Pour éviter tout débordement de Drake, qui avait écopé d'une mise en garde officielle lors des séries 2018 après un échange d'insultes avec un joueur de Cleveland, Kendrick Perkins, la NBA a prévenu les dirigeants de la franchise canadienne qu'elle ne tolérerait aucun écart de conduite.

NBA : Drake, megastar du rap et super-fan des Raptors

TORONTO — À Toronto, le supporter N.1 des Raptors est plus connu que les joueurs qui défient à partir de jeudi les Golden State Warriors en finale NBA: le rappeur Drake fait aussi le spectacle au bord du terrain.

Il n'y a pas que Kawhi Leonard qui a martyrisé Milwaukee en finale de conférence Est pour offrir à Toronto la première finale de son histoire. Drake aussi a sorti le grand jeu face aux Bucks.

Assis au premier rang lors des matches à domicile de son équipe fétiche, juste à côté du banc des Raptors, l'omniprésente mégastar du rap n'a pas manqué de chambrer le phénomène de Milwaukee Giannis Antetokounmpo après chaque tir raté.

Le rappeur-compositeur-producteur - acteur canadien, né à Toronto - à qui il a consacré plusieurs chansons-, a fait aussi sortir de ses gonds l'entraîneur de Milwaukee Mike Budenholzer en venant masser les épaules du coach de Toronto Nick Curse et en lui prodiguant ses encouragements... en plein match !

Comme s'il faisait partie de l'équipe. Ce qui est (un peu) le cas, puisque Drake, de son vrai nom Aubrey Drake Graham, a depuis 2013 le titre d'ambassadeur de la franchise canadienne.

Pour le remercier de son soutien indéfectible, les Raptors sont allés jusqu'à rebaptiser en mars dernier leur centre d'entraînement qui s'appelle désormais OVO Athletic Center, en référence au label musical OVO (ou October's Very Own) créé en 2012 à Toronto par Drake.

Une chouette, symbole d'OVO qui appartient au géant Warner Music Group, s'affiche au-dessus de l'entrée du centre d'entraînement et sur les survêtements des joueurs de Toronto.

Avertissement de la NBA 

Drake, aussi connu pour ses succès musicaux qui lui ont permis d'amasser une fortune estimée à 140 millions $, que pour ses relations avec Rihanna ou Jennifer Lopez, dispose même dans les vestiaires de son propre casier marqué The Boy, son surnom dans le milieu du hip-hop et du rap.

L'odyssée de Toronto est aussi une victoire personnelle. Elle lui a permis de tordre le cou à sa réputation peu flatteuse de chat noir du sport nord-américain.

En effet, Drake a affiché à plusieurs reprises son soutien à une équipe de basket avant une finale NBA ou du Championnat universitaire ou encore à la reine du tennis féminin Serena Williams, avant de voir ses favoris s'incliner.

Pour éviter tout débordement de Drake, qui avait écopé d'une mise en garde officielle lors des séries 2018 après un échange d'insultes avec un joueur de Cleveland, Kendrick Perkins, la NBA a prévenu les dirigeants de la franchise canadienne qu'elle ne tolérerait aucun écart de conduite.

La présence, très visible, de Drake et ses provocations, n'inquiètent pas les Warriors, doubles champions NBA en titre et favoris de cette finale 2019.

«C'est marrant ce qu'il fait [...] il s'amuse. Je ne peux pas détester quelqu'un qui s'amuse», a souligné le meneur Stephen Curry.

Son coéquipier Klay Thompson, grand fan de Drake et de hip-hop, a assuré qu'il continuerait à écouter les chansons du rappeur pour préparer chaque match de la finale 2019.

«C'est un super artiste, hyper talentueux, je ne l'aime pas comme supporter des Raptors, mais je l'aime comme musicien», a souligné le triple champion NBA. «Je vais éviter ses titres plus doux, genre R & B, car je suis en +mode tueur+ en ce moment, je veux qu'on gagne ce titre», a-t-il prévenu.

Drake va-t-il relancer sa réputation de porte-poisse en inspirant avec ses chansons Thompson and co pour la conquête d'un quatrième titre NBA en cinq ans ?