Andrée-Anne Côté et Camille Fiola-Dion ont moins d’occasions de se produire dans leur région, des moments «un peu plus stressant», parce qu’elles veulent bien faire devant leurs proches.

Natation artistique: Québec, avant la qualification olympique

L’équipe canadienne de natation artistique se produit pour une rare fois à Québec, où deux de ses nageuses sont comme à la maison. Cette tranche des Séries mondiales constitue une étape-clé en vue d’une première occasion de qualification olympique, cet été.

Les formations de 13 pays sont réunies dans la piscine du PEPS de l’Université Laval, de jeudi à samedi. Les favorites seront Chinoises et Japonaises, bien que ces dernières n’y soient qu’en solo et en duo. L’absence de plusieurs puissances comme la Russie, le Japon (en équipe), l’Ukraine, l’Espagne, l’Italie, le Mexique et les États-Unis laisse songeur quant à la stratégie de la fédération internationale (FINA) de tenir deux événements des Séries mondiales de nage synchronisée en même temps.

Car pendant que se déroule l’Omnium du Canada à Québec, l’Omnium d’Espagne se tient au même moment à Barcelone. «Pas mal tous les pays d’Europe sont en Espagne, en plus du Mexique et des États-Unis. Mais nous, on est contentes d’être ici et de performer devant nos proches», affirme Andrée-Anne Côté, nageuse de Saint-Georges de Beauce qui en est à sa troisième saison au sein de l’équipe nationale.

Comme sa coéquipière Camille Fiola-Dion, de Rimouski, Côté prendra part aux épreuves technique, libre et acrobatique par équipe, en plus d’être du duo technique. Les deux athlètes de 21 ans nagent ensemble depuis six ans, quand les entraîneuses du club Synchro-Élite de Québec, devenu Québec Excellence Synchro, les ont associées en duo dès leur première année junior.

Elles ont aujourd’hui moins d’occasions de se produire devant famille et amis. «C’est un peu plus stressant parce qu’on veut bien faire devant nos proches, mais c’est surtout très plaisant», a assuré Fiola-Dion, après leur premier entraînement.

Auparavant coach à Québec Excellence Synchro, Kasia Kulesza s’est aussi jointe à l’équipe canadienne, dans la foulée du renouvellement presque complet de l’équipage après l’échec des Canadiennes à se qualifier pour l’épreuve par équipe des JO de 2016.

L’enjeu des Panams

La compétition de cette fin de semaine constitue une excellente répétition pour les protégées de l’entraîneur Gábor Szauder en vue d’étapes cruciales à venir bientôt. 

Après la Super Finale des Séries mondiales en Hongrie, mi-juin, le mois de juillet s’annonce très chargé avec les Championnats du monde, en Corée, puis les Jeux panaméricains, au Pérou. C’est à Lima que les nageuses artistiques canadiennes peuvent déjà décrocher leur billet pour Tokyo 2020 à l’aide d’une médaille d’or.

La compétition viendra alors des Mexicaines et des Américaines. Les Canadiennes avaient remporté l’épreuve des Panams en 2015, mais la qualification continentale était cette fois-là déjà attribuée aux Brésiliennes à titre de pays hôte des JO de 2016.

«La compétition de Québec nous sert de préparation pour les Mondiaux et les Panams», explique Fiola-Dion. «Notre principal objectif est d’obtenir notre sélection olympique dès cet été, au lieu de passer par un tournoi de qualification au printemps prochain. Nos chances d’être premières aux Panams sont très bonnes! On a une nouvelle équipe, mais pleine de potentiel», assure-t-elle.

Côté a hâte de voir où elles se situent dans la hiérarchie mondiale. Pour l’instant, la confiance règne. «On s’est vraiment améliorées par rapport à l’an passé. On a une belle courbe de progression et on reçoit beaucoup de bons commentaires en compétitions internationales», affirme Côté.

Quatre Québécoises s’alignent au plus haut niveau : Côté, Fiola-Dion, Jacqueline Simoneau et Audrey Joly. Simoneau et Claudia Holzner sont les deux seules sur 12 à avoir participé au précédent cycle olympique sous la gouverne de Meng Chen. Des 12, huit pourraient se tremper dans l’eau de Tokyo pour les JO de 2020. Le nombre d’équipes participantes aux JO est passé de huit à 10.

Les maîtres aussi

Outre la centaine de nageuses de l’élite mondiale qui participent à l’Omnium du Canada au PEPS, quelque 275 nageuses d’expérience participent aux championnats canadiens des maîtres, vendredi, samedi et dimanche, au même endroit. En plus d’une forte majorité de Canadiennes, des athlètes de Washington et du Japon sont aussi au rendez-vous.