Si, lors de l'entrée des Predators dans la LNH en 1998-1999, les fans de Nashville n'étaient pas très familiers avec le hockey, le vent a maintenant tourné, l'équipe étant plus populaire que jamais, avec notamment 58 matchs de suite disputés à guichets fermés.

Nashville loin des sessions de «Hockey 101»

Terry Crisp déplore que lui et Pete Weber n'aient pas enregistré leurs sessions de «Hockey 101» mises sur pied durant les premiers moments de l'existence des Predators de Nashville.
Les responsables du club d'expansion de la LNH avaient demandé à Crisp et Weber, le premier duo de commentateurs de l'histoire de l'équipe, d'enseigner les règles du hockey à un public davantage familier avec un sac du quart ou avec l'importance de l'économie de carburant lors d'une épreuve de la série NASCAR.
Les Predators ont organisé des sessions dans une petite salle de théâtre devant des gens qui, pour la plupart, avaient vu des parties uniquement à la télé ou des rencontres des ligues mineures lors desquelles les participants excellaient dans l'art de se battre. Selon Crisp, un ancien joueur et entraîneur-chef dans la LNH, lui et Weber rigolent encore lorsqu'ils songent aux changements de trios qui, aux yeux de ces nouveaux amateurs, ressemblaient à des exercices d'évacuation lors d'incendies.
«Peu importe le nombre de fois que nous l'avons expliqué, peu importe comment nous tentions de l'expliquer, ils ne parvenaient pas à comprendre», a raconté Crisp, vainqueur de deux Coupes Stanley à titre de joueur et d'une autre comme entraîneur-chef. «Pete et moi aurions dû écrire tout ça! C'était amusant et nous tentions de rendre la chose éducative.»
Les amateurs ont bien appris les leçons et leur équipe a servi des cliniques de hockey à ses adversaires, permettant aux Predators de se qualifier pour la toute première grande finale depuis leur inclusion dans la LNH en 1998-1999.
Des vedettes sur les lieux
La frénésie à «Smashville» devrait atteindre un niveau inégalé samedi (20h), alors que les Predators seront les hôtes du troisième match de la finale - une autre première de leur histoire - que les Penguins mènent 2-0. La fierté n'épargne pas les vedettes de la musique country et les autres athlètes professionnels.
D'ailleurs, la grande question est de savoir l'identité de l'interprète de l'hymne national des États-Unis. Carrie Underwood, la femme du capitaine Mike Fisher, a parti le bal avant la troisième rencontre de la série de premier tour contre les Blackhawks de Chicago. Luke Bryan, Keith Urban et Trisha Yearwood - avec son mari, Garth Brooks, tout près de la patinoire - ont emboîté le pas.
Dans un État où aucune équipe professionnelle n'a remporté le championnat de sa ligue, les Predators méritent aussi le soutien d'athlètes locaux tels le bloqueur Taylor Lewan (Titans du Tennessee, NFL) et Brandan Wright (Grizzlies de Memphis, NBA). Le golfeur Brandt Snedeker a même amené le trophée emblématique de la Coupe Ryder lors d'un match éliminatoire plus tôt cette année.
«Je ne travaille pas pour la Chambre de commerce, mais je vous l'assure : vous et vos amis ne regretterez jamais une visite à Nashville pour voir un match de hockey», a déclaré le directeur général des Predators, David Poile. «L'ambiance est extraordinaire. C'est incomparable. Il ne se fait rien de mieux dans le monde du sport en ce moment.»
Pas si mal pour une organisation qui, jadis, remettait des écouteurs aux détenteurs d'abonnements de saison pour entendre l'explication des règles du jeu pendant les matchs et qui a participé aux séries éliminatoires pour la première fois en 2004.
Dix ans après que le premier propriétaire, las de perdre des millions, eut décidé de vendre son équipe, les Predators ont joué 58 matchs d'affilée à guichets fermés. Et l'électricité autour de Nashville est indescriptible, affirme Lewan. «Si les Preds font le travail, ce pourrait être un endroit extraordinaire pour le sport. Nous sommes tous excités.»
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Jouera? Jouera pas?
Les Penguins de Pittsburgh décideront au dernier moment si Nick Bonino peut affronter les Predators de Nashivlle lors du match numéro trois de la finale de la Coupe Stanley, samedi (20h). Le joueur de centre marche à l'aide de béquilles et porte une botte de protection au pied gauche .
Sidney Crosby a relativisé la situation en disant qu'à ce temps-ci de l'année, les éclopés sont nombreux de chaque côté. «Je pense que tous sont prêts, peu importe qui peut enfiler l'uniforme», a dit le capitaine des Penguins. «Tout le monde va faire tout ce qui est possible pour jouer. Si ce n'est pas possible, quelqu'un d'autre va être prêt à prendre le relais.»
Mercredi, Bonino a été atteint à la cheville gauche par un tir frappé de P.K. Subban, à mi-chemin au premier vingt. Il est allé au vestiaire, mais il est revenu dans le match à partir de la deuxième période.
Bonino fait partie du quatrième trio, mais il a un rôle important en désavantage numérique. S'il doit s'absenter, Carl Hagelin, laissé de côté depuis le début de la finale, pourrait le remplacer.
L'entraîneur-chef Mike Sullivan n'a pas trop voulu dévoiler ses plans, vendredi. «Pour les duos de défenseurs ou les trios, nous essayons de prendre les décisions qui vont nous rendre plus compétitifs que l'adversaire», s'est-il limité à dire.
Son vis-à-vis Peter Laviolette n'a guère été plus volubile à propos de changements potentiels. On ne sait pas s'il va continuer de miser sur Pekka Rinne ou bien s'orienter vers Juuse Saros, une recrue de 22 ans.
Rinne est toutefois au courant. «J'imagine que je vais garder ça secret», a confié le gardien finlandais de 6'5".
Les Penguins mènent la finale 2-0 après des gains de 5-3 et 4-1. Les Predators ont un dossier de 7-1 à la maison lors des présentes séries. Le seul revers est survenu en prolongation dans le match numéro quatre de la finale de l'Ouest, contre les Ducks d'Anaheim.
Nashville devra plus discipliné, même si les Penguins, le club le plus prolifique de la ligue en saison régulière et en séries, n'ont converti qu'un seul avantage numérique sur 10, jusqu'à maintenant. «Éliminer quelques erreurs ici et là serait déjà un pas en avant», a mentionné Laviolette.