Rafael Nadal, dix fois champion à Roland-Garros, n'a toujours pas perdu un set depuis le début du tournoi.

Nadal signe son 900e gain en carrière

PARIS — Une autre victoire aux Internationaux de tennis de France a permis à Rafael Nadal de réaliser de nouveaux faits d’armes.

Après avoir battu le prometteur allemand Maximilian Marterer 6-3, 6-2 et 7-6 (4) lundi, Nadal a accédé aux quarts de finale et a doublé l’Américain Jimmy Connors pour le plus grand nombre de victoires en simple lors de tournois du Grand Chelem. Connors en a accumulé 233. Nadal est à 234. Seuls le Serbe Novak Djokovic (244) et le Suisse Roger Federer (332) le devancent.

Mais alors qu’il est à la poursuite d’un 11e titre en carrière sur la terre battue de Roland-Garros, les seuls chiffres qui donnent l’impression d’intéresser Nadal sont ceux affichés sur le tableau indicateur. Ainsi, il avait oublié qu’une victoire contre Marterer lui permettrait de signer sa 900e victoire en carrière.

Il occupe la cinquième place au palmarès de l’ère professionnelle (depuis 1968) derrière Guillermo Vilas (948), Ivan Lendl (1068), Federer (1149) et Connors (1256). Bien que ces statistiques ne semblent pas occuper l’esprit de l’Espagnol, elles représentent des preuves concrètes de la longévité et la régularité de l’athlète, qui a célébré son anniversaire dimanche.

«Je ne me sens pas vieux. Mais j’ai 32 ans et je viens ici depuis environ 2003. Il y a donc longtemps et ce sont beaucoup d’années. J’ai commencé très jeune», a rappelé Nadal, qui n’a pas perdu une seule manche depuis le début du tournoi.

«En toute honnêteté, j’aime le quotidien sur le circuit et j’espère pouvoir continuer pendant encore un bon bout de temps.»

Le lucky loser «Ceck» face à Djoko

À sa prochaine sortie, Nadal croisera le fer avec Diego Schwartzman, 11e tête de série. L’Argentin en sera à sa première participation à un match des quarts de finale à Roland-Garros. Ce sera la 12e pour Nadal.

Le seul autre joueur depuis l’ère professionnelle (en 1968) avec autant de présences en quarts de finale est Djokovic, qui disputera sa 12e face à Marco Cecchinato. Avant son arrivée à Paris, le Sicilien n’avait pas gagné un match en Grand Chelem.

«C’est le meilleur moment de ma vie. C’est peut-être un rêve», reconnaît «Ceck», son surnom, assuré d’empocher, au moins, un gros chèque de 380 000 euros (près de 575 000 $ CAN). Ce n’est pas si loin de la moitié de ses gains en carrière.

Cecchinato aurait toutefois pu perdre gros s’il n’avait pas évité une suspension de 18 mois, ramenée à 12 puis finalement levée, dans une affaire présumée de matchs arrangés, en décembre 2016.

Quand des journalistes lui ont posé des questions sur ce sujet, dimanche, il a perdu le sourire : «Je ne veux pas parler de ça. Désolé».

Tombé à la 194e place mondiale en février 2017, c’est à cette époque qu’il entame une percée au classement pour atteindre son meilleur rang (59e). Éliminé au dernier tour des qualifications à Paris, il est repêché pour pallier un forfait et écarte tout le monde sur son passage. Une première pour un lucky loser depuis l’Argentin Leonardo Mayer, titré à Hambourg en juillet 2017.

«En ce moment, il joue le tennis de sa vie», a commenté Djokovic, qui s’entraîne avec lui depuis plusieurs années à Monte-Carlo, où le Serbe réside. «Il mérite le respect et n’aura rien à perdre. Je vais aborder ce match très sérieusement», a assuré l’ancien no 1 mondial, avant leur premier duel en compétition.

«Pour moi, c’est un plaisir d’affronter Djoko», a répondu Cecchinato.

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EN BREF

Viva Argentina!

Il y aura deux Argentins en quarts de finale des Internationaux de France : Juan Martin Del Potro (6e mondial) et Diego Schwartzman (12e). Treize ans que l’on n’avait pas vu ça! En 2005, Guillermo Canas et Mariano Puerta s’étaient affrontés et le second avait terminé sa course en finale, battu par un tout jeune Rafael Nadal (19 ans), qui s’offrait alors le premier de ses dix titres à Paris. Prochains adversaires : Del Potro a rendez-vous avec le Croate Marin Cilic, tandis que Schwartzman doit se frotter à Nadal. «Je ne vais plus l’inviter parce qu’à chaque fois qu’il vient, il progresse à toute vitesse», a dit l’Espagnol au sujet de l’Argentin de 25 ans, venu deux fois s’entraîner dans son académie à Manacor. La dernière, c’était... en mai, quelques jours avant Roland-Garros. Lundi, Schwartzman (1,70 m) a joué sa propre version de David et Goliath en l’emportant 1-6, 2-6, 7-5, 7-6 (0) et 6-2 contre le Sud-Africain Kevin Anderson, à qui il concédait 33 centimètres.   AFP

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L’oracle Wozniacki

Daria Kasatkina soulèvera la coupe Suzanne-Lenglen samedi si on suit les prévisions de sa victime du jour, la Danoise Caroline Wozniacki. Avant le tournoi, la no 2 mondiale avait rappelé avoir chuté plusieurs fois devant les futures gagnantes. «Une année, j’ai perdu contre Schiavone [2010, en quarts] et évidemment elle a gagné le tournoi. J’ai perdu contre Ivanovic [2008, au 3e tour] quand elle a gagné le tournoi. Et contre Ostapenko l’an passé [quarts], qui a gagné le tournoi.» On attend avec impatience le duel de la Russe avec Sloane Stephens, championne des Internationaux des États-Unis,  mercredi. La Russe de 17 ans, qui a dû déménager lundi — «Je louais une maison et la location arrive à échéance aujourd’hui. Je dois déménager mes affaires à l’hôtel» — a eu besoin de 17 minutes pour clore 7-6 (5) et 6-3 son duel  contre Wozniacki, interrompu la veille pour cause d’obscurité. Kasatkina accède pour la première fois aux quarts de finale en Grand Chelem. À Paris, elle n’avait jamais dépassé le troisième tour. Mais sa percée est tout, sauf une surprise au regard de ses résultats en 2018. Avec un jeu varié et une maîtrise de tous les coups, elle s’était hissée en finale à Indian Wells, en mars, et atteint les quart sur terre battue à Charleston et à Madrid.  AFP