Le nageur paralympique Nicolas Guy Turbide
Le nageur paralympique Nicolas Guy Turbide

Natation: Nicolas Guy Turbide motivé à l’idée de retourner enfin en piscine

Il aurait pu se rendre à Montréal pour s’entraîner, mais l’ouverture des installations sportives intérieures et des piscines, le nageur paralympique Nicolas Guy Turbide n’aura pas à se taper la distance entre les deux villes.

Ces derniers jours, c’est attaché à un élastique dans la piscine d’un voisin que l’athlète de 23 ans de Cap-Rouge s’activait à retrouver la forme parce que celle de la maison familiale n’est pas disponible pour l’instant en raison de travaux dans la cour arrière. Il pourra donc sous peu s’offrir des longueurs sur le dos, son épreuve de prédilection, dans un bassin à la grandeur de ses aspirations.

Et dans un monde idéal, il vaut mieux pouvoir le faire à l’intérieur.

«En raison de mon handicap visuel, c’est beaucoup plus difficile pour moi de nager sur le dos à l’extérieur lorsqu’il y a un soleil éblouissant. Dans mon cas, c’est vraiment un atout de pouvoir le faire dans une piscine à l’intérieur», expliquait-il en marge de l’annonce de mercredi.

Lorsqu’il replongera dans la piscine du PEPS, présentement vide et en réparation, Turbide pourra aussi s’offrir enfin des entraînements en couloir de 50 mètres puisqu’il n’y a pas de piscine de cette dimension dans les différents parcs de la région.

«Il doit y en avoir une ou deux à Québec, mais des couloirs de 50 m, il n’y en a pas dehors à Québec. On est bien content de pouvoir reprendre l’entraînement, c’est motivant et bon pour le moral. On voit enfin la lumière au bout du tunnel», admet le médaillé de bronze des Jeux paralympiques de 2016, à Rio de Janeiro, au Brésil.

Son dernier entraînement officiel remontait au 14 mars à l’occasion d’un camp tenu en Floride. Après, ce fut la quarantaine au retour à Québec et le confinement. Bien sûr, aucune piscine n’était disponible pour garder la forme.

«Si la pandémie a eu quelque chose de positif, c’est que ça m’a permis de ne rien tenir pour acquis. J’ai réalisé que j’étais chanceux d’avoir la natation comme occupation principale et que c’était un honneur de représenter le Canada dans des compétitions internationales. Dans la vie, il faut apprécier ce que nous avons. Dans la routine de tous les jours, on n’y pense pas, mais on s’en rend compte lorsqu’on est privé de nos passions», précisait-il avec sagesse.

Comme d’autres athlètes d’élite, l’été de Nicolas Guy a été perturbé. À la fin du mois d’août, il devait se retrouver à Tokyo, au Japon, avec de participer aux Jeux paralympiques. Tout cela est repoussé d’un an, en 2021.

«Ça change les plans, c’est certain. J’ai dû le refaire à zéro. Les Jeux sont déplacés quasiment un an, jour pour jour, c’est ma cible, en espérant qu’ils ne soient pas remis… Il faut savoir s’adapter, de toute manière, on n’a pas le choix. Un athlète de haut niveau doit être en mesure de s’ajuster à toutes les situations qui se présentent.»

En raison de sa médaille d’argent au 100 m dos S13 aux Championnats du monde de paranatation de l’IPC, en 2019, Turbide détient déjà sa qualification pour les Jeux en poche. Nommé co-paranageur de l’année au pays en 2019 (il l’avait aussi été individuellement en 2016 et 2018), il pourra se concentrer sur sa préparation et prévoit être de retour au sommet de sa forme deux mois après la reprise régulière de l’entraînement en piscine.

+

«Si la pandémie a eu quelque chose de positif, c’est que ça m’a permis de ne rien tenir pour acquis. J’ai réalisé que j’étais chanceux d’avoir la natation comme occupation principale et que c’était un honneur de représenter le Canada dans des compétitions internationales», estime Nicolas Guy Turbide.