dunsmore, qui sera à l’enjeu samedi au PEPS de l’Université Laval.

Neuvième titre d'entraineur de l'année pour Constantin

Il commence à en faire une habitude! À sa dix-neuvième saison comme entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval, Glen Constantin a décroché vendredi un neuvième titre d’entraîneur de l’année au football universitaire québécois.

Deux autres représentants du Rouge et Or, le joueur de ligne défensive Jean-William Rouleau et le retourneur de bottés et receveur de passes Antoine Dansereau-Leclerc, ont aussi été honorés lors de la remise des honneurs individuels du Réseau du sport étudiant du Québec (RSEQ) à la veille du match de la Coupe Dunsmore entre les Carabins de l’Université de Montréal et le Rouge et Or. Rouleau a obtenu le titre de recrue défensive de l’année alors que Dansereau-Leclerc a été nommé joueur de l’année au sein des unités spéciales.

Toujours humble, Constantin a préféré faire rejaillir l’honneur sur son personnel d’entraîneurs à qui il attribue le succès de son équipe en cette saison où sept partants, dont le quart Hugo Richard et l’ailier défensif Mathieu Betts, ont quitté l’équipe après avoir complété leur formation scolaire. «Il y a une constance et une compréhension avec mes adjoints. On connaît nos rôles, on connaît nos attentes. Les gars ont fait une grosse job de coaching», a-t-il brièvement commenté après avoir reçu son prix. David Carson, entraîneur des quarts-arrière et coordonnateur des unités spéciales de McGill, a pour sa part reçu le prix d’assistant-entraîneur de l’année.

Rouleau surpris

Quant à Rouleau, il a déclaré qu’il n’aurait jamais pensé remporter ce prix au début de la saison, lui qui arrivait du programme collégial de division 3 des Pionniers de Rimouski. «En fait, je ne pensais même pas jouer cette année!», a avoué celui qui a réalisé 12,5 plaqués, dont 3,5 avec perte de terrain, et provoqué un échappé en plus de participer à un sac du quart. «Je pensais travailler à améliorer mon jeu cette année et peut-être jouer l’an prochain, car il y avait quand même d’autres bonnes recrues défensives ici. Mais tranquillement, j’ai pris ma place», a-t-il raconté.

C’est lors du premier match du Rouge et Or contre les Carabins, à Montréal, qu’il a senti qu’il avait sa place dans l’équipe. «La semaine précédente, je n’étais même pas en uniforme! C’était mon plus grand stress de la saison d’avoir mon premier départ dans un match aussi important, mais, en fin de compte, ça s’est bien passé malgré la défaite.»

Dansereau-Leclerc, un joueur de deuxième année, a expliqué de son côté qu’il avait beaucoup appris de joueurs qui ont porté le même numéro 11 que lui auparavant avec le Rouge et Or, notamment Guillaume Rioux, maintenant entraîneur des receveurs de passes du Rouge et Or, et l’ex-receveur de passes Benoît Gagnon-Rousseau. «Benoît m’a beaucoup aidé à ma première année. Pour le reste, ça s’est fait seul, j’ai eu plus de responsabilités et plus de réceptions», a-t-il résumé, avouant qu’il était un peu surpris de décrocher un honneur individuel. «C’est «l’fun» d’avoir un honneur comme celui-là, mais je trouve que les victoires d’équipes sont plus importantes. Je vais être plus satisfait si on gagne la Coupe Dunsmore».

Fait particulier, même s’ils ont terminé au deuxième rang du classement général et qu’ils sont en finale québécoise contre le Rouge et Or, aucun joueur des Carabins n’a obtenu un honneur individuel du RSEQ. Les autres lauréats sont le quart-arrière des Stingers de Concordia, Adam Vance, qui a été nommé athlète par excellence de l’année, son coéquipier receveur de passes Jeremy Murphy, recrue offensive de l’année et recrue par excellence du circuit québécois ainsi qu’Andrew Seinet-Spaulding de McGill qui a été élu meilleur joueur de ligne et meilleur joueur défensif.

Paré honoré

Un autre footballeur de McGill, Alexandre Paré, a reçu le prix du leadership et de l’engagement social. Paré, un joueur de ligne défensive originaire de Neuville et un ancien du Notre-Dame du Campus Notre-Dame-de-Foy, terminera en décembre des études en kinésiologie durant lesquelles il a maintenu une moyenne pondérée de 3.95 sur 4. Il vient de faire une demande d’admission à l’école de médecine et il a aussi joué un rôle important dans la coordination d’une activité de nettoyage d’un secteur de résidences étudiantes situées près du campus. Il a aussi mis en oeuvre une structure très réussie d’imputabilité pour ses coéquipiers afin de participer aux séances d’entraînement régulières entre les saisons et aux autres événements sur le campus.

«Je marche dans ce secteur surnommé le «Ghetto de McGill» tous les jours et parfois, ce n’est pas chic! C’est pour ça que j’ai lancé ce projet de nettoyage. Pour moi, c’est une belle façon de redonner à la société. Nous sommes chanceux de jouer au football!», a-t-il terminé.

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DEUX ADVERSAIRES QUI SE RESPECTENT 

On est loin de l’acrimonie du milieu des années 2000, alors qu’un match de la Coupe Dunsmore avait été terni par une bagarre générale entre les joueurs des Carabins et du Rouge et Or avant le début de la partie. Les deux adversaires qui s’affronteront samedi sont des équipes qui se respectent l’une l’autre, à commencer par les entraîneurs Glen Constantin et Danny Maciocia.

Même si on sait qu’ils sont des ennemis sur le terrain, c’était une atmosphère de franche camaraderie qui régnait vendredi entre Constantin et Maciocia lors de la remise des honneurs individuels du football universitaire québécois. Dès son arrivée, l’entraîneur du Rouge et Or s’est rendu voir son vis-à-vis des Carabins avec qui il s’est immédiatement mis à jaser et à blaguer en anglais, leur langue maternelle.

«C’est une belle rivalité et il y a un grand respect entre nos organisations sur et à l’extérieur du terrain», a d’ailleurs déclaré Maciocia. «En fait, j’aimerais avoir le Rouge et Or comme adversaire chaque fin de semaine, car je n’ai pas besoin de motiver mes joueurs lors de ces affrontements!», a-t-il ajouté dans une entrevue où il accompagnait son rival devant les caméras.

En point de presse, Maciocia a avoué que sa boutade cachait un peu de vérité. «Oui, vous avez raison, il y avait peut-être deux équipes des Carabins cette année et ça m’énerve! J’ai fait une blague en disant que je n’avais pas besoin de les motiver contre Laval, mais c’est quelque chose qui est important là où on est rendus», a-t-il indiqué.

«Je dirais que cette rivalité ressemble à celle entre les Tigers de l’Université d’Auburn et le Crimson Tide de l’Université d’Alabama, aux États-Unis. L’enjeu est gros puisque l’équipe gagnante passe directement dans le carré d’as canadien. Le défi est de contrôler nos émotions. Il faut que tu sois à ton peak le samedi, pas le mardi!», a ajouté Constantin. Ian Bussières