Âgée entre 25 à 60 ans, les 13 nageuses du club Québec Excellence Synchro se rendront en Hongrie pour les Championnats du monde des maîtres de la FINA.

Nage synchronisée: 13 «vieilles» aux Mondiaux

L'une est avocate, l'autre prof de cégep. Il y a aussi une gestionnaire à l'université et une psychologue, entre autres. Quand elles se jetteront à l'eau à Budapest, en août, ce ne sera pas dans la piscine d'un chic hôtel. Ces nageuses synchronisées de Québec participent aux Championnats du monde des maîtres de la FINA.
«À 41 ans, je suis l'une des plus jeunes», affirme Mélanie Beaudoin, elle-même conseillère scientifique en changements climatiques à l'Institut national en santé publique du Québec. Beaudoin se fait porte-parole des 13 nageuses du club Québec Excellence Synchro qui se rendront en Hongrie pour concourir du 7 au 13 août.
Elles ont de 25 à 60 ans. Leurs deux entraîneuses n'ont même pas l'âge minimal requis de 25 ans pour prendre part à une compétition de maîtres. À 13, elles comptent 26 enfants et six petits-enfants! On trouve aussi dans le groupe une mère et sa fille.
«Il y en a deux ou trois qui ont fait de l'élite dans les années 80, certaines qui en ont fait adolescentes et qui ont recommencé et d'autres qui n'avaient jamais fait de synchro avant l'âge adulte», explique-t-elle, ajoutant que ces dernières sont souvent des mamans qui ont pris goût au sport en regardant leur fille nager.
Avec deux équipes dans la catégorie des 35 à 49 ans, un duo 40-49, un solo 40-49 et un solo 50-59, les objectifs s'avèrent difficiles à chiffrer, dit Beaudoin. Médaillée d'argent en solo 50-59 aux Mondiaux il y a trois ans, à Montréal, Lorraine Veilleux constitue toujours un atout pour l'épreuve d'équipe.
«Mais notre moyenne d'âge est de 47 ans, alors que d'autres équipes seront plus proches de 35. Et les plus jeunes ont grandi avec les poussées, ce qui n'est pas le cas de toutes les plus vieilles comme nous. La nage synchro a changé.»
Beaudoin ajoute que certaines participantes d'autres pays possèdent un bagage sportif de très haut niveau. Elle-même 17e de son épreuve solo en 2014, elle avait vu deux médaillées d'argent olympiques en équipe, une Japonaise (2004) et une Espagnole (2008), rafler les premiers rangs.
«Mais l'atmosphère est très différente des compétitions élites, précise-t-elle. Tout le monde veut faire de son mieux et espère gagner, mais des filles comme ça, qui ont gagné des médailles olympiques, viennent te féliciter et te disent que c'est beau ce que tu as fait. C'est très amical comme compétition.»
Une seule recrue
Douze des 13 nageuses étaient de l'aventure aux derniers Mondiaux, dont l'une, alors trop jeune, occupait un poste d'entraîneuse. La formation ne compte donc qu'une seule véritable recrue. Et Québec Excellence Synchro a gagné la bannière de meilleur club au récent championnat québécois des maîtres.
Engagées dans le sprint final de préparation, elles s'entraînent trois soirs par semaine en piscine, au PEPS de l'Université Laval, à raison de deux heures par séance. Lundi soir, elles montraient leurs routines devant parents et amis, sorte de répétition générale à deux semaines du grand départ.
Les Championnats du monde aquatiques des maîtres de la Fédération internationale de natation (FINA) réuniront près de 10 000 athlètes de 85 pays en natation, nage en eau libre, plongeon, water-polo et nage synchronisée, du 7 au 20 août. Les Mondiaux aquatiques élites FINA ont lieu en ce moment, aussi à Budapest.