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Pour Gabrielle Boisvert, l'appui de Natation Artistique Québec en est un de taille.
Pour Gabrielle Boisvert, l'appui de Natation Artistique Québec en est un de taille.

Natation Artistique Québec appuie les cinq nageuses

Ian Bussières
Ian Bussières
Le Soleil
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Les cinq nageuses qui ont déposé un recours collectif contre Natation artistique Canada pour abus psychologiques et harcèlement ont reçu un appui de taille lundi après le passage de la nageuse de Cap-Rouge Gabrielle Boisvert et de l’ex-championne olympique Sylvie Fréchette à l’émission Tout le monde en parle. Natation artistique Québec, le pendant provincial de l’organisme canadien, leur accorde son appui.

«Les éléments exprimés dans la demande de recours collectif démontrent un problème systémique ancré depuis de nombreuses années, un problème qui dépasse les politiques écrites, qui dépasse la seule équipe d’entraîneurs. Il nous est impératif d’obtenir l’assurance que Natation artistique Canada prendra ses responsabilités envers ses membres actuels et futurs», est-il écrit dans une lettre ouverte publiée lundi et cosignée par la présidente et la directrice générale de Natation artistique Québec, Éléna Thibault-Arsenault et Julie Vézina, ainsi que par les responsables des organismes Sport’Aide, Égale Action et Sports Québec.

Pour Gabrielle Boisvert, cet appui en est un de taille, surtout après le communiqué laconique émis par Natation artistique Canada dimanche et où l’organisme canadien se contente de dire que de nombreuses mesures ont été prises depuis plusieurs années pour remédier aux problèmes qui lui ont été signalés et s’excuse que ses actions n’aient pas été suffisantes.

«On voit quand même qu’il y a des gens qui nous comprennent. Natation artistique Québec a pris position et nous a donné son appui. Pourquoi Natation artistique Canada ne peut pas faire la même chose?» se demandait Gabrielle Boisvert, toujours entraîneuse au Club Québec Excellence Synchro, en entrevue avec Le Soleil lundi.

«La réponse de Natation artistique Canada, je crois que ça montre qu’ils ne nous prennent pas nécessairement au sérieux. Dans ma carrière, j’ai souvent essayé de lever des drapeaux rouges et c’est le même message que j’avais : “On t’entend, on te comprend”. Mais ils ne prennent pas leurs responsabilités! C’est comme quand j’avais envoyé une lettre ouverte et qu’on m’avait dit qu’on nous comprenait, mais qu’ils étaient en manque d’effectifs...», poursuit-elle. 


« Mes nageuses ne devraient jamais avoir à vivre ce que j’ai vécu. Il y a d’anciennes mentalités, mais le monde évolue et les jeunes n’acceptent plus ça »
Gabrielle Boisvert, entraîneuse au Club Synchro-Élite

L’athlète de 26 ans ne regrette pas du tout d’avoir levé le voile, en compagnie de ses ex-coéquipières Chloé Isaac, Gabriella Brisson, Erin Wilson et Sion Ormond, sur le climat toxique et les abus psychologiques qui règnent dans l’équipe nationale de nage synchronisée où elles ont été entraînées par Julie Sauvé, Meng Chen, Leslie Sproule et Gabor Szauder.

«Au départ, tout le monde avait peur de nous appuyer par crainte de représailles de Natation artistique Canada. C’est “l’fun” de voir qu’après qu’on se soit levées et qu’on en ait parlé publiquement, des gens commencent à nous appuyer», poursuit-elle.

«Moi, contrairement aux quatre autres filles, je suis encore dans le monde de la nage synchronisée. Je suis encore coach et je suis encore affiliée avec Natation artistique Canada. Mes nageuses ne devraient jamais avoir à vivre ce que j’ai vécu. Il y a d’anciennes mentalités, mais le monde évolue et les jeunes n’acceptent plus ça. Il faut que les coachs évoluent aussi, et pas seulement en natation artistique, mais dans tous les autres sports», poursuit celle qui invite maintenant toutes les anciennes membres de l’équipe nationale qui ont vécu des situations similaires et qui ont besoin de s’exprimer à se joindre à leur cause.