Après cinq matchs, le demi offensif des Carabins Asnnel Robo mène la Conférence Québec dans quatre catégories.

Mr. Roboto s'impose enfin

Asnnel Robo ne connaissait pas Styx. La première fois qu’il a vu un partisan brandir une affiche «Domo arigato, Mr. Roboto!» en plein stade de l’Université de Montréal, il ne voyait pas le rapport.

«Je ne savais pas c’était quoi!» s’esclaffe le porteur de ballon vedette des Carabins, joint au téléphone en prévision du choc de dimanche à Québec face au Rouge et Or.

Les supporteurs des Bleus peuvent bien remercier monsieur Robo. En japonais, «domo arigato» veut dire «merci beaucoup». Comme le groupe Styx avec sa chanson rock futuriste au début des années 1980, le numéro 22 connaît un succès monstre sur les terrains de football universitaire cet automne.

Après cinq matchs, Robo domine la conférence québécoise pour les verges gagnées au sol (453), les verges par portée (9,6), les touchés (6) et les verges combinées (613). Beaucoup plus que le cumul de ses trois premières saisons avec les Carabins, alors qu’il devait «attendre son tour derrière des vétérans».

«C’est sûr qu’à un moment donné est venue une frustration de ne pas jouer comme je le souhaitais», admet-il. «Mais il y a un processus dans une équipe et chacun a en plus son propre processus. Je pense que j’ai maintenant la maturité pour être partant.»

Enfin, diront certains, puisque l’athlète de 5’8” et de 211 livres en est à sa dernière campagne universitaire. Il a atteint l’âge limite de 24 ans. 

«Plus jeune, on me disait que j’étais solide comme un robot ou on m’appelait Robocop», se remémore celui qui est né en Guyane française. Petit pays d’Amérique du Sud où il était là aussi le seul Asnnel, croit-il, revendiquant avec fierté ses deux n même s’il a vu son prénom écrit de toutes les façons. Version personnalisée par sa mère d’un nom entendu ailleurs.

En pleine nuit, le Super Bowl

Puis il s’est installé en France, à Marseille, et y a découvert le football américain, une nuit de février 2010. «Je n’arrivais pas à dormir et je regardais le Super Bowl [diffusé en pleine nuit à cause du décalage horaire]. Et ça m’a plu!» dit-il, confiant son coup de cœur à ce moment pour le dynamique porteur de ballon Reggie Bush des Saints de La Nouvelle-Orléans, champions ce soir-là à Miami.

Il était déjà à la recherche d’un sport plus agressif que le soccer; il avait considéré les sports de combat. Après ses premiers pas en troisième division française de football américain avec les Blue Stars de Marseille, Robo a ensuite tenté l’aventure nord-américaine pour allier sport et études. Son coéquipier à l’UdeM Kevin Kaya a suivi le même trajet.

Première escale au Cégep de Thetford Mines pour une session et une saison chez les Filons, où Robo a produit un incroyable total de 1191 verges au sol et 16 touchés en huit matchs réguliers de troisième division collégiale. Puis quatre années avec les Carabins, séjour qui s’achèvera bientôt espère-t-il par un championnat.

Cela passera inévitablement par le PEPS de l’Université Laval, que ce soit au match de la Coupe Vanier ou peut-être même en finale de conférence. Mais avant tout, il a la tête au prochain match, tenu au domicile du Rouge et Or.

«Je suis vraiment excité pour dimanche. C’est à la télé, il y aura beaucoup de monde et une grande ambiance. De notre côté, on veut se reprendre de notre défaite du début de saison», promet-il.

Son coéquipier Dimitri Morand estime que Robo est sans doute celui qui «travaille le plus fort depuis son arrivée avec l’équipe. On savait ce qu’on avait! Quand Asnnel est sur le terrain, il est le meilleur athlète sur le jeu», tranche le quart-arrière partant.